Alimentation
Autosuffisance alimentaire (2)
Capacité d’un pays à couvrir ses besoins alimentaires internes par la production agricole nationale. Cette notion, qui a largement prévalu jusqu’au début des années 1980, est moins mise en avant aujourd’hui. En effet, il est évident que de nombreux pays ne peuvent atteindre l’autosuffisance alimentaire : c’est le cas de pays-villes comme Singapour, de petits pays insulaires (les petits Etats des Caraïbes, du Pacifique, le Cap Vert), ou des pays ayant des ressources en terres arables limitées comme l’Egypte. Face à l’augmentation de leur population, ces pays ont forcément recours à des denrées alimentaires importées. Enfin, un pays donné ne peut atteindre l’autosuffisance alimentaire que pour les cultures correspondant à sa zone climatique. C’est ainsi que si l’Union Européenne (UE) est autosuffisante pour le blé ou les produits laitiers, elle est nécessairement importatrice de produits tropicaux dont la culture en Europe est limitée ou impossible, comme le soja, le riz, le café, le cacao, certaines épices, des huiles ou des fruits.
Codex alimentarius
La Commission du Codex Alimentarius a été créée en 1963 par la FAO et l’OMS afin d’élaborer des normes alimentaires, des lignes directrices et d’autres textes, tels que des Codes d’usages, dans le cadre du Programme mixte FAO/OMS sur les normes alimentaires. Les buts principaux de ce programme sont la protection de la santé des consommateurs, la promotion de pratiques loyales dans le commerce des aliments et la coordination de tous les travaux de normalisation ayant trait aux aliments entrepris par des organisations aussi bien gouvernementales que non gouvernementales. (4)
La Commission du Codex alimentarius compte actuellement 165 pays membres, représentant 98 % de la population mondiale.
Depuis la signature des accords de Marrakech (1994) qui ont donné naissance à l’OMC (Organisation mondiale du commerce), les normes élaborées au sein de la commission du Codex alimentarius sont devenues la principale référence internationale en matière d’innocuité des denrées alimentaires, dans une double préoccupation de protection du consommateur et de réduction des obstacles au commerce. Ainsi, l’accord sur l’application des mesures sanitaires et phytosanitaires (accord dit SPS) fait du Codex alimentarius une référence importante pour la détermination des limites dans lesquelles un Etat peut adopter des mesures relatives à la sécurité alimentaire, à la santé animale ou à la protection des végétaux ayant une incidence sur le commerce international. Un Etat membre qui souhaite « introduire ou maintenir des mesures sanitaires ou phytosanitaires qui entraînent un niveau de protection sanitaire ou phytosanitaires plus élevé que celui qui serait obtenu avec des mesures fondées sur les normes, directives ou recommandations internationales pertinentes », ne peut le faire qu’à certaines conditions : il doit pouvoir mettre en avant une « justification scientifique » ou pouvoir montrer que les mesures en cause traduisent le choix d’un niveau de protection sanitaire ou phytosanitaire qu’il a jugé « approprié ». C’est en s’appuyant sur les limites maximales de résidus adoptées en 1995 par la Commission du Codex à l’initiative de certains pays anglo-saxons que les Etats Unis et le Canada ont pu attaquer devant l’OMC les mesures communautaires interdisant l’importation des viandes d’animaux traités avec des hormones. (5)
Qualité nutritionnelle
Cette notion exprime les relations entre l’alimentation (ou un type d’alimentation) et la santé. Elle peut être positive : maintien d’une bonne condition corporelle, prévention de maladies. Ou négative, quand certains aliments engendrent des déséquilibres nutritionnels, ou contiennent des facteurs anti-nutritionnels, des contaminants chimiques, etc.
« La qualité nutritionnelle, telle qu’appliquée aux aliments, est reliée à la présence d’éléments nutritifs essentiels et de substances énergisantes (en quantité et en qualité adéquates) et à d’autres aspects des aliments traditionnellement considérés comme faisant partie de la science de la nutrition. Ces aspects incluent les effets nutritionnels des acides aminés non essentiels, des types spécifiques d’acides gras et d’hydrates de carbones, des fibres alimentaires, du cholestérol, des substances lipotropiques et d’autres composantes des aliments spécifiques (ex. le lait maternel), de la biodisponibilité des éléments nutritifs ainsi que les interactions des éléments nutritifs avec d’autres éléments nutritifs, avec des additifs alimentaires et avec des produits toxiques naturels. Ils incluent également les excès d’éléments nutritifs et les effets (tous deux positifs et négatifs) du traitement des aliments sur les éléments nutritifs et sur les propriétés organoleptiques des aliments. Plus récemment, des substances « bioactives », que l’on retrouve principalement dans les plantes, sont perçues comme ayant un rôle possible à jouer dans l’amélioration et la protection de la santé humaine. Ces substances sont également inclues dans la définition plus large de la qualité nutritionnelle. » (3)
Sécurité alimentaire (2)
L’état de sécurité alimentaire est atteint lorsque tout individu a accès à tout moment et en tous lieux à une alimentation saine et suffisante, qui lui est nécessaire pour couvrir ses besoins, en tenant compte de ses habitudes alimentaires. Cette définition de la sécurité alimentaire est reconnue au niveau international depuis le Sommet mondial de l’alimentation de 1996. Elle se décline à différents échelons. Au niveau d’un pays, la sécurité alimentaire dépend du niveau de développement et aussi des flux commerciaux. A l’échelle des ménages, la sécurité alimentaire est d’abord liée à la capacité d’accès à l’alimentation, donc à leur revenu. Enfin, au niveau de l’individu, la sécurité alimentaire est liée à la distribution alimentaire au sein de la famille (formation à la nutrition, inégalités de genre).
Cette définition couvre les aspects suivants :
· disponibilité de l’alimentation : soit par la production agricole locale, soit par des flux commerciaux ;
· accessibilité : physique, par des infrastructures adaptées, et économique, c’est-à-dire le pouvoir d’achat des ménages ;
· qualité sanitaire des produits alimentaires
· distribution équitable au sein de la famille
· habitudes alimentaires
Sécurité sanitaire des aliments (2)
Souvent dénommée à tort « sécurité alimentaire », la notion de sécurité sanitaire des aliments est apparue sur le devant de la scène dans l’UE suite aux crises de la vache folle, du poulet à la dioxine et autres OGM. Elle recouvre la nécessité de fournir des aliments sans risques pour la santé humaine. Alors qu’en anglais les termes de sécurité alimentaire (Food security) et de sécurité sanitaire (Food safety) sont bien distincts, il y a fréquemment des confusions en français.
Souveraineté alimentaire (1)
Droit des peuples ou des états à définir librement les politiques agricoles les mieux adaptées à leurs besoins sans créer de préjudices aux autres pays.
La souveraineté alimentaire désigne le DROIT des populations, de leurs pays ou Unions à définir leur politique agricole et alimentaire, sans dumping vis à vis des pays tiers. La souveraineté alimentaire inclut :
· la priorité donnée à la production agricole locale pour nourrir la population, l’accès des paysan(ne)s et des sans-terre à la terre, à l’eau, aux semences, au crédit. D’où la nécessité de réformes agraires, de la lutte contre les OGM (organismes génétiquement modifiés) pour le libre accès aux semences, et de garder l’eau comme un bien public à répartir durablement.
· le droit des paysan(e)s à produire des aliments et le droit des consommateurs à pouvoir décider ce qu’ils veulent consommer et qui et comment le produit.
· le droit des Etats à se protéger des importations agricoles et alimentaires à trop bas prix,
· des prix agricoles liés aux coûts de production : c’est possible à condition que les Etats ou Unions aient le droit de taxer les importations à trop bas prix, s’engagent pour une production paysanne durable et maîtrisent la production sur le marché intérieur pour éviter des excédents structurels.
· la participation des populations aux choix de politique agricole.
· la reconnaissance des droits des paysannes, qui jouent un rôle majeur dans la production agricole et l’alimentation .
(1) Cf. Via Campesina – www.viacampesina.org
(2) Cf. « La souveraineté alimentaire à l’épreuve de la mondialisation », Les Cahiers de la solidarité juin 2004, CRID, www.crid.asso.fr
(3) Santé Canada : www.hc-sc.gc.ca
(4) www.codexalimentarius.net
(5) Cf. « Sécurité alimentaire : le codex alimentarius », Rapport d’information 450 (1999-2000), délégation du Sénat pour l’Union européenne, www.senat.fr