19 mars 2006
Thalès, plan social et pollution
Fin 2004, l’usine de munitions TDA (groupe Thalès) annonce un plan social visant à réduire son effectif de près d’un quart. Sur les quatre vingt personnes visées, plus de la moitié ont plus de cinquante ans et une quarantaine sont malades. Selon les syndicats CGT, CFDT et CGC, ce plan social ne vise qu’à augmenter la productivité du site. Sous la pression syndicale et politique, la tenue d’une table ronde de suivi de plan est obtenue et, en mars 2005, dix sept salariés dont neuf handicapés sont réintégrés. Pour certains, dont le dossier Cotorep est arrivé trop tard, le licenciement est officialisé.
Pour les responsables syndicaux, « le patron est responsable de leur handicap, il doit assumer ». En effet, outre les problèmes de santé liés aux gestes répétitifs, divers tumeurs, cancers ou troubles cardiaques se déclarent à cause des produits chimiques employés dans la conception des munitions.
L’activité du site a déjà eu des conséquences graves sur l’environnement puisque la nappe phréatique est polluée par du trichloréthylène, solvant toxique employé par l’usine. Il y a dix ans, la pression syndicale avait permis la distribution d’eau minérale afin de ne pas contaminer les salariés. En 2002, une étude avait également mis à jour des risques cancérigènes deux fois supérieurs au seuil admissible. Avec cinquante décès par cancer sur une quinzaine d’années, la CGT a obtenu du Ministère du Travail une enquête épidémiologique dont les résultats seront rendus fin 2006.
l’Humanité, article du 15 mars 2006 sur les licenciements
l’Humanité, article du 15 mars 2006 sur la pollution du site