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  jeudi 11 mars 2010 
Rendez-vous Action Consommation mercredi 17 février à Paris

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AMAP : une possible déclinaison solidaire ?

AMAP : une possible déclinaison solidaire ?

Une AMAP est une Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne ayant pour objectif de préserver l’existence et la continuité des fermes de proximité dans une logique d’agriculture durable, c’est-à-dire une agriculture paysanne, socialement équitable et écologiquement saine, de permettre à des consommateurs d’acheter à un prix juste des produits d’alimentation de qualité de leur choix.

Elle réunit un groupe de consommateurs et un agriculteur de proximité autour d’un contrat dans lequel chaque consommateur achète en début de saison une part de la production qui lui est livrée périodiquement à un coût constant. Le producteur s’engage à fournir des produits dans le respect de la charte de l’agriculture paysanne.

La recherche d’une nourriture saine et diversifiée n’est généralement pas le seul argument choisi par les consommateurs qui décident de rejoindre une AMAP. Le respect de l’environnement (les produits ne parcourent pas plusieurs milliers de kilomètre avant de se trouver dans nos assiettes) ainsi que la dimension solidaire entre adhérents et agriculteur, permet au système AMAP de répondre à une demande croissante d’un nouveau mode de consommation, bien au-delà de la simple recherche de produits de qualités ou de produits bio.

À cette dimension solidaire et au lien social naturellement créé par ce mode de consommation, s’ajoute de manière croissante une forme de solidarité complémentaire. Cette tendance consiste à rendre accessible ce mode de consommation au plus grand nombre et donc à étendre la notion solidaire, soit au sein même du groupe d’adhérents, soit à des personnes souhaitant bénéficier d’une AMAP à proximité de leur lieu de vie, mais dont le niveau de ressources en restreint l’accès.

Cette tendance n’est pas seulement liée à la recherche d’une "bonne conscience" caritative, ou au souhait de ne pas rester qu’entre "bobos". Cette démarche est plus fréquemment le fruit d’une réflexion sur le sens que nous souhaitons donner à nos actes, voir sur une volonté d’agir au travers de notre mode de consommation. Cette réflexion est favorisée par le principe de l’AMAP, dans lequel les consommateurs sont naturellement "engagés". Engagés dans la durée, engagés dans une relation soutenue avec l’agriculteur (qu’on appelle parfois avec humour "agriculteur de famille" !), engagés par une recherche d’alternative au consumérisme et à son impact sur notre environnement.

La question porte alors sur la façon de décliner cette forme de solidarité, tout en préservant la cohésion d’un groupe dont les membres ont légitimement sur cette notion des sensibilités différentes. Certains considéreront à priori le soutien de membres à revenus "modestes" comme étant du domaine strictement social, donc à prendre en charge par nos institutions.

Cet argument, comme d’autres du même type, est respectable et doit être bien évidemment débattu entre adhérents. Mais le retour d’expérience de certaines AMAP peut éclairer sur les solutions envisageables. L’imagination et la créativité de chacun permettant d’aller au-delà des quelques pistes présentées.

Mais quel que soit le principe retenu, le principe de base de la juste rémunération de l’agriculteur doit être conservé, afin de pérenniser la structure de production.

En fait, la possible déclinaison solidaire pourrait être classée en trois catégories, non exclusives que sont : le don de paniers ; l’alimentation d’un fond solidaire par prélèvement sur le prix du panier ; ou bien l’adaptation du prix suivant des critères déterminés.

Le don peut être décidé lors de surplus de production qui, plutôt que d’être redistribués aux adhérents, sont offerts à un organisme caritatif par exemple. Ce principe peut être également retenu concernant les paniers oubliés par les abonnés en fin de distribution. Il peut être également décidé qu’un nombre de paniers, fixés à l’avance, soient dédiés à la distribution gratuite ; avec dans ce cas une incidence plus ou moins élevées sur le prix du panier payé par l’ensemble des adhérents.

Un fond solidaire peut être alimenté par un prix du panier légèrement supérieur à celui qui aurait été calculé au départ. Ce mécanisme peut être volontaire ou partagé par l’ensemble des adhérents. Le fond peut être également alimenté par l’organisation d’activités pédagogiques, de festivités ou autre. L’avantage du fond solidaire par rapport à l’exemple précédent est la possibilité de répondre à des situations difficilement prévisibles.

Une solution consiste à définir différents niveaux de prix selon des critères fixés. Les adhérents payant leur panier un peu plus cher étant solidaires de ceux payant un peu moins cher. La difficulté est alors de sélectionner des critères non contestables et d’équilibrer financièrement le tout. Le principe peut reposer sur un choix libre "d’abonder" une somme légèrement supérieure au prix de base. Les critères liés aux revenus posent question concernant les justifications à apporter ainsi qu’un mécanisme trop administratif, voire culpabilisant ; dans ce cas il est possible de s’en remettre à la confiance de chacun. Les critères peuvent être définis en collaboration avec les services sociaux de la ville (public en insertion, chômeurs en fin de droit, famille monoparentale, troisième âge, sortis de prison, handicapés etc..), la démarche favorise alors l’insertion sociale mais aussi la pédagogie : permettre à une autre population d’acquérir une hygiène alimentaire saine en retrouvant la culture alimentaire de fruits et légumes. Cette démarche sociale peut être encouragée par l’apport de subventions externes. Il est également envisageable de proposer des paniers à "petits prix" ou des demi-paniers afin d’élargir le nombre de bénéficiaires (étudiants, personnes seules etc..) ; d’utiliser une nouvelle forme de subvention qu’est le SOL (*) : une monnaie d’échange destinée à promouvoir l’économie sociale et solidaire (cf site ci-dessous). On le voit, les solutions permettant de décliner l’esprit solidaire au sein d’une AMAP sont nombreuses et les quelques exemples données sont loin d’être limitatifs. C’est alors aux adhérents, suivant leur sensibilité de définir jusqu’ou cet esprit solidaire peut il être mené.

Michel Schalamon
17 mars 2009

(*) SOL : Sol est une abréviation de SOLidaire. Il s’agit d’une monnaie complémentaire1 qui vise à replacer l’argent comme moyen et non comme une fin.
Voir site : http://fr.wikipedia.org/wiki/Monnai...

Pour aller plus loin :

Date de publication : 17 mars 2009

 
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