À quoi bon REACH ?
Communiqué de presse - 17 novembre 2005
REACH : un vote pour de la poudre aux yeux
Ce jeudi 17 novembre, le Parlement européen en session plénière à
Strasbourg, vote sur le projet REACH, la future réglementation européenne
en matière d’enRegistrement, Evaluation et Autorisation des substances
CHimiques. Ce projet qui, en 2001, visait à faire tester les quelque 100
000 substances chimiques de synthèse et dont on connaît mal les possibles
effets toxiques, a perdu de sa substance au fil des négociations. Dès
2003, il ne concernait plus que 30 000 substances. Entre intervention de
la Commission européenne et compromis politiques, nous sommes bien loin de
la protection de la santé humaine et de l’environnement.
Un point central qui n’est pourtant pratiquement pas évoqué par les media,
est celui de la fiabilité des tests retenus pour évaluer la toxicité des
substances. La plupart des tests actuels se fondent sur l’expérimentation
animale. Or, il est démontré grâce aux connaissances scientifiques
acquises dans le dernier demi siècle, qu’aucune espèce animale n’est le
modèle biologique d’une autre. Les tests sur les souris ne renseignent pas
sur les dangers pour l’homme ! Quel que soit le nombre de substances
finalement concernées par REACH, cette réglementation sera inutile si elle
ne prévoit pas des tests fiables. La situation sera alors pire que
maintenant puisque, ne se méfiant plus de substances prétendument testées,
les consommateurs ne prendront pas les précautions qui s’imposeraient
pourtant.
Antidote Europe propose des tests fiables pour les humains et, de
surcroît, bien plus rapides et moins chers que les tests sur animaux. Nous
avons prouvé la fiabilité de cette méthode, la toxicogénomique, en la
mettant en oeuvre pour tester 28 substances parmi les plus présentes dans
notre environnement. Les résultats sont publiés sur notre site internet,
ainsi que dans un hors série de notre publication, La Notice d’Antidote.
Le 11 novembre dernier, nous les annoncions lors d’une conférence de
presse au Parlement européen à Bruxelles. Le 14 novembre dernier, nous
étions présents au Parlement européen à Strasbourg pour remettre une
lettre à chacun des eurodéputés. Nous avons transmis ces résultats à M.
Guido Sacconi, rapporteur du projet REACH, qui nous avait reçus à son
bureau le 15 juin dernier. Ces résultats ont également été transmis à M.
Jacques Chirac, ainsi qu’à plusieurs ministres concernés et à de nombreux
responsables d’organisations de santé publique.
Pendant combien de temps encore les autorités prétendront-elles ne pas
savoir et les industriels ignoreront-ils des méthodes dont le seul
"inconvénient" est de ne pas être falsifiables ? Avec les test sur
animaux, en effet, on peut orienter le résultat en choisissant l’espèce.
Il est bien connu, par exemple, que certaines lignées de souris sont plus
résistantes que d’autres aux substances cancérigènes ou aux perturbateurs
endocriniens.
Chaque année perdue représente un million de décès prématurés, en Europe,
en raison de la toxicité des substances chimiques. Mais REACH n’y changera
rien si des tests fiables ne sont pas imposés par cette réglementation.
Antidote Europe est une association à but non lucratif créée par des
chercheurs issus du CNRS dont certains ont organisé deux Ateliers
européens de toxicologie cellulaire et moléculaire.
Contact :
Claude Reiss (33 (0)1 64 86 58 24),
Hélène Sarraseca (33 (0)1 45 77 48 15)
www.antidote-europe.org
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