8 mars : Journée internationale de la femme
NON AUX EMPLOIS DISCOUNT DANS LA DISTRIBUTION !
Dans la grande distribution en général – et dans les chaînes de « hard discount » en particulier – les salarié-e-s sont parmi les plus maltraité-e-s, souvent au mépris de la législation du travail : précarité des emplois, bas salaires, mauvaises conditions de travail, harcèlement, surveillance des salariés.
Dans ce secteur d’activité, la grande majorité des employé-e-s, en particulier les personnels de caisse, sont des femmes, ainsi exposées aux conditions les plus dures.
Sur un salarié sur six qui travaille à temps partiel, 85% sont des femmes. 94% des caissiers sont des femmes, 45% des caissières travaillent moins de 30 heures. Dans le secteur de la grande distribution (300 000 salariés), un quart des salariés sont à temps partiel, dont 98% sont des femmes.
« La flexibilité est sexiste, elle frappe d’abord les femmes, car, dans la répartition des tâches au foyer, elles ont des responsabilités supérieures aux hommes. Du coup, toutes les variations d’horaires, toutes les modulations, annualisations, tous les systèmes d’heures supplémentaires incontrôlées se retournent contre elles. Faute de se montrer suffisamment flexibles, elles sont sanctionnées. Encore davantage quand elles sont en congé maternité. » [1]
En France, les ventes des « hard discounters » sont en forte augmentation depuis quelques années [2], grâce à l’intérêt des consommateurs pour les prix les plus bas (toutes classes sociales confondues : les foyers modestes ne représentent que 30% de la clientèle [3]), obtenus en rationalisant l’organisation, les gammes et les produits, et en sacrifiant la qualité sociale et environnementale : politiques d’achat mettant en concurrence les entreprises de production au niveau planétaire, produits fabriqués dans des pays à législations moins contraignantes et laxistes sur les contrôles, ou pression sur les fournisseurs en France, et économies maximales sur les frais de structure des distributeurs.
Les salarié-e-s du monde sont les premiers à en faire les frais. Dans les magasins aussi, ils sont corvéables à merci : bas salaires, postes à temps partiel, personnel réduit (sous-effectifs), CDD, heures supplémentaires non payées, ouverture des magasins le dimanche, horaires de travail changeant au dernier moment, hyperpolyvalence (affectation indifférenciée à la caisse, au ménage ou à la manutention selon les besoins) ou au contraire hyperspécialisation, déresponsabilisation, management par la peur et harcèlement moral, espionnage et surveillance vidéo, répression syndicale et obstruction à la création de délégations syndicales et de comités d’entreprise…
À Calw en Allemagne, comme dans d’autres points de vente de la distribution dans le monde, la direction du magasin Lidl n’a pas hésité en 2005 à le fermer après le début d’une grève des employés pour de meilleurs salaires, fermeture maintenue malgré une décision de justice la déclarant illégale.
Dans son magasin de Nantes, Lidl n’a pas hésité pas à installer 65 caméras pour 60 salariés, officiellement pour lutter contre le vol de marchandises. [4]
En Allemagne – où le « hard discount » est implanté depuis plus de 40 ans grâce aux deux pionniers, Aldi (1962) puis Lidl (1973) [5], et des associations de consommateurs parmi les plus puissantes au monde – les « hard discounters » occupent près de 40% du marché des produits alimentaires [6], permettant à ce pays de détenir le record des prix les plus bas en Europe pour l’alimentation [7].
"Ici des pauvres se creusent la paillasse pour fourguer à des gens pas riches
_ des marchandises fabriquées par des plus pauvres qu’eux"
(Olivier Cyran, Charlie Hebdo)
Pourtant, ces groupes sont hautement profitables, et certains de leurs propriétaires ou actionnaires figurent parmi les plus grosses fortunes mondiales : Aldi est le champion de la productivité des capitaux [8] ; Karl Albrecht, l’un des deux frères fondateurs et propriétaires de Aldi, est classé 8ème fortune de la planète par le magazine « Forbes », avec 18 milliards de dollars [9]. Mais la grande distribution « classique » française n’est pas en reste : la famille Mulliez (propriétaire du groupe Auchan) est classée 3ème fortune de France avec 10 milliards d’euros, selon le magazine « Challenges » ; Michel-Edouard Leclerc dispose d’un patrimoine estimé à 2.5 millions d’euros et d’un salaire de 2.3 millions d’euros par an. Les héritiers du groupe Carrefour (n°2 mondial derrière Wal-Mart, avec 71 milliards de chiffre d’affaires, 11 000 magasins dans 30 pays, 435 000 salariés) se partagent le gateau et vivent aujourd’hui en Suisse, en Belgique et à Londres, où le fisc est moins gourmand. [10]
Ces performances sont atteintes à travers la compression maximale des coûts, la mauvaise condition sociale et/ou environnementale des produits, les pressions sur les fournisseurs et leurs propres employés, mais aussi chez les « hard discounters » grâce à des montages ingénieux de sociétés qui permettent de contourner les obligations fiscales et sociales des entreprises, et une opacité légendaire : le groupe Lidl est composé de 600 structures différentes, fondations et sociétés ; l’organisation est similaire chez Aldi.
Prix bas à la consommation et profits des multinationales de la distribution
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emplois au rabais et chômage !