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  jeudi 17 mai 2012 
Rendez-vous Action Consommation prochainement à Paris

> Actualité > Bulletin > Bulletin d’information 3.7.2003
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Bulletin d’information 3.7.2003

UN ÉTÉ TRÈS CHAUD, SURTOUT À L’OMBRE

lls ont osé mettre José Bové en prison.

La grande majorité des consommateurs ne veut pas des OGM : par crainte pour leur santé au nom du principe de précaution, par respect de la Nature et par refus de servir les intérêts de quelques multinationales (qui n’apportent aucune solution à la faim dans le monde contrairement à leur discours mais qui cherchent à se garantir de juteux profits et la dépendance des paysans de la planète).

José Bové, porte-parole du syndicat La Confédération paysanne, a mené et participé à des actions pour alerter le plus grand nombre sur les véritables enjeux des OGM. Comme il avait exprimé son opposition aux États-Unis pour avoir surtaxé l’importation de produits français (en représailles pour notre refus de leur viande aux hormones) en démontant un McDo, symbole à la fois de la malbouffe et de l’impérialisme nord-américain.

Grâce à lui et à ceux qui n’ont pas hésité à braver la loi pour faire entendre leur voix, les français et les peuples du monde ont pu prendre conscience et position sur ces sujets qui les concernent très concrètement, en tant que producteurs, consommateurs et citoyens du Monde.

Aujourd’hui, José est en prison, ainsi que des syndicalistes et militants associatifs de plus en plus nombreux. Démocratie en danger ?

 

Pour soutenir José et faire pression pour sa libération :

Écrivez à José, écrivez à Chirac, manifestez devant la prison de Villeneuve-lès-Maguelone, lisez les appels de scientifiques, d’élus locaux et de personnalités :
Confédération paysanne : 81 avenue de la République - 93 170 Bagnolet
www.confederationpaysanne.fr - contact@confederationpaysanne.fr - T : 01 43 62 04 04

Diffusez le tract « Libérez José » (pdf téléchargeable)

Venez toutes et tous au Larzac du 8 au 10 août 2003 (et soutenez l’association qui organise le rassemblement) pour réfléchir, partager et faire la fête contre la marchandisation du monde et l’Organisation mondiale du commerce.
Construire un monde solidaire - 1 rue Droite - 12100 Millau
www.larzac2003.org

Achetez, offrez et écoutez l’excellent CD "OGM = PLANÈTE EN DANGER", une compil de 17 artistes* en soutien à la Confédération paysanne dans son combat contre les OGM
* Gustave Parking, Dieudonné, Hubert-Felix Thiéfaine, La Tordue, Les Wampas, Manu Chao, Massilia Sound System, Mickey 3D, Noir Désir, Renaud, Sansévérino, Sergent Garcia, Ska-P, Tryo, Zebda
+ CD ROM de la Confédération paysanne en bonus (16 euros, frais de port compris)
Productions spéciales - BP 12 - 94363 Bry sur Marne cedex - prodspec@wanadoo.fr

 

JOSÉ ET TOUS LES AUTRES
Il faut se faire une raison ; l’heure est à la répression. L’ordre néo-libéral ne souffre pas d’être attaqué dans ses fondements. Alors que les preuves s’accumulent de sa marche inexorable vers un abîme pour l’humanité, il semble décidé à réprimer durement ceux qui osent le braver par une critique de cette dérive suicidaire. La dureté de la répression s’accompagne d’une offensive médiatico-idéologique par laquelle il s’agit de présenter la contestation comme étant portée par des hommes et des femmes anachroniques. Deux types de luttes sont menées par ces contestataires : l’un concerne la défense de conquêtes sociales des générations passées, l’autre traite de la nécessité d’envisager un avenir relativement sûr pour les futures générations. Ces deux types de lutte se rejoignent à plus d’un titre. D’abord, il n’est pas rare que ces deux catégories revendicatives soient portées par les mêmes individus. Ensuite, le pouvoir qui attaque les conquêtes sociales d’hier et qui refuse de prendre en compte les dangers de demain est guidé par un seul mot d’ordre, la défense d’une minorité aux intérêts financiers considérables tant à l’intérieur des sociétés envisagées séparément les unes des autres qu’au plan des oppositions Nord-Sud. Enfin, il existe un devoir de liaison entre les générations auxquelles nous devons le monde tel qu’il est et les générations auxquelles nous allons transmettre ce monde.
José Bové représente probablement une synthèse des questions cruciales de notre temps, et notamment celle-ci : peut-on conserver l’essentiel de l’héritage social que nous ont légué nos prédécesseurs tout en trouvant les moyens d’une transformation sociale destinée à éviter que la planète soit définitivement livrée aux appétits jamais assouvis des firmes multinationales ? Beaucoup répondent, avec José Bové, par l’affirmative à cette question. Une transformation sociale radicale menace forcément la position acquise par ceux qui profitent de l’ordre établi. C’est seulement en ayant présent à l’esprit cette vérité évidente que l’on peut vraiment comprendre pourquoi José Bové et des militants de plus en plus nombreux sont durement traités par la police et la justice. José Bové n’est pas en prison pour avoir détruit des pieds de riz transgénique - que du reste les riziculteurs à qui ils étaient initialement destinés ne voulaient plus - mais beaucoup plus sûrement parce qu’il s’attaque à la nature profonde d’un système qui ne pourra survivre qu’au prix de la marchandisation de toute chose, gènes, corps et idées.
C’est réellement de la capacité des hommes à maîtriser le cours de leur vie qu’il s’agit. Par exemple, auront-ils demain la possibilité de choisir leur mode de consommation alimentaire ou celui-ci leur sera-t-il imposé par les géants de l’agro-business ? La généralisation de la production et de la consommation d’organismes génétiquement améliorés, modifiés ou manipulés (OGM) interdira à l’homme de prendre pleinement à son compte la maîtrise nécessaire de son choix alimentaire en même temps qu’elle laissera planer une menace inhérente au lancement d’inventions mal ou non testées.
Nous sommes sans doute à un tournant. Le sort de la planète et de la population qu’elle portera demain dépendent d’une remise en cause du mode de consommation - et pas seulement dans le domaine de l’alimentation - des pays du Nord et par la prise en compte sérieuse des besoins vitaux des peuples du Sud. L’évolution de la consommation sera un levier de développement économique équilibré, un moyen de pression politique pour un changement véritable au service des plus démunis et pour la préservation de la planète, un puissant facteur de transformation personnelle et collective pour le renforcement du bien-être individuel et des solidarités actives.
C’est dans ce contexte et dans cette optique qu’Action Consommation affirme sa solidarité avec la juste cause défendue par José Bové et témoigne à ce dernier son entier soutien dans les moments difficiles qu’il traverse. Ceux-ci ne doivent pas entamer la détermination de celles et ceux qui ne peuvent se résigner à l’abdication face aux forces des marchés sans contrôle qui menacent l’intégrité de l’être humain.
Yann Fiévet - Action Consommation

LIBÉRATION IMMÉDIATE ET SANS CONDITION DE JOSÉ BOVÉ !
Communiqué d’Attac - le 22 juin 2003
Après avoir défoncé la porte de sa maison, dimanche 22 juin à 05h30 du matin, 80 gendarmes munis de gilets pare-balles et de mitraillettes, appuyés par des blindés, ont passé les menottes à José Bové alors qu’il était encore au lit. Jeté dans un hélicoptère, il a été transféré à la prison de Villeneuve-lès-Maguelone, près de Montpellier.
José Bové est aujourd’hui en prison pour avoir légitimement attiré l’attention sur les dangers des OGM (organismes génétiquement modifiés).
Attac rappelle que l’Union européenne a précisément décidé d’un moratoire - attaqué par les USA - contre toute importation d’organismes génétiquement modifiés. C’est donc bien qu’il y avait danger !
Ce sont les OGM qu’il faut mettre en prison, et non José Bové !
José Bové n’est ni un assassin, ni un truand. Il n’est lié à aucune affaire trouble, de moeurs ou autre.
José Bové est un militant syndical.
Mais aujourd’hui, alors que les grands délinquants de la finance, de la drogue, de la corruption, des trafics d’arme, les assassins de préfet courent toujours, bénéficient de non-lieux ou de peines scandaleusement légères, ce sont les syndicalistes que l’on met en prison !
Attac condamne fermement de telles méthodes qui sont inacceptables et odieuses dans un pays démocratique et appelle à un débat national visant à refonder la justice afin qu’elle ne soit plus à deux vitesses.
José Bové avait été condamné à 10 mois de prison ferme pour avoir simplement détruit des plants de maïs et de riz transgénique à Agen et Montpellier.
On libère Papon ; on jette Bové en prison !
L’attitude du gouvernement s’explique par les échecs politiques persistants qu’il rencontre dans sa stratégie de soumission à la mondialisation libérale. Mal élu (avec seulement 27 % des voix de la population en âge de voter), le Président de la République est lui-même mêlé à des affaires que la justice est empêchée d’élucider.
Il ne parvient pas à imposer la libéralisation accélérée de notre société comme en témoigne le rejet majoritaire, par l’action collective démocratique des citoyens, à sa tentative de destruction des retraites. La répression, l’intimidation et la diversion sont alors les armes classiques utilisées par les gouvernements en difficulté, qui vont toujours de pair avec la régression sociale.
Attac exige avec force la libération immédiate et sans condition de José Bové.
Attac appelle à des rassemblements, dimanche 22 juin, à 18h00*, devant les préfectures et sous-préfectures (à 18h00 devant la prison de Villeneuve-lès-Maguelone près de Montpellier).
Attac appelle à des rassemblements, lundi 23 juin, à 18h00, devant les maisons d’arrêt et les tribunaux (à 18h00 devant le Palais de justice à Paris).
Attac va prendre contact, dans les jours qui viennent, avec toutes les organisations soucieuses de préserver la démocratie et les libertés dans notre pays.
www.attac.org

COMMUNIQUÉ SUR L’INCARCÉRATION DE JOSÉ BOVÉ
Syndicat de la Magistrature - le 22 juin 2003
José Bové a été incarcéré le dimanche 22 juin à la prison de Villeneuve les Maguelone, en application d’une condamnation à 10 mois d’emprisonnement pour dégradations volontaires (arrachages de plantes transgéniques).
Les méthodes employées pour l’arrestation d’un paysan opposé aux OGM (organismes génétiquement modifiés) sont dignes du grand banditisme : Arrestation à 6 heures du matin pendant son sommeil, fracture de la porte de sa ferme, transport en hélicoptère jusqu’à la prison. Apparemment, pour le Ministre de la Justice, J. Bové est devenu l’ennemi public N°1 !
Ces procédés s’inscrivent dans une politique de pénalisation du mouvement social et de la contestation : des dizaines d’enseignants ont été pourchassés par la police lors de la manifestation du 10 juin place de l’opéra, à Paris, et placés en garde en vue ; les grévistes vont se voir imposer, sans aucun échelonnement et pour la première fois depuis 20 ans, des retenues d’un mois et demi de salaire, afin de "payer" leur opposition à la réforme des retraites. Lundi 23 juin, comparaîtront à 13 h. devant le tribunal correctionnel de Bobigny, 3 passagers d’un vol Paris/ Bamako, qui ont simplement voulu photographier des policiers menottant des étrangers expulsés. Ces 3 passagers (2 membres d’une association humanitaire, et un responsable de la confédération paysanne), ont été placés 20 h en garde à vue et sont poursuivis "pour entrave à la circulation d’un aéronef"( !). Ils risquent 5 ans de prison.
Cet acharnement pénal est diligenté par les parquets à l’égard des "délinquants de la solidarité", qui contestent des choix de société fondamentaux pour l’avenir, comme les cultures transgéniques ou la construction d’une Europe forteresse rejetant les étrangers.
La sévérité des poursuites à l’encontre des "contestataires"a pour corollaire une justice d’une extrême lenteur et d’une grande clémence à l’égard des puissants : Alors que J.Bové est jeté en prison, JC Trichet, ex-gouverneur de la Banque de France, est relaxé le 18 juin, et nommé, deux jours après, président de la Banque Centrale Européenne.
Dans l’ affaire du Crédit Lyonnais, dont le trou financier vaut largement le déficit virtuel des caisses de retraites, le parquet n’a bien sûr pas fait appel de la relaxe de JC Trichet, sans doute pour ne pas gêner sa réinsertion professionnelle !
Quant aux hauts fonctionnaires et conseillers ministériels de l’affaire du sang contaminé, ils ont eux aussi été relaxés au bout de 15 ans de procédure. Mais soyons sûr que s’il s’était trouvé, à l’époque, un José Bové pour détruire, au centre national de transfusion, les poches du sang mortel pour leshémophiles, il aurait été immédiatement embastillé pour "dégradations volontaires", car qui détruit un oeuf est beaucoup plus criminel que celui qui détourne 10 boeufs.
C’est ce que devra méditer Monsieur Chirac en examinant la demande de grâce que des milliers de personnes lui ont adressée en faveur de J Bové... syndicat.magistrature@wanadoo.fr - tel : 01 48 05 47 88

LES AMIS DE LA TERRE DÉNONCENT L’INCARCÉRATION DE JOSÉ BOVÉ
Paris le 24 juin 2003. Comme un grand nombre de mouvements de la société civile, les Amis de la Terre soutiennent sans réserve la démarche de José Bové et demandent qu’une grâce présidentielle lui soit accordée sans délai.
Ils jugent sa condamnation totalement disproportionnée au regard d’actes commis collectivement, dans un cadre syndical et sans violence à l’égard des personnes. Les Amis de la Terre condamnent la méthode extrêmement brutale qui a été employée pour son incarcération.
José Bové est un des porte-parole de la très grande majorité des Français (plus de 70 % de la population) qui rejettent les OGM. Il a été condamné pour s’être battu pacifiquement contre une technologie qui comporte de nombreux risques et dont les conséquences sont encore largement méconnues, contre un système industriel et commercial risquant de mettre les paysans du monde entier sous la dépendance des semenciers et contre le brevetage du vivant.
Le Président de la République s’est montré plus d’une fois très critique envers les OGM. Nous pensons que le gouvernement ne peut se permettre de faire taire l’importance fondamentale des questions soulevées par les OGM et leurs conséquences sociales, environnementales et économiques, en incarcérant un homme dont la détermination a permis l’émergence du débat.
Les Amis de la Terre mènent, avec d’autres organisations de la société civile, un énorme travail contre les OGM depuis plusieurs années, au nom du principe de précaution et pour proposer une agriculture durable. Aujourd’hui, les expériences en plein champ sont faites sans aucune protection. La dissémination des OGM dans l’environnement risque d’empêcher toute autre forme d’agriculture (agriculture biologique) car la dissémination des gènes est incontrôlable et irréversible. L’approche environnementale est totalement ignorée.
Le combat de José Bové est juste et légitime. Son incarcération paraît totalement dénuée de sens, alors que le moratoire européen sur les OGM est en vigueur depuis 1999 et à la veille de l’entrée en vigueur du protocole de Carthagène. Sa grâce est une nécessité urgente dans une démocratie comme la nôtre.
Contact : Patrick Teil, Les Amis de la Terre, 01 48 51 18 91

ATTAC BOYCOTTERA TOUS DÉBATS ET RENCONTRES AVEC DES MEMBRES DU GOUVERNEMENT JUSQU’À LA LIBÉRATION DE JOSÉ BOVÉ
Paris, le 25 juin 2003 - L’association Attac a décidé de ne plus participer à des rencontres ou débats organisés à l’initiative des membres du gouvernement, quels qu’ils soient, jusqu’à ce que José Bové soit libéré.
Le jeudi 26 juin, Attac était invitée avec de nombreuses autres associations à assister au Ministère de l’économie et des finances à une réunion d’information sur les résultats du Sommet du G-8 à Évian.
L’association a décidé, non seulement de ne pas y participer, mais d’appeler l’ensemble des associations et ONG invitées à adopter la même décision.
Le Président de la République a réaffirmé à plusieurs reprises sa volonté de " dialoguer avec la société civile ". En réalité, le gouvernement tente de transformer en délit l’action syndicale et associative. Attac refuse de débattre avec un gouvernement qui jette en prison un leader syndical national.
Contact presse : Éric Le Gall, 01 53 60 92 50 - medias@attac.org

LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DES PERSONNELS DE LA RECHERCHE ET DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR DE MONTPELLIER POUR LA GRÂCE DE JOSÉ BOVÉ
Nous venons d’apprendre que la procédure concernant la condamnation de José Bové à 10 mois de prison ferme est maintenant arrivée à son terme et qu’il a été emprisonné le dimanche 22 au matin.
Cette peine sanctionne des actions syndicales portant sur des organismes génétiquement modifiés, OGM, (semences de mais à Nérac en janvier 1998, et plants de riz au CIRAD de Montpellier en juin 1999) réalisées en compagnie de paysans indiens.
La sanction qui va devoir être exécutée nous semble d’abord, à nous personnels de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur de Montpellier, disproportionnée avec les faits. Plus personne n’ignore aujourd’hui que la majeure partie des plants présents dans les serres aurait dû être détruite par le CIRAD puisque les riziculteurs camarguais, chez qui ils devaient faire l’objet d’essais de plein champ, les avaient refusés. Il s’agit donc d’un préjudice matériel, assez fréquent dans les actions syndicales, et généralement absous, qui en aucune façon n’a causé de dommages physiques aux personnes.
La façon dont l’arrestation de José Bové a été réalisée ce dimanche 22 juin accentue encore cette disproportion dans la mesure où elle l’assimile à un criminel de droit commun.
Par ailleurs, les responsables de ces actions ont toujours souligné et depuis réaffirmé - et c’est très important pour nous personnels de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur - que ce n’est pas la recherche fondamentale qui est en cause ; c’est la dissémination d’OGM dans des milieux, qu’elles vont immanquablement contaminer, qui ne peut être acceptée. Finalement, ces actions peuvent être considérées comme la mise en application du principe de précaution.
Face aux doutes de la Société, face aux dangers énoncés par certains, l’affichage des objectifs poursuivis par de telles recherches, les modes de diffusion des inventions scientifiques ainsi que les risques qui y sont liés, doivent être présentés clairement : c’est bien le moins que la Recherche puisse faire envers la Société, qui la finance afin qu’elle l’aide à mieux comprendre le monde.
Cette condamnation semble de plus vouloir ignorer que ces actions ont rempli une fonction « d’alerte » pour nous personnels de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur : notre réflexion sur la gravité du problème de l’utilisation des OGM, et au delà, de toute découverte scientifique en a largement bénéficié. Elles nous ont rappelé que sur des sujets aussi graves, la « Société Civile » doit être partie prenante des décisions concernant les objectifs et l’utilisation des résultats de la recherche - surtout si ceux-ci portent en eux des interrogations aussi importantes sur les risques pour les écosystèmes et pour la santé des personnes. Cette prise en compte représente ainsi une garantie de la qualité finale des recherches menées.
Nous avons aussi pris conscience qu’au-delà de la recherche, les OGM constituaient une véritable machine de guerre commerciale pour certains groupes multinationaux visant à contrôler totalement les paysans et l’agriculture de la planète, en les rendant dépendants, par le biais de brevets, de ce qui a toujours été gratuit : la biodiversité génétique. Ces comportements montrent clairement l’utilisation qui risque d’être faite des résultats de nos propres recherches, si la Société et les pouvoirs politiques, ensemble, ne définissent pas les moyens d’en garder le contrôle.
Vous savez, Monsieur le Président, que nos interrogations sont aussi les vôtres. Vous les avez formulées d’abord à Johannesburg à propos du développement durable et plus récemment à Paris au congrès mondial des Jeunes Agriculteurs en déclarant : « sur la question des organismes génétiquement modifiés. Il faut s’assurer qu’ils répondent à de réels besoins et que le principe de précaution, qui est essentiel, est bien respecté. Il faut s’assurer également que les OGM ne deviennent pas un facteur de dépendance supplémentaire des agriculteurs des pays en développement, notamment à l’égard des entreprises productrices de semences. Toutes ces conditions ne me semblent pas remplies aujourd’hui. ».
Vous savez aussi, Monsieur le Président, que José Bové représente pour les paysanneries du monde entier et pour beaucoup d’autres citoyens de nombreux pays - en témoignent les 800.000 lettres de demande de grâce qui vous ont été adressées - l’incarnation de ce questionnement.
C’est donc avec confiance dans votre volonté de cohérence et de sagesse que nous vous demandons de prendre une mesure de grâce en faveur de José Bové conformément à l’article 17 de la Constitution, afin qu’il puisse sortir de prison le plus rapidement possible.

JACQUES CHIRAC DÉCIDE LE MAINTIEN DE JOSÉ BOVÉ EN PRISON
Communiqué de l’Union syndicale G10 Solidaires - 11 juillet 2003
Le Président de la République vient d’annoncer une remise de peine individuelle de José Bové de deux mois : cette annonce constitue une fin de non recevoir à la demande de grâce faire par des centaines de milliers de citoyens en France et dans le monde, et par de nombreuses organisations syndicales et associatives.
L’action de José Bové, des militants de la Confédération paysanne et de tous ceux qui les soutiennent, s’inscrit dans une lutte sociale refusant la marchandisation du monde au profit des multinationales. Les actions non-violentes pour lutter contre les OGM ont permis que ce débat devienne un débat citoyen : c’est pour avoir favorisé cette prise de conscience et ce débat que José bové est aujourd’hui incarcéré !
En prenant la responsabilité de maintenir José Bové en prison pour de longs mois, le Président de la République conforte ainsi l’atteinte aux libertés syndicales que constitue cette condamnation à de la prison ferme pour une action collective.
L’emprisonnement de José Bové reste totalement illégitime !
L’Union syndicale-G10 Solidaires appelle à amplifier la mobilisation dans tous les départements pour obtenir la libération immédiate et sans condition de José Bové. Des action sont notamment prévues dans toute la France le 14 juillet.
Annick Coupé - coup@solidaires.org

DEMANDE DE PERMIS DE VISITE DE J. BOVÉ
Nous proposons de lancer une campagne massive de demandes de permis de visites pour José BOVÉ à la maison d’arrêt de Villeneuve les Maguelone.
Nous avons rédigé la lettre type suivante à adresser à :
Monsieur le Directeur de la Maison d’arrêt de Villeneuve les Maguelone
Avenue du moulin de la Jasse
34753 Villeneuve les Maguelone.
Nous vous proposons de diffuser le plus largement possible cette lettre afin que chacun envoie ce courrier avec copie à J. Chirac, à qui appartient la décision de grâce présidentielle. Il n’est pas nécessaire de pouvoir se rendre effectivement à la prison pour demander un permis de visite car il y a malheureusement de fortes chances qu’aucun d’entre nous ne puisse en obtenir.
BON COURAGE !
E Sire-Marin , Présidente du Syndicat de la Magistrature - Paris, le 2 juillet 2003
Syndicat de la magistrature - BP 155 - 75523 Paris Cedex 11
Tél : 01 48 05 47 88 - fax : 01 47 00 16 05 - syndicat.magistrature@wanadoo.fr
------
MODÈLE DE DEMANDE DE PERMIS DE VISITE de JOSÉ BOVÉ
Nom
adresse du demandeur
à Monsieur le directeur de la Maison d’arrêt de Villeneuve les Maguelone
Avenue du moulin de la Jasse - 34753 - Villeneuve les Maguelone
Monsieur le directeur de la Maison d’arrêt,
Objet : Demande de permis de visite pour José Bové
Conformément aux dispositions des articles D 403 et suivants du code de procédure pénale, je sollicite en qualité d’ami, l’attribution d’un permis de visite pour rencontrer José Bové (n°écrou 22377Y bloc A 07) actuellement incarcéré à la maison d’arrêt de Villeneuve les Maguelone.
Vous trouverez ci-joint une photographie d’identité ainsi qu’une photocopie d’une pièce d’identité me concernant.
Dans l’attente de votre réponse, veuillez, agréer, monsieur le directeur, l’expression de mes considérations distinguées.
date
signature
Copie à M le Président de la République,
Palais de l’Élysée, 55 rue du faubourg Saint Honoré 75008 PARIS
(ne pas affranchir le courrier qui est dispensé de timbrage)

ATTAC MARSEILLE PROTESTE CONTRE LA MISE EN GARDE À VUE DE L’UN DE SES RESPONSABLES
Marseille, le 9 juillet 2003 - Attac Marseille s’élève très vivement contre l’interpellation et la mise en garde à vue de Joël MARTINE, membre de son Conseil d’administration. L’animation du Collectif « Recyclons 13 », qui semble être à l’origine de l’interpellation, ne peut être qu’un mauvais prétexte, au vu de l’action tout à fait pacifique de ce collectif.
Dans ces conditions, l’interpellation d’un responsable associatif par la Brigade anti-criminalité relève de la criminalisation du mouvement social dont le gouvernement est devenu coutumier. Attac Marseille demande la libération immédiate de Joël Martine et l’arrêt de toutes poursuites.
C’est par les membres de la BAC Nord (Brigade anti-criminalité) que Joël MARTINE a été interpellé hier à son domicile. Menotté et emmené comme un criminel, ce militant pacifique est en garde à vue, accusé à présent de rébellion et d’appel à l’émeute.
Il semble que ce soit l’action de Joël MARTINE au sein du Collectif « Recyclons 13 » qui soit à l’origine de son interpellation, sans qu’il lui ait été précisé ce qui lui était reproché. Ce Collectif, dans lequel Joël représente Attac Marseille, est composé de plusieurs dizaines d’associations environnementalistes, et travaille sur la question du traitement des déchets. Toutes ses actions se sont menées de la façon la plus pacifique.
Roger DEFLAUX, président d’Attac Marseille, s’est adressé ce matin au Préfet des Bouches-du-Rhône, écrivant notamment :

« Je tiens à vous faire part de ma stupeur et de mon inquiétude concernant les méthodes employées dans cette affaire, tant sur le fond des raisons de cette arrestation que sur la forme de l’interpellation.
Joël MARTINE est une personne respectable de l’avis de toutes les personnes qui ont eu à le connaître, c’est un militant associatif responsable de ses actes et éminemment légaliste, pacifique de surcroît, et je ne doute pas un instant que, s’il en avait reçu une demande écrite, il se serait rendu tout naturellement à une convocation d’un service de police. On ne comprend pas que cela puisse conduire à une garde à vue, et, donc, à une privation de liberté.
D’autrepart,étant donné la notoriété de la personne de Joël et la nature de ses activités, on est stupéfait de l’intervention des agents de la B..A.C. dans une telle affaire. Où est le criminel ? On est encore plus étonné d’apprendre qu’une plainte aurait été déposée contre lui, par ces mêmes agents, pour « Rébellion », « Injures » et « Appel à l’émeute », toujours lorsqu’on considère le caractère non-violent de Joël MARTINE et les conditions de son arrestation. »
Contacts presse : Roger DEFLAUX 06 80 88 82 19
Jean-Paul GARAGNON 06 08 67 08 82
autre information :
Depuis ce matin, Jean-Michel SAUVAGE, Porte-Parole Régional de la Confédération Paysanne du Nord-Pas-de-Calais est en garde à vue au Commissariat de Police d’Arras.
Les conditions de sa mise en garde en vue ne sont pas encore connues.

INTERPELLATION ET GARDE À VUE DES 8 ET 9 JUILLET 2003 JOËL MARTINE
Compte-rendu des faits rédigé le 10 juillet 03
Mardi 8 juillet 2003, trois policiers en civil de la BAC (Brigade Anti-Criminalité) sont venus me chercher à mon domicile, m’ont mis les menottes dans le dos et m’ont emmené dans leur voiture avec sirène et gyrophare à l’Hôtel de Police, où j’ai été détenu en garde à vue pendant 24 heures. Pendant cette garde à vue les policiers m’ont dit qu’ils déposaient plainte contre moi pour « rébellion », « outrage » et « appel à l’émeute ». À la fin de cette garde à vue, j’ai été interrogé comme témoin en tant que l’un des responsables du collectif d’associations Recyclons 13, à propos d’une manifestation qui s’est déroulée à Saint-Martin de Crau il y a un an et à laquelle je n’étais pas présent.
À travers ma personne, c’est au collectif Recyclons 13 que la police s’en est pris. Recyclons 13 regroupe des associations opposées à l’incinération des déchets, procédé polluant, dangereux pour la santé, et coûteux pour les contribuables. Recyclons 13 agit notamment pour l’abandon du projet d’incinérateur des déchets ménagers de la Communauté Urbaine Marseille-Provence-Métropole qui doit se faire à Fos-sur-Mer.
Ces derniers mois, dans le département, des secteurs de plus en plus importants de l’opinion se sont prononcés contre ce projet. Recyclons 13 a contribué à cette prise de conscience par ses capacités d’expertise, d’information et de mobilisation des citoyens.
Mardi 8 juillet 2003 je reçois vers midi un coup de téléphone de Madame B., de l’Hôtel de Police Division Nord de Marseille, me proposant de fixer un rendez-vous pour une convocation. Comme je lui demande quel sera l’objet de cette convocation, elle me répond qu’elle n’a pas à me le dire. Je lui réponds que je ne peux pas me rendre à une convocation à la police sans savoir pourquoi je suis convoqué. Sur un ton moitié de plaisanterie, moitié de menace, elle me dit que si je ne prends pas de moi-même un rendez-vous, elle m’enverra une convocation écrite, et que si je n’y réponds pas, au bout de deux convocations écrites des policiers viendront chez moi à 6 heures du matin et m’emmèneront les menottes aux mains. Je note l’adresse de l’Hôtel de Police où elle me convoque et je lui dis que j’ irai si elle me dit maintenant pourquoi je suis convoqué. Elle refuse à nouveau et raccroche.
En début d’après-midi je reçois un coup de téléphone d’un prétendu livreur qui me dit être en bas du 26 Boulevard des Dames avec un colis à remettre au collectif Recyclons 13. Je lui dis que Recyclons 13 reçoit son courrier au local de l’association ATTAC, à cette adresse-là ; il me répond que le colis n’entre pas dans la boîte aux lettres, et nous convenons qu’il vienne me l’apporter à mon domicile. Je ne suis pas étonné car je suis l’un des animateurs du collectif Recyclons 13 où je représente le groupe d’ATTAC-Marseille et mon téléphone figure sur les publications de ce collectif.
Vers 16 heures on sonne à ma porte, J’actionne l’ouvre-porte de la rue et je sors de mon appartement qui est au rez-de-chaussée pour accueillir dans le couloir deux hommes. Dans un premier temps ces hommes ne me parlent pas distinctement et ne me disent pas pourquoi ils veulent me voir, d’où mon hésitation pendant quelques secondes pendant qu’ils s’approchent de moi. Puis ils me disent qu’ils sont de la police et que je dois les suivre pour une convocation. Surpris, je leur réponds que j’attends un livreur ; ils me répondent que ce sont eux qui m’ont téléphoné. Ils me disent que la convocation est en rapport avec une manifestation qui s’est tenue le 30 juin 2002 à Saint-Martin de Crau, et effectivement j’entrevois des indications en ce sens sur un document de quelques feuilles A4 photocopiées que l’un d’eux tient à la main.
Comprenant que je suis convoqué à la police au titre de Recyclons 13, je leur dis que je vais les accompagner, je leur demande de m’attendre devant ma porte pendant que je vais mettre des habits corrects et prendre mon sac. Je leur dis que je vais fermer ma porte pendant ce temps pour éviter que mon chat ne s’enfuie, mais l’un d’eux, mettant son pied dans l’embrasure de la porte, me dit que je ne dois pas la fermer, que c’est obligatoire. Je leur dis que je suis étonné mais comme ils insistent j’accepte de laisser la porte ouverte.
Les policiers, dans leur déposition qui me sera lue le lendemain à l’hôtel de police, affirmeront que dès le début de l’entretien ils se sont présentés avec leurs noms et qualités et ont montré leur carte de police. Or je n’ai rien entendu ni vu de cela.
Les policiers s’exprimaient par des phrases saccadées, hachées, souvent difficiles à comprendre, et sur un ton de menace. Ils ne m’ont pas montré de convocation. Les papiers qu’ils avaient à la main n’étaient pas une convocation, et ils ne m’ont jamais laissé le temps de regarder ce qui émanait ces papiers. Pendant ma garde à vue la police m’a dit que ces papiers provenaient du Procureur de Tarascon, mais ne m’a pas permis de les lire attentivement, de sorte que, aujourd’hui encore, je ne sais pas de quel type de document il s’agit.
Dans leur déposition, les policiers affirmeront que j’ai essayé de fermer ma porte de force sur eux, mais je n’ai jamais fait cela.
Suite des événements : laissant les policiers devant la porte, je vais dans la pièce à côté pour me changer et prendre mon sac. Je dis aux policiers d’attendre que je donne un coup de téléphone. Je téléphone à un ami de Recyclons 13 : je lui dis que, bien que je n’aie pas pu lire clairement une convocation, je vais accompagner les policiers puisque apparemment il s’agit d’une enquête concernant Recyclons 13, et que je l’en informe car quand on est convoqué à la police il vaut mieux que quelqu’un à l’extérieur le sache. Les policiers ont clairement entendu ce que je disais au téléphone, et ils l’ont rapporté dans leur déposition.
Ayant raccroché le téléphone je vais rejoindre les policiers dans le couloir et je leur demande à lire les papiers avant de les suivre. L’un d’eux, Monsieur D., me donne les papiers. À ce moment entrent dans l’immeuble ma voisine, son fils et une jeune fille ; ils commencent à monter les escaliers.
Avant que j’aie eu le temps de tourner les pages pour observer le document, le policier D. se précipite sur moi, me saisit brutalement les deux avant-bras, m’obligeant à laisser tomber les papiers (à moins qu’il ne me les ait arrachés de ses propres mains, car cela s’est passé très brusquement). Il m’arrache mes lunettes pendues autour de mon cou et les fait tomber à terre, ainsi que mon sac dont le contenu se disperse au sol. Puis il me pousse contre le mur en me frappant sur la poitrine, puis il me tire brutalement vers lui dans le couloir, et dans la bousculade il me fait poser le pied sur les papiers tombés à terre, sans que je m’en rende compte. Toujours en me tenant fermement les deux avant-bras, et en alternant tutoiement et vouvoiement, il m’accuse de ne pas vouloir les suivre. Tout en me secouant, il me dit « tu vois, ça c’est de la rébellion ». Ramassant les papiers froissés au sol, il ajoute « ça, c’est outrage à magistrat ».
Les voisins, entendant la bousculade, redescendent de quelques marches l’escalier et regardent la scène interloqués. Je leur dis : « c’est la police ! Vous voyez ce qu’ils me font ! Ils viennent me chercher pour une manifestation où je n’étais pas ! » À ce moment il est visible que les policiers, en me traitant avec brutalité et en m’accusant de leur résister, essayent de faire croire aux témoins que c’est moi qui ne veux pas les suivre et qui me rebelle. Dans un moment où le policier me lâche, je donne à la voisine mes clés que j’avais en main, lui demandant de fermer mon appartement car j’avais peur qu’ils m’emmènent en laissant la porte ouverte. Les deux policiers me saisissent et me tordent les bras dans le dos en me mettant les menottes. Je proteste en disant qu’ils n’ont pas à me mettre les menottes puisque je suis d’accord pour les suivre. En aucune manière je n’ai frappé les policiers. Je remuais pour qu’ils arrêtent de me faire mal en me tordant les bras. Quand j’ai été menotté, pendant que D. me tenait, la voisine a parlé à l’autre policier, lui a demandé de montrer sa carte, ce qu’il a fait. Puis il a fermé ma porte à clé, à remis mes clés et mes affaires en vrac dans mon sac, et ils m’ont emmené dehors. Avec un troisième policier ils m’ont emmené en voiture à travers la ville, toujours menotté les mains dans le dos, en mettant fréquemment le gyrophare et la sirène pour doubler les files de voitures arrêtées aux feux rouges. Arrivés à l’Hôtel de Police, ils m’ont attaché à un banc avec les menottes. Monsieur D s’est assis devant une machine à écrire et s’est mis à rédiger quelque chose. Les policiers ne semblaient pas perturbés par ce qu’ils venaient de me faire subir. Ils fumaient des cigarettes et bavardaient. Madame B., celle qui m’avait téléphoné, m’a dit que je serais poursuivi pour « rébellion », « outrage » et « appel à l’émeute ». J’ai été mis en garde à vue et Mme B. a enregistré ma déposition. Quand des personnes sont venues prendre de mes nouvelles le lendemain, elles n’ont pas été autorisées à me voir. Il s’agissait de deux conseillers municipaux Verts, et de militants d’associations dont Greenpeace et Recyclons 13, et de mon épouse.
À l’hôtel de police, j’ai été examiné trois fois par un médecin. Le premier et le troisième de ces médecins ont constaté une contusion toute fraîche avec ecchymose à la poitrine, et une contusion avec éraflure au poignet droit, due aux menottes trop serrées.
Le mercredi après-midi, lors d’une confrontation entre les policiers de la BAC et moi-même, j’ai appris que les policiers portaient plainte contre moi, m’accusant d’avoir moi-même chiffonné, jeté à terre, puis piétiné les papiers, et d’avoir refusé de les suivre. Les policiers m’ont montré l’empreinte de ma chaussure sur l’une des feuilles, ce qui selon eux prouve que je l’aurais piétinée intentionnellement.
En réalité, dès que j’avais compris pourquoi la police voulait m’emmener, c’est-à-dire après les quelques instants d’incompréhension du début, j’ai toujours dit et répété que j’étais d’accord pour les suivre, mais que je leur demandais de me faire lire d’abord le document. Je ne l’ai jamais jeté à terre, ni piétiné intentionnellement.
À la fin de la garde à vue Madame B. m’a interrogé sur une manifestation le 30 juin 2002 pour la fermeture de la décharge d’ordures de Marseille à Saint-Martin de Crau, qui pollue la nappe phréatique. J’ai répondu que je n’étais pas présent à cette manifestation et que je n’avais pas participé à sa préparation pratique. Elle m’a demandé des précisions sur les objectifs de Recyclons 13, et je lui ai répondu volontiers qu’il s’agissait d’œuvrer pour le traitement écologique des déchets. Elle m’a demandé les noms des responsables de Recyclons 13 et je lui ai répondu que, Recyclons 13 étant un collectif informel d’associations, les responsables étaient ceux de chaque association. Ces renseignements sont d’ailleurs facilement accessibles sur les sites internet des associations. Petit détail : comme j’avais dans mon sac des billets de train avec réduction « enfant + » pour La Redonne, que j’utilise pour aller à la plage en famille, elle m’a demandé si j’utilisais ce train pour aller jusqu’à Saint-Martin de Crau.
Je tiens à remercier les dizaines et dizaines de personnes de Marseille et des alentours, participant aux associations et mouvements sociaux, parfois élus locaux, qui ont immédiatement témoigné de leur indignation et de leur solidarité. Beaucoup, connaissant mes activités qui sont publiques et non-violentes, avaient compris dès la nouvelle de ma garde à vue qu’il ne pouvait s’agir que d’une interpellation arbitraire.

DU RISQUE DE MILITER - LETTRE À LA PRÉFECTURE
Si vous êtes militant(e) dans une association et êtes en contact avec des services publics, voici un modèle de lettre dont vous pouvez vous inspirer, pour adresser la vôtre à vos interlocuteurs habituels.
« Madame,
Je suis inquiet pour ma sécurité en tant que militant pour une gestion écologique des déchets, membre d’une association contre les OGM, et membre de l’association X.
En effet il semble qu’actuellement, les arrestations de ce type d’individu se multiplient.
Pourriez vous me signaler s’il est préférable pour moi d’arrêter ce genre d’activité, qualifiable de subversive, alors qu’en tant que responsable d’entreprise individuelle, je pourrais ne pas m’en relever (il n’y a pas d’assurance contre les exactions de l’État pour les entrepreneurs).
Veuillez prendre connaissance du compte rendu d’arrestation ci joint pour vous convaincre que je n’affabule pas. »
(PJ : article ci-dessus)

UN ÉTÉ DE PLUS EN PLUS CHAUD
« Dans la nuit du 27 au 28 juin à Rouen, les intermittents présents au Festival Vivacité, soucieux de se faire entendre sur les lieux de l’armada 2003, ont décidé de faire un sitting pacifique sur le pont Guillaume le conquérant à Rouen.
C’est une charge de CRS qui est venu répondre à nos questions. Des gaz lacrymogènes puissants ont été utilisés contre les intermittents, touchant violemment le public présent pour le feu d’artifice.
Natalie Boitaud, jeune comédienne de 24 ans et organisatrice avec la Compagnie Bernard Lubat, du festival "UZESTE MUSICAL" a eu les dents de devant fracassées par un coup de bouclier volontaire et raciste (elle est d’origine algérienne) de la part d’un CRS. La police appelle cela une charge passive et dit, je cite : " les bougnouls, on leur touche un cheveu et ils ont un article dans la presse. "
Six intermittents, dont je faisais partie, ont été interpellés et mis au cachot dans des conditions dignes de la gestapo : Menotage sadique et resserrage régulier des menottes pour faire très mal. Coups de pieds aux parties alors que j’étais menotté au dos et maintenu au sol un genou policier sur la gorge.

Transport dans le camion de la police, menotté à plat ventre sur le plancher, à subir des coups, des insultes et des coups de frein de la part du chauffeur pour me projeter contre la paroi avant du camion.
Déshabillage COMPLET et fouille au corps dans les couloirs du commissariat de Rouen.
Mise au cachot à l’isolement complet, sans eau, sans couverture, sans chaussures, du vomi sec sur les murs, des traces d’urine au sol. Les murs, le lit sont en béton.
Les tortures sont physiques et psychologiques...
Promesse de sortie contre des aveux complets. Nombreux faux témoignages des policiers présents. Menace de mort, répétée, à mon encontre (sur les lieux de l’interpellation et dans le commissariat) par un des policiers impliqués dans les actions violentes.
Plusieurs heures d’attentes pour accéder aux toilettes.
J’ai dû faire mes gros besoins du matin la porte des toilettes ouverte sur le couloir alors que ces portes sont prévues pour être fermées de l’extérieur sous le contrôle des agents présents.
Un certificat médical me concernant, fait par SOS médecin sur le lieu de détention à l’issu de la garde-à-vue, a conclu à une incapacité de travail de trois jours. 21 heures de détention dans ces conditions barbares permettent à la police de faire avouer n’importe quoi à n’importe qui. Ces faits rapportés ne sont ni déformés ni amplifiés... c’est une triste réalité.
Ah !!!, j’oubliais, c’étais le jour de mon anniversaire... bon anniversaire goobi. »
Goobi est convoqué le 24 juillet pour une composition pénale au tribunal de Rouen
Est-ce que quelqu’un connaît un avocat qui pourrait l’aider, merci.
Contact Goobi : 06 12 05 77 72
J’ai joint au téléphone l’intéressé qui m’a confirmé ce message et réaffirmé sa volonté d’informer les gens des traitements abjects dont il a été la victime.
J’ai écris au Canard Enchaîné qui m’a répondu qu’ils allaient prendre contact avec la personne en question, donc affaire à suivre...
Pourquoi je diffuse ce message ? S’il ne parle pas de lui même, pour vous tenir informé des brutalités et de l’horreur de cet état policier dans lequel nous vivons sans, pour la plupart d’entre nous, en avoir conscience !!
La victime m’a autorisée à le diffuser et je vous demande, par solidarité et si vous vous sentez concerné de le faire circuler, d’en parler ou de tenter des actions pour faire passer cette information inacceptable. Merci de m’avoir lue...
Laure... Monteuse en grève...écoeurée, révoltée et encore plus déterminée.

DES PAYSANS EN GARDE À VUE
POUR AVOIR NEUTRALISÉ DU MAÏS GÉNÉTIQUEMENT MODIFIÉ

Communiqué de la Confédération paysanne - 23.07.2003
Une action de neutralisation d’un champ de mais transgénique a été menée hier soir à Guyancourt (Yvelines), par environ cinquante militants de diverses organisations (OGM danger, MRJC, les Verts, Confédération paysanne, ATTAC, Action consommation), avec les soutien d’élu(e)s, dont Hélène Flautre, députée européenne. Cet essai concernait l’étude de variétés nouvelles dans le cadre des épreuves d’inscription au catalogue officiel. La neutralisation a consisté en la castration des plants de maïs concernés. Les fleurs ont été regroupées dans des sacs poubelles et conduites devant la mairie de Bagnolet, en vue de leur incinération.
Neuf militants de la Confédération paysanne ont été interpellés suite à cette action et sept sont toujours en garde à vue à cette heure (9h30) au S.R.P. J. de Versailles*.
Chaque jour, les arguments et témoignages scientifiques, économiques, sociaux et politiques s’accumulent pour dénoncer les dangers des OGM en agriculture. 600 personnels de la recherche publique française ont déjà signé (le texte est en cours de signature) une interpellation du Président de la République, dans laquelle ils rappellent : « Les incertitudes sur l’irréversibilité de la diffusion des OGM et de ses conséquences s’accroissent de jour en jour, dès lors qu’on veut bien les considérer. N’est-ce pas une justification donnée par les actions collectives (…) sur les orientations des programmes de la recherche publique et de ses partenariats industriels ? »
Or, la réponse aux questions posées par les enjeux des OGM en agriculture sont, pour l’instant, la poursuite des essais en plein champs, l’octroi de nouvelles autorisations d’essais et la menace de la levée du moratoire européen. Cette levée du moratoire serait alors la réponse à la poursuite, par Georges Bush et son administration, de l’Union européenne devant l’OMC pour entrave aux libres circulations et cultures des OGM !
Hier, cela faisait un mois que José Bové, porte-parole de la Confédération paysanne, est en prison, pour avoir participé à 2 actions de neutralisation, parmi celles qui ont permis l’information et un début de débat public ayant conduit au moratoire européen. Au constat de la répression caricaturale qui s’abat sur les opposants aux OGM, il se confirme que cette opposition porte de graves préjudices commerciaux et financiers aux firmes semencières et phyto-sanitaires. La détermination à poursuivre cette résistance ne peut en être que plus grande.
* Nicolas Duntze, Hubert Caron, Geneviève Savigny, René Louail, Léo Mertens, Pierre Machefert, Dominique Macé

TRANSPORT EN BUS POUR LE LARZAC - DU 8 AU 10 AOÛT
ATTAC Comités locaux Ïle de France et La Confédération paysanne
Nous vous informons que des départs de bus sont organisés depuis Paris pour le rassemblement du Larzac les 8, 9 et 10 août.
Pour l’instant, nous proposons deux dates :
- Départ le jeudi 7 août dans la soirée et retour lundi matin (départ du Larzac le dimanche soir) et
- Départ le vendredi 8 août dans la soirée et retour lundi matin (départ du Larzac le dimanche soir)
(dans les deux cas, les trajets se font de nuit (sièges inclinables) et les participants doivent prévoir leur tente pour la ou les nuits sur place)
Le prix du voyage aller/retour est de 50/60 euros par personne (sous réserve).
Nous pensons à un départ de la gare routière de Denfert Rochereau.
Merci de faire circuler cette information et d’inciter les personnes intéressées à ne pas attendre le dernier moment, ce qui poserait des problèmes de logistique importants.
Pour s’inscrire et s’informer :
Alan Le Ruyet (Attac Paris XI) buslarzacidf@no-log.org ou tél : 06 30 10 41 52 (de préférence par mèl)
Amicalement,
Dominique Macé, Animateur Confédération paysanne
Alan Le Ruyet, ATTAC Paris XI
NB : Toutes les informations sur le rassemblement du Larzac sur www.larzac2003.org

 

VOS RENDEZ-VOUS AVEC ACTION CONSOMMATION

PERMANENCE
À partir de septembre, une permanence mensuelle accueillera toute personne intéressée par l’association, que vous soyez ou non adhérent(e). Prochain rendez-vous : jeudi 4 septembre.
Le lieu sera confirmé ultérieurement.
Pour être tenu(e) au courant, écrivez-nous : info@actionconsommation.org

RENCONTRES-DÉBATS
À partir d’octobre, vous pourrez participer à nos rencontres-débats (trimestrielles).
Prochain rendez-vous : jeudi 2 octobre, sur le thème :
« Quelle distribution pour la consommation responsable ? »
Pour vous inscrire et être tenu(e) au courant, écrivez-nous : info@actionconsommation.org

FORUM
Participez dès maintenant au forum internet sur le thème « Commerce équitable et distribution » :
www.actionconsommation.org/publication/article.php3 ?id_article=145

RENCONTREZ-NOUS AILLEURS …
 8 - 10 août 2003 - Millau
Rassemblement contre la marchandisation du monde et l’OMC www.larzac2003.org
 24 août 2003 - Arles
Université d’été d’Attac "Contre la mondialisation libérale, résister et construire"
Retrouvez Action Consommation pour un atelier :
"Luttes et campagnes contre la marchandisation de l’école"
www.actionconsommation.org/publication/article.php3 ?id_article=153
 12 - 15 novembre 2003 - Paris et Île-de-France
Forum Social Européen www.fse-esf.org/rubrique.php3 ?id_rubrique=3

Pour vous abonner au bulletin d’information (c’est gratuit) :
bulletins-subscribe@actionconsommation.org

Pour adhérer à l’association et rester informé(e) (1 message / jour en moyenne) :
(Nous avons besoin de votre soutien, que ce soit sur le plan moral, représentatif ou financier !)
www.actionconsommation.org/publication/ac-adhesion.html

Pour soutenir notre action et participer : Rejoignez-nous !
www.actionconsommation.org/publication/article.php3 ?id_article=66

Agenda en ligne :
www.actionconsommation.org/publication/rubrique.php3 ?id_rubrique=74

Bien cordialement.
Véronique Gallais, pour Action Consommation


 
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