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  jeudi 17 mai 2012 
Rendez-vous Action Consommation prochainement à Paris

> Actualité > Bulletin > Bulletin d’information 29.09.2005
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Bulletin d’information 29.09.2005

Bulletin au format PDF

LE PRIX DE L’ESSENCE, UN CACHE-MISÈRE SOCIÉTAL

L’augmentation du prix de l’essence à la pompe provoque des réactions compréhensibles de la part de ceux qui voient leurs dépenses de carburant augmenter.
Cependant, la démarche qui consiste à tenter d’obtenir par tous les moyens des réductions de ce prix à la pompe, si elle est justifiée pour certains, est une démarche purement consumériste et de court terme.
Par ailleurs, pourquoi s’attaquer à un pétrolier plutôt qu’à un autre ? Depuis la privatisation des compagnies pétrolières, elles sont toutes devenues des entreprises transnationales pour lesquelles les profits n’ont pas de patrie, quoiqu’en espère Monsieur Breton.

Nous devons nous poser deux types de questions.

  1. Quelles sont les raisons qui aboutissent à des temps de déplacement pour les travailleurs et de transports pour les marchandises toujours plus longs ?
  2. Quels modes de transports sont les plus appropriés et avec quels carburants doit-on répondre à la part irréductible de ceux-ci ?

Nous sommes dans un système économique qui pousse à la concentration, au gigantisme. Nous assistons à une urbanisation galopante, sans aucun contrôle sur le foncier. Cela aboutit à une crise du logement, qui éloigne de plus en plus des centres villes et des zones d’activités les travailleurs paupérisés par la concurrence sociale, elle-même provoquée par l’ouverture tous azimuts des marchés. Les travailleurs se trouvent ainsi confrontés à des durées et à des dépenses de transport de plus en plus importantes et on peut comprendre leur réaction devant l’augmentation du prix de l’essence. Ce sont d’ailleurs souvent les mêmes qui sont victimes de l’augmentation du prix du fuel et du gaz.

Mais, plutôt que de récupérer quelques euros sur le transport, ils préféreraient certainement pouvoir accéder à des logements décents à un prix raisonnable, plus près des centres-villes.

Ils préféreraient certainement disposer de transports collectifs suffisants en confort et en périodicité pour ne pas avoir à utiliser leurs véhicules personnels. Et l’utilisation progressive de carburants propres serait certainement plus facile à mettre en place pour ces transports collectifs que pour les transports individuels.
De plus, une plus large utilisation des carburants propres au lieu du pétrole contribuerait largement à l’amélioration de notre balance commerciale et à notre souveraineté énergétique.

Parmi ceux qui réagissent, il y a les transporteurs. On peut aussi comprendre leurs réactions ; ils exercent leur profession dans les conditions créées par notre économie libérale ; ils sont eux aussi victimes de la concurrence sauvage d’un marché sans contrainte. Or, cette concurrence, non seulement, crée des conditions de travail pénibles pour les transporteurs, mais elle crée également des mouvements de marchandises qui ne sont justifiés que par des écarts artificiels de prix dus aux inégalités sociales. Le retour à une économie de proximité chaque fois que cela est possible réduirait considérablement le coût réel pour la collectivité. Ne serait-ce que par le meilleur respect de l’environnement que cela entraînerait. Et on oublie souvent en cette matière d’évoquer la pollution de l’espace que génère une logique d’aménagement du territoire réservant davantage de place aux véhicules qu’aux piétons et au jeu des enfants.

La concentration de la distribution contribue, elle aussi, largement à l’augmentation des transports. Elle contribue également à l’étalement des horaires de travail qui génère à son tour des besoins de transports supplémentaires.

Les solutions à court terme sur les taxes ou la bêtise des horaires d’hiver et d’été ne sont que la partie immergée d’un problème appelant au contraire des solutions économiques et structurelles qui relèvent de la responsabilité des pouvoirs publics, et donc des politiques. Le seul ferroutage est aussi une solution insuffisante ; s’il rétablit à court terme un certain équilibre entre le rail et la route, il sera incapable de faire face à plus long terme à l’augmentation exponentielle des besoins de transports que génère un système basé sur un élargissement toujours plus grand du marché.

Ces questions sont celles qui se poseront lors des prochaines échéances électorales : allons-nous enfin retrouver notre souveraineté économique ?

Mais en attendant, il est vrai qu’il faut aider ceux qui en ont le plus besoin. On pourrait, par exemple, réduire le prix des transports collectifs, en étendre le réseau et augmenter la fréquence. On pourrait aussi augmenter la prime de transport et l’étendre à toutes les régions.

Maurice Frankel
Action Consommation

 

LEÇONS AMÉRICAINES

C’est fou comme l’Amérique de ce début de vingt-et-unième siècle est riche d’enseignement pour le monde en général et l’Europe en particulier. Du reste, il ne manque pas de bons apôtres, chez nous comme ailleurs, pour nous vanter doctement les bienfaits innombrables d’une société si flexible qu’elle réalise les plus grands prodiges. Dépêchons-nous donc de la copier pour ne pas succomber au péril chinois. L’ogre, cependant, n’aurait-il pas quelque faiblesse ? Quelle est, dans cette société tellement idéalisée – pour ne pas dire idéologisée -, la place réservée vraiment à la dignité de l’homme ? Deux évènements, en apparence totalement étrangers l’un à l’autre, devraient nous inciter à la prudence en un temps de duplication facile des recettes frelatées d’autrui. Il y a leçon et leçon.

Le premier de ces deux évènements est désormais bien connu tant il a abondamment alimenté la chronique de notre fin d’été. Le terrible cyclone Katrina est un puissant révélateur de la superbe américaine prise lamentablement en défaut.
Comment le seul pays au monde capable d’envoyer à n’importe quel point du globe des dizaines de milliers de "troufions" en un temps record ne parvient-il pas à déplacer quelques centaines de milliers de victimes potentielles pour les mettre à l’abri d’un danger annoncé trois jours à l’avance ? Comment le pays le plus riche du monde en est-il arrivé à ne plus surveiller la sûreté des digues protégeant les zones urbanisées de régions particulièrement exposées aux déchaînements de la nature ? Comment la plus grande démocratie du monde est-elle parvenue à qualifier de réfugiés les pauvres victimes du désastre comme si ces gens étaient des étrangers en leur propre pays ? Comment ce pays transpirant la charité au point d’en avoir fait un business n’est-il capable d’envoyer sur les lieux du naufrage que la troupe surarmée en guise de secours immédiat ? Rassurons-nous : un autre commerce juteux est en route. Les premiers gros contrats de reconstruction de la Nouvelle-Orléans ont d’ores et déjà été signées par les firmes – notamment des filiales du groupe Haliburton - dans lesquelles l’entourage de M. Bush a des intérêts bien compris.

La seconde histoire se situe plus au nord, dans l’Oregon. Elle nous est rapportée par Erick Nicholson, syndicaliste venu témoigner à Rodez dans le récent procès de membres de la Confédération Paysanne. Ce qu’il nous conte est pour le moins effarant. Il nous décrit l’univers impitoyable et délirant d’une ferme à l’américaine. A Three Miles Canyon Farm, 55 000 vaches laitières donnent chaque jour un million de litres de lait. Cette exploitation – c’est bien le mot qui convient – fonctionne grâce au labeur de 350 Mexicains travaillant dede dix à douze heures par jour et menés vivement. Les heures supplémentaires ne leur sont pas payées et de nombreuses entorses au code du travail américain, déjà fort laxiste, sont commises là. Erick Nicholson est régulièrement menacé des pires représailles depuis qu’au nom de la Workers Farmers Union il tente de défendre les intérêts des salariés de cette ferme, modèle probablement du productivisme agricole nord-américain.

Ces deux histoires sont comme les deux facettes d’un même problème, celui que pose une société dans laquelle la confiance exorbitante placée dans les forces du Marché se paie en défaillances criminelles de l’action publique. Evidemment, l’erreur à commettre, que les ignorants et les menteurs cultivent à l’envi, est de considérer que l’Europe est protégée contre cette folle dérive. C’est à croire que les privatisations tous azimuts, l’ouverture à la concurrence des services publics, le renoncement de l’Etat à avoir une politique sociale digne de ce nom, le glissement lent et profond du préventif vers le répressif ne sont que des mauvais rêves dont nous allons vite nous réveiller, des hallucinations d’anti-européens mâtinés d’anti-américanisme. Non, hélas, nous ne rêvons pas. Tout cela est bien réel et va avoir des conséquences funestes. Déjà des immeubles flambent. Qui s’émeut vraiment du sort des enfants carbonisés. Quelle place réservons-nous encore chez nous à la dignité de l’homme.

Yann Fiévet
Le Peuple breton – octobre 2005 / Leurre de Vérité

 

ACTUALITÉ ACTION CONSOMMATION

Lancement d’un kit pédagogique sur la consommation « La cause principale de la dégradation continue de l’environnement mondial est un schéma de consommation et de production non viable, notamment dans les pays industrialisés ». C’était une des constatations principales du sommet de Rio en 1992.

Depuis 1992, une prise de conscience lente, certes, mais significative sur l’avenir de la Planète se fait jour dans l’opinion publique. L’enseignement et les enseignants jouent un rôle déterminant dans cette prise de conscience. Les programmes des classes de secondes, première et terminale, prévoient un traitement des problèmes liés à l’environnement et aux inégalités entre pays riches et pays pauvres ainsi qu’au sein même de chacun de ces deux groupes (au travers par exemple du thème du commerce équitable) ; plusieurs manuels contiennent des documents intéressants, aidant les enseignants à sensibiliser les élèves à ces questions.

Ce kit pédagogique sur la consommation, conçu par un groupe d’enseignants de lycées et de l’IUT de Saint Denis, a pour objectif de fournir une série d’outils vivants aux enseignants de sciences économiques, de SVT, d’histoire-géographie, de physique-chimie, d’anglais et d’espagnol, qui veulent traiter ces problèmes ensemble ou individuellement sous l’angle de la consommation. Les textes, le film documentaire et les diverses activités (jeux de rôles, enquêtes à mener avec la classe, etc.) proposés ont pour but de les aider à préparer leurs élèves à réfléchir sur les problèmes environnementaux, économiques et sociaux générés par leurs schémas de consommation actuels – ainsi que par les modes de distribution et de production qui y sont liés, et à devenir des consommateurs et citoyens conscients des choix qu’ils font déjà et qu’ils seront amenés à faire dans leur vie active, pour construire des rapports sociaux et des rapports Nord-Sud plus justes et capables d’enrayer la dégradation de la Planète.

Le kit est constitué d’un classeur, de fiches photocopiables et d’un DVD.
Sommaire et bon de commande

AGENDA

Attention :

  • Notre permanence du mois d’octobre est annulée. Vous pourrez nous retrouver du 1er au 4 octobre au salon EquitExpo (voir ci-dessous).
  • Notre prochaine rencontre-débat aura lieu le 5 novembre 2005 (et non le 8 octobre comme précédemment annoncé). Elle précédera notre Assemblée générale (qui est donc décalée du 8 octobre au 5 novembre).

1er au 4 octobre 2005 - Île-Saint-Denis
1er Salon international pour un Commerce Équitable

À l’Île-Saint-Denis (93), plus de 100 stands avec des exposants issus de 15 pays et d’une quinzaine de secteurs d’activités, des débats et des animations festives…
Action Consommation sera présente avec un stand d’information, mais aussi :
un atelier « Le commerce équitable contre la précarité »
samedi 1er octobre de 16h à 17h30

Si le commerce équitable Sud-Nord signifie bien pour les consommateurs et les organisations du Nord poser des actes économiques de solidarité et d’équité envers des producteurs du Sud défavorisés par les conditions du commerce international, qu’en est-il de la solidarité et de l’équité envers les producteurs et travailleurs précaires (de plus en plus nombreux) au Nord ?
Existe-t-il des similitudes ou des liens entre la précarité au Sud et au Nord ? Comment peut-on favoriser les filières équitables ? Avec quel budget ?
Comment assurer l’accès des personnes en précarité aux produits de qualité (y compris sociale et environnementale) ?
et l’animation d’une table-ronde « Quelles garanties pour des échanges équitables ? »
dimanche 2 octobre de 13h30 à 15h30

avec Simon PARE (Président de FLO - Faitrade Labeling Organization), Michel BESSON (Directeur du Réseau MINGA – France, Anne-Sophie BOUVERET (Association Nature & Progrès - Bretagne), Michel REYNAUD (EcoCert International), Sylvie MAYER (Député européenne, 1994-1999 - France)

1er octobre 2005
Journée « Dégage l’emballage »

Les déchets d’emballages envahissent nos poubelles pour y représenter 50 % du volume. Ils représentent la majorité de ce que nous jetons, c’est pourquoi leur réduction revêt un caractère prioritaire.

19 octobre à 17h30 - IUT de Saint-Denis (93)
Lancement d’un kit pédagogique sur la consommation par Action Consommation

Une série d’outils vivants pour les enseignants de sciences économiques, de SVT, d’histoire-géographie, de physique-chimie, d’anglais et d’espagnol, qui veulent traiter les problèmes environnementaux, économiques et sociaux générés par les schémas de consommation actuels (ainsi que par les modes de distribution et de production qui y sont liés) et préparer les élèves à devenir des consommateurs et citoyens conscients des choix qu’ils font déjà et qu’ils seront amenés à faire dans leur vie active, pour construire des rapports sociaux et des rapports Nord-Sud plus justes et capables d’enrayer la dégradation de la Planète.

21 octobre à 19h30– Nanterre (92)
Consommer autrement, commercer équitable… Est-ce possible ?
Est-ce conciliable avec les grands centres commerciaux ?

L’EPASA (établissement public Seine-Arche) vient de choisir le groupement Altarea-Eiffage pour réaliser l’aménagement du pôle de la gare Nanterre-Université. Le programme comprend la réalisation d’un nouveau centre commercial avec un hypermarché comme locomotive. L’EPASA et la municipalité ont annoncé que le projet final n’est pas bouclé. A un moment où se développent de nombreuses initiatives visant à « consommer autrement » ou à développer un autre type de commerce, dit « commerce équitable », il est donc utile avant les choix définitifs de mieux connaître ces alternatives au mode de consommation dominant qui s’est imposé autour de la grande distribution. C’est pourquoi nous avons invités des responsables associatifs qui œuvre en ce sens à exposer leur expérience et à en discuter avec vous. Des élus, des professionnels de l’aménagement (Epasa, Semna), des commerçants, seront également invités à la rencontre.
Avec la participation de : Véronique Gallais, présidente d’Action-consommation, Jean-Paul Vanhoove, militant d’Artisans du Monde, un responsable de Créa’Monde
Salle des provinces françaises, Nanterre
www.seine-arche-forum.com

5 novembre 2005 – Saint-Denis (93)
Assemblée générale Action Consommation

Un débat sur le thème « Consommer autrement, vivre autrement ? » précèdera l’AG.

Du 5 au 13 Novembre 2005
Marjolaine
- le plus grand salon dédié à la bio et à la nature pour des écocitoyens qui s’engagent dans la sauvegarde de l’environnement
Action Consommation participera à la table-ronde " Militantisme et environnement "
le samedi 6 novembre à 16h00
(Véronique Gallais)
Parc Floral de Paris, Bois de Vincennes http://www.spas-expo.com/marjolaine/salon_marjo.html

Mardi 8 novembre 2005
Permanence Action Consommation

La Passerelle (café, resto, librairie) - 3 rue Saint-Hubert - 75011 Paris
(métro rue Saint-Maur, ligne 3)

du 21 au 28 novembre 2005
Semaine internationale contre l’irradiation des aliments

Destinée à attirer l’attention sur les risques liés à l’irradiation des aliments et à relier les actions internationales contre l’utilisation de ce procédé.

NOUVEAU SUR LE SITE

Actes du débat « Consommation responsable et précarité » (janvier 2005)
La recherche de profits toujours plus élevés par les actionnaires et celle de prix toujours plus bas par les consommateurs exercent une pression considérable sur l’environnement et les conditions sociales. Des producteurs indépendants et des salariés, de plus en plus nombreux, en subissent directement les conséquences sur leur revenu ou le maintien de leur activité. Ainsi, le développement spectaculaire de la précarité de l’emploi et des revenus ces dernières années prive un nombre croissant de personnes des moyens suffisants pour couvrir leurs besoins essentiels.
Par nécessité ou par choix, les consommateurs recherchent souvent les prix les plus bas, ne trouvant d’autre solution que d’acheter des produits de mauvaise qualité, tant du point de vue du produit que des critères sociaux et environnementaux, participant ainsi, dans la même spirale, à la pression sociale et environnementale, dont ils sont pourtant également victimes.
Face aux politiques de gestion de la précarité des entreprises et aux conditions de travailleurs-consommateurs démunis, quelles sont les actions de solidarité à mener, les alternatives de consommation, les soutiens possibles ? avec : Bernard Hasquenoph, Stop Précarité - Hubert Caron, Secrétaire national de la Confédération paysanne - Sabine Lasnier, AC ! Ile-de-France - Jacques Boutault, maire du 2ème arrondissement de Paris

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