Agir et résister, individuellement et collectivement
Cher-e-s ami-e-s d’Action Consommation,
Au nom de l’équipe d’animation de l’association, je vous souhaite une très belle année 2005, autant sur le plan personnel que pour vos projets professionnels et/ou collectifs.
Comme la précédente, cette nouvelle année s’annonce intense pour nos actions et mobilisations, tant l’actualité nationale, européenne ou internationale apporte quasi quotidiennement son lot de communications inquiétantes (sinon alarmantes) au plan social ou environnemental, creusant toujours un peu plus les inégalités et la dégradation de nos espaces de vie.
Certes, il peut être tentant de se refermer sur soi et de chercher, par le seul changement de mode de vie personnel, à s’adapter aux évolutions de nos sociétés. Il est certainement essentiel de reconsidérer ses propres comportements, mais cela suffira-t-il ?
Tout d’abord, nous devrons assurément rester vigilants sur les définitions et recommandations données au vocable de « consommation responsable » et veiller à ce que nos gestes ne contribuent pas finalement à la légitimation et à la consolidation des fonctionnements que nous dénonçons, au lieu de remettre en cause le déséquilibre des pouvoirs en place.
Mais nous aurons aussi à agir ensemble pour infléchir les mentalités et exiger que les critères sociaux et environnementaux, le respect et les liens humains, la qualité de vie pour tous et la démocratie l’emportent sur les sacro-saints impératifs de croissance économique et de profit des actionnaires et des dirigeants, dans l’organisation de notre société.
Ainsi en va-t-il du projet de traité constitutionnel européen et des réformes préparées au niveau national (clairement affirmées ou plus insidieuses). En privilégiant les conditions de création et de fonctionnement des grands groupes, ces machines de guerre sociale mettent la société entière au pas de l’esprit de concurrence et de la marche des affaires, détruisant les solidarités et le bien commun, au détriment des plus faibles et de nos espaces de vie.
Or, seules la mutualisation des actions et les mobilisations collectives peuvent ébranler les politiques en place au-delà des mots.
Il existe déjà de nombreux signes qui attestent que la mobilisation d’un certain nombre de personnes peut contraindre l’évolution des discours, puis la cohérence entre les discours et les actes.
Les politiques – qui agissent en notre nom – et les entreprises – censées répondre à la demande des consommateurs – ont aussi besoin de la pression exercée par les citoyens et les associations (ou leur appui) pour engager des réformes, lesquels changements sont certainement non moins difficiles à conduire que ceux de nos propres comportements personnels…
Laisserons-nous les intérêts économiques de quelques-uns et la loi du plus fort primer sur l’intérêt général ? Accepterons-nous que s’installent de nouvelles féodalités, au lieu de rechercher l’harmonie de nos sociétés, la qualité de nos espaces de vie, la préservation de la nature, l’autonomie et l’épanouissement de chacune et chacun ?
En cette année de référendum sur un texte dont on minimise l’engagement ultralibéral et l’importance pour l’avenir de nos démocraties, la vigilance et la mobilisation des citoyens, dans chacun de leurs rôles, seront essentielles.
Pour qu’avancent les alternatives – théoriques et concrètes, porteuses d’espérance et de progrès humain – il nous faudra donc agir et résister, individuellement et collectivement.
« Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas les faire mais parce que nous n’osons pas les faire qu’elles sont difficiles. » Sénèque
Véronique Gallais
Présidente d’Action Consommation