7e Festival de cinéma d’Attac, images mouvementées
Du 1er au 7 avril à Paris
7e Festival de cinéma d’Attac "Soyons réalistes, osons l’utopie"
au Cinéma Les 5 Caumartin, 101 rue St Lazare M° St Lazare
http://www.local.attac.org/images-mouvementees/
Jeudi 2 avril - séance de 20h
Urgence écologique : l’affaire de tous
Avec Yann Fiévet, économiste, Président d’Action consommation
Jean Lhéritier, Président de Slow Food France
et Patrick Behm, Président Directeur d’Enercoop
Le constat est de plus en plus accablant : nos modes de production et de consommation nuisent gravement à notre unique lieu de vie, la Terre.
Qu’il s’agisse de notre alimentation ou encore de l’énergie dont nous nous servons pour nos industries, nos transports, nos logements, nos équipements électriques. cela fait des décennies que nous scions la branche sur laquelle nous sommes assis.
Depuis peu - mais vaut mieux tard que jamais - nous entendons notre branche craquer et nous nous rendons compte qu’il serait grand temps d’arrêter de la scier avec autant d’acharnement. Mais les alternatives ne sont pas toujours mises en place au rythme requispropositions, en prétextant freiner la scie, ne correspondent qu’à se mettre désormais à sauter sur notre bien fragile branche à pieds joints.
De qui faut-il attendre le pas le plus courageux et ferme pour que les bons choix soient adoptés ? Est-ce les producteurs qui se mettront à proposer une offre enfin "responsable" ? Faut-il attendre des politiques qu’ils imposent des réglementations aux producteurs et de ce fait, une nouvelle offre aux consommateurs ? Ou faut-il que ce soit les citoyens qui exigent des producteurs et des politiques une application rapide d’alternatives vitales, en exerçant leur pouvoir de consommateur et d’électeur ?
Une chose est sûre, la vision à court terme de nos modèles de production et de consommation actuels, s’intéressant uniquement au rendement et au profit, n’ont aucun avenir et menacent de priver l’humanité du sien. Le monde en construction aujourd’hui doit impérativement prendre en compte des critères écologiquement soutenables, économiquement et socialement
équitables, sans oublier les critères liés à la santé publique, à la
souveraineté alimentaire, à la sécurité et à la paix.
C’est peut-être dans le monde associatif (ONG, coopératives.) que l’on trouve pour l’instant le plus de propositions constructives et de
mobilisation. La société civile réfléchit, s’organise, met en
application des modèles alternatifs, sensibilise ses co-citoyens et se
positionne comme un interlocuteur de poids face aux politiques et aux producteurs.
Voulons-nous une alimentation saine, la préservation des terres
cultivables, le maintien de la paysannerie dans les pays du Sud comme au Nord ? Voulons-nous réellement freiner l’emballement du réchauffement climatique, ne plus contribuer à la raréfaction de nos ressources naturelles ni aux tensions géopolitiques qu’engendre l’accès aux gisements d’énergies en voie d’épuisement ? Si oui, commençons par nous interroger sur le réel impact de nos choix de consommation et soyons très vigilants quant aux nombreuses "fausses bonnes solutions" qui ne
remettent aucunement en question nos modes de vie actuels et qui
fragilisent encore davantage la branche bien vulnérable que nous
laisserons aux générations futures.
De "vraies bonnes solutions" existent et ne demandent qu’à se déployer.
Qu’il s’agisse de produits alimentaires, cosmétiques ou d’entretien bio, de choix culinaires privilégiant la qualité et le goût, d’accès aux
énergies renouvelables et de soutien à leur développement. l’idée que tout cela ne soit réservé qu’à une élite est encore trop répandue. Mais, lorsque ces choix de consommation s’intègrent dans une vision écologique globale de ce qu’est un mode de vie "soutenable" et sain, le "surcoût" qu’on peut percevoir d’un côté s’estompe vite avec les économies faites
par l’arrêt de la surconsommation et par l’adoption de façons
alternatives de consommer (en circuit court et local avec les AMAP - Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne -, en ayant recours au troc avec les SEL - Systèmes d’échange locaux, etc). Et si on s’apercevait qu’un autre mode de vie que l’auto-destruction massive était finalement à la portée de tous ?
Dimanche 5 avril - séance de 14h
De l’utopie de la croissance au réalisme de la décroissance ?
Cyril Di Méo, militant écologiste à Aix-en-Provence, enseignant de
Sciences Economiques et Sociales, auteur de La face cachée de la
décroissance. Yann Fiévet, économiste, Président d’Action Consommation.
L’objet de l’économie étant d’agir sur les hommes et les rapports
sociaux, on parle d’économie « politique », et toutes les évolutions des théories économiques ont été initiées et ont toujours profité aux
classes dominantes. De fait, l’économie est devenue une guerre et toutes les théories économiques s’appuient sur l’égoïsme et la compétition qui renforcent les titulaires du pouvoir et divisent les opposants. « A toutes les époques de l’histoire, le succès des doctrines économiques a été assuré non par leur valeur intrinsèque mais par la puissance des intérêts et des sentiments auxquels elles paraissent favorables » écrivait Maurice Allais.
Les utopies ont dès lors été un moyen de propagande pour asservir les plus démunis : « l’enrichissez-vous » de Guizot, l’utopie du « marché qui a toujours raison », puis l’utopie du progrès et de la croissance, avec aujourd’hui le « travailler plus pour gagner plus ».
Certains - de plus en plus nombreux - rêvent d’une « autre économie », et refusent de réduire l’épanouissement de l’individu à son intérêt
personnel, à gagner et emprunter plus pour dépenser plus... et vivre moins.
Alors qu’un changement de cap est indispensable, la solution proposée comme unique voie acceptable est un maquillage en vert du développement industriel rebaptisé « développement durable ». Et s´il s´agissait là d´une erreur fondamentale, de la cause majeure de bien des problèmes ?
C’est ce que pensent les Objecteurs de Croissances. Ce mouvement prend de l´ampleur, chez nous aussi. Au-delà des analyses, il établit des propositions et construit des alternatives.
Les constats écologiques peuvent effectivement amener à s’interroger non seulement sur les rapports entre les hommes mais aussi sur leur impact sur la planète. Les intérêts humains et environnementaux convergent vers la nécessité d’une autre économie qui ne devra pas rester une utopie. et
surtout ne pas être pensée par ces économistes qui nous ont fait croire trop longtemps que l’économie était une science.