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  jeudi 17 mai 2012 
Rendez-vous Action Consommation prochainement à Paris


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Tourisme

Comprendre

Pendant longtemps, le tourisme est resté principalement axé sur les déplacements Nord-Nord, les pays industrialisés étant à la fois les premiers « émetteurs » et les premiers « récepteurs ». Aujourd’hui, bien qu’en forte croissance, le tourisme Nord-Sud reste minoritaire (moins de 20%), mais des pays du Sud se sont largement, et souvent trop rapidement, ouverts au tourisme de masse. C’est là que sont concentrées les conséquences sociales et environnementales les plus graves, sans nier les impacts sociaux et environnementaux du développement incontrôlé du tourisme de masse dans les pays occidentaux : bétonnage des côtes, diminution et dégradation des espaces naturels et de la biodiversité, mauvaise intégration dans l’économie locale et le développement territorial, conditions de travail dans les sites touristiques et lieux d’accueil...

Économie(s) du tourisme
Dans les régions du Sud notamment, les revenus du tourisme paraissent importants pour les pays d’accueil et semblent représenter une opportunité de développement. Pourtant, l’essentiel des flux financiers est capté par les intermédiaires, les compagnies aériennes et les chaînes internationales.
Par ailleurs, l’accueil de touristes nécessite de lourds investissements (infrastructures, aéroports, constructions hôtelières) qui conduisent le pays à s’endetter, au détriment des populations locales.
Dans certains pays, les terres agricoles sont sacrifiées pour la construction des aménagements touristiques, au détriment de l’agriculture vivrière des populations locales. On importe des matériaux et produits étrangers sans utiliser les ressources locales.
Les emplois créés sont généralement précaires et nuisent parfois à un vrai processus de développement.
Dans certaines régions, le patrimoine naturel ou archéologique fait l’objet d’un véritable pillage. Les pays du sud sont souvent économiquement trop dépendants du tourisme.

Le bonheur des uns pour le malheur des autres ?
Les prix "cassés" proposés par les tour-opérateurs contribuent bien souvent à l’exploitation des travailleurs locaux et des enfants tandis que se développent la prostitution, la mendicité.
Pour les implantations d’hôtels ou de clubs de vacances, certaines populations sont déplacées arbitrairement, et parfois contraintes au travail forcé.
D’autres sont soumises à une forme de voyeurisme, par la folklorisation de leurs coutumes.
Les dictatures captent des ressources importantes du tourisme sans retombées pour les populations locales. Dans les « narco-dictatures », les devises des occidentaux viennent alimenter les circuits de blanchiment de l’argent de la drogue.
Ainsi, le tourisme peut provoquer très directement ou accélérer considérablement des bouleversements d’identité culturelle et la destruction des sociétés traditionnelles.

Quel environnement après la saison touristique ?
Le mode de consommation des touristes (piscines, air climatisé, marine land ...) conduit souvent à détourner les ressources naturelles (eau et électricité) au détriments des habitants. Par exemple, la consommation annuelle d’un hôtel au Caire équivaut à celle de 3600 foyers égyptiens ! Un cours de golf dans un pays tropical engloutit 1.5 tonne de fertilisants par an et utilise autant d’eau que 60 000 habitants. Un paquebot de croisière laisse comme souvenir 7000 tonnes de déchets par an.

Les coraux proches du littoral disparaissent fréquemment à cause de la création de plages de sable fin pour les hôtels.
Les plus beaux panoramas sont détruits par des barres de béton et les écosystèmes sont bouleversés par une fréquentation trop massive.
Au fil des ans, les destinations les plus préservées sont à leur tour envahies et détruites.

Sans parler des pollutions dues aux transports : en 2015, on prévoit que la moitié de la destruction de la couche d’ozone sera causée par les transports aériens !

 

Mais le tourisme est aussi un moyen de rencontrer l’autre (et souvent aussi une recherche de soi-même), de découvrir d’autres paysages, d’autres modes de vie, d’autres civilisations, en un mot : de s’ouvrir au monde.
A nous donc de trouver d’autres façons de voyager !

POUR EN SAVOIR PLUS :

  • Le Tourisme et Johannesburg
  • Tourisme de masse et développement local : le cas de la palmeraie de Tozeur dans le sud tunisien
  • Tourisme : histoire de consommation, histoire de dominations ?
  • Le tourisme peut-il être un élément de développement durable ?
  • Le tourisme contre la solidarité ?
  • L’agro-tourisme communautaire au Costa Rica, une alternative culturelle à l’écotourisme ?

    Voir aussi notre rubrique BIBLIO


  • Mise à jour le 13 juillet 2002

     
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