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  samedi 31 juillet 2010 
Rendez-vous Action Consommation mercredi 23 juin


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Réduire nos déchets

Comprendre

Plaquette « Réduire nos déchets, une urgence écologique ! » (pdf)

De l’homo erectus à « l’homo détritus » ?

Lorsqu’on leur enseignera les grandes étapes de l’évolution humaine, nos lointains descendants entendront peut-être parler d’une nouvelle race apparue en Occident au lendemain de la seconde guerre mondiale : « l’homo détritus »
Alors que pendant des dizaines de milliers d’années l’homo sapiens sapiens n’employait que des matériaux nobles qu’il réutilisait indéfiniment (la pierre, le métal, le verre, le bois’), son descendant moderne, quant à lui, s’est mis à fabriquer en grandes quantités toutes sortes de matériaux et de produits - pour la plupart dérivés du pétrole - plus ou moins dégradables, réutilisables, recyclables, durables, réparables ( ?).

Sous l’effet conjugué d’une démographie galopante et d’un système économique incitant à consommer et à emballer toujours plus, ce sont des montagnes de déchets qui se sont mis progressivement à encombrer et à polluer notre belle planète. Serions-nous devenus « homo détritus » ?

En France par exemple, chaque ménage produit en moyenne 500 kg de déchets par an, dont 150 kg rien que pour les emballages. Trois fois plus qu’il y a 25 ans. Et nos déchets ne cessent d’augmenter en volume et en poids (1 à 2% par an) en dépit d’une loi de 1992 qui avait pour objectif une meilleure gestion des déchets et de leur impact sur l’environnement. Et ne sont pas mentionnés ici les déchets industriels, générés par la production des objets que nous achetons.

Malgré une politique volontariste d’incitation au recyclage et à la valorisation, seulement 12% de nos déchets sont véritablement recyclés alors que l’on pourrait facilement atteindre 30%. Et la seule façon de se débarrasser des déchets non recyclés est de les stocker dans des centres d’enfouissement ou de les brûler. Or, au rythme actuel de croissance des déchets, la plupart des unités de stockage actuelles seront saturées d’ici 4 à 5 ans (quand on sait qu’il faut 8 à 10 ans pour en construire une’) Tandis que les incinérateurs existants ne sont pas assez nombreux pour traiter les quantités prévisibles pour les prochaines années. Personne ne souhaitant ces installations à côté de chez soi, où les implanterons-nous ?

Les fausses bonnes solutions :

Faut-il multiplier le nombre d’incinérateurs ?

Lors de l’incinération, les déchets dégagent des fumées, riches en oxydes d’azote et contenant dioxines, furanes et autres substances toxiques, tandis que 30% de la quantité de déchets initiale (les mâchefers) trouve difficilement des débouchés acceptables et que 3 à 5% (résidus d’épuration des fumées, filtres) terminent leur vie en centre d’enfouissement technique de classe 1, très coûteux. De plus, outre l’importance des investissements mobilisée au détriment d’autres solutions, certains incinérateurs doivent tourner nuit et jour à plein régime pour fonctionner correctement et être rentables. Cela pousse à incinérer des tonnes de produits qui pourraient être recyclés. [1]

Faut-il multiplier les décharges ?

Les déchets non brûlés et les mâchefers issus de l’incinération (susceptibles de contenir des dioxines) sont stockés par enfouissement, mode de traitement largement utilisé en Europe du Nord. En théorie, le bio-gaz issu de la décomposition des déchets organiques est soit brûlé sur place pour faire de l’électricité, soit purifié pour en extraire le méthane et qui peut alors être injecté dans le réseau de gaz naturel. De même, les infiltrations d’eaux de pluie à travers la couche de déchets, qui produisent un liquide chargé de polluants organiques, minéraux et métalliques (le lixiviat), sont censées être récupérées et traitées. En pratique, l’étanchéité n’est pas toujours bonne, et l’on a déjà vu des nappes phréatiques et des eaux de surface polluées par les lixiviats. Le respect des réglementations et la transparence de l’exploitation des sites (fonctionnement démocratique des CLIS) suffisent-ils à maîtriser la pollution et à assurer l’information des riverains ? On peut l’espérer sur le court et le moyen terme. Mais qu’en sera-t-il à long terme ?

Voulons-nous transmettre à nos descendants des stocks de déchets qui empoisonneront leur air, leur terre et leur eau pendant des siècles ? Il est à craindre que le jugement de nos lointains descendants sur « l’homo détritus » ne soient alors bien sévères.

 

La meilleure des solutions : réduire le volume et la toxicité de nos déchets

Que nos déchets soient brûlés dans des incinérateurs ou stockés dans des décharges, leur volume et leur toxicité ont des conséquences sur notre santé (substances toxiques dans l’air, les sols et l’eau que nous absorbons directement ou indirectement, via les végétaux et animaux que nous mangeons, retombées des fumées d’incinérateurs, etc.) Sans compter l’incidence sur notre porte-monnaie (coût de la surconsommation, de la collecte des déchets, de leur retraitement, etc.)

Parmi les solutions que nous connaissons le mieux, le recyclage ou le réemploi sont essentiels pour réduire / retarder la production de déchets ultimes. Pour autant, elles ne sont pas totalement satisfaisantes.

Il est donc indispensable de réduire le volume et la toxicité de nos déchets en général. Cela est vital, pour la planète, pour l’humanité et pour chacun-e d’entre nous. L’approche des « 3 R » (réduire, réemployer, recycler) peut nous aider à mieux comprendre.

Chez nous, on s'est très bien adaptés aux tris !

1- RECYCLAGE

Trier pour RECYCLER, VALORISER

Trier ses déchets pour les recycler individuellement (compost) ou collectivement (collecte et déchetteries) permet de valoriser les matières en les utilisant pour la fabrication de nouveaux objets, et d’économiser ainsi de nouvelles ressources. Les activités de recyclage signifient également des emplois.
Cependant, le recyclage génère aussi des pollutions et contribue à l’effet de serre, par la consommation d’énergie pour le transport et la transformation des matières. Il peut générer des émanations toxiques (incinérateurs). Cela reste donc polluant et l’on ne peut pas recycler à l’infini. C’est par ailleurs devenu une activité très lucrative pour certaines entreprises, qui, dans leur communication, valorisent leur activité en donnant l’impression que le recyclage neutralise la consommation. D’autres vantent les qualités environnementales de leurs produits et modes de production, tout en nous incitant à acheter toujours plus, toujours plus neuf, toujours plus moderne, toujours moins cher.
Le coût de la collecte sélective est élevé pour les contribuables, avec une efficacité quelquefois douteuse. Les métiers liés à ces activités sont ingrats, voire dangereux pour la santé, notamment lorsque des déchets toxiques (matériels informatiques par exemple) sont exportés dans des pays moins « développés », aux législations sociales et environnementales plus laxistes.

2- RÉEMPLOI

Conserver, réparer, échanger, donner pour RÉEMPLOYER, RÉUTILISER, RECUPÉRER Trouver un nouvel emploi aux objets diminue bien entendu également la production de déchets ultimes, permet une économie de ressources (matières, énergie) et contourne les « effets pervers » du recyclage. Il peut donner lieu à des actions de solidarité, génère du lien social dans les dispositifs d’échange (SEL, troc, brocantes). Il permet la création d’emplois dans des entreprises d’insertion notamment, et aux artistes (affirmés ou improvisés !) d’exprimer leur créativité dans l’ « art de la récup ».
C’est cependant aussi une activité très lucrative pour les professionnels du troc et de la vente de produits d’occasion. Dans le cas de l’exportation vers des pays moins « développés », le don ou la vente d’objets usagés (par exemple la « fripe » en Afrique) peut avoir un effet très déstabilisant pour la production locale.

3- RÉDUCTION

Acheter, consommer moins et mieux pour RÉDUIRE volume et toxicité des déchets

« Parce que le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas... »

Le prévention la plus radicale à la production de déchets et à leur toxicité est la diminution des objets à acquérir et le choix judicieux au moment de l’achat. Il s’agit de s’interroger sur la toxicité de l’objet à acquérir sur l’ensemble de son « cycle de vie », depuis les matières premières utilisées, les ressources, l’énergie utilisées lors de production et les déchets générés à cette occasion, jusqu’à sa recyclabilité en fin de vie. Il s’agit aussi de privilégier les produits plus durables, susceptibles d’être utilisables plus longtemps. Enfin, le consommateur arbitrera sur le degré de nécessité de l’objet à acquérir, sur la possibilité de remplacer, substituer, renoncer, chasser le superflu (même s’il n’est tout de même pas interdit de se faire plaisir !).
Cette approche engage une réflexion plus profonde sur nos modes de vie et la « société de consommation » dans laquelle nous baignons. Il s’agit aussi de s’interroger sur les phénomènes de mode qui s’accélèrent toujours davantage, l’influence du marketing et de la publicité qui nous incitent à acheter toujours plus, l’obsolescence organisée des produits développés et commercialisés (notamment celle des produits de haute technologie qui, alliée à la publicité et aux phénomènes de mode, incitent à remplacer un modèle en parfait état de fonctionnement par le dernier cri technologique : portables, ordinateurs, etc.), l’envahissement des produits jetables, la mise sur le marché de produits fabriqués en masse et à faible coût, impossibles à réparer soi-même ou dont la réparation coûterait plus cher que le produit lui-même (tout semble fait pour qu’ils tombent en panne assez rapidement !), les modes de distribution industriels qui induisent des emballages souvent disproportionnés, la surabondance matérielle qui nous entoure (jusqu’à nous engloutir dans un questionnement irrésolu entre l’AVOIR et l’ÊTRE...) Par ailleurs, les inégalités d’accès qui se creusent toujours davantage et les injonctions contradictoires auxquelles nous sommes soumis : invitation à l’éco-consommation d’un côté, devoir de consommation de l’autre, comme moteur de l’économie et baromètre du « moral des ménages »’ (Le consommateur serait schizophrène, nous dit-on. Faut-il s’en étonner ?)

Écologie, emploi, développement, croissance / décroissance : le débat est loin d’être clos.
Bref, tout un système de valeurs et d’organisation, intimement lié aux modes de consommation, de production, de distribution !

Consommer autrement - urgent

Pour en savoir plus
sur les pollutions occasionnées par l’incinération ou la mise en décharge et la lutte pour la réduction de la toxicité et de la quantité des déchets, on pourra consulter le site du CNIDD (Centre National d’Information Indépendante sur les Déchets)

Plaquette « Réduire nos déchets, une urgence écologique ! » (pdf)


[1] Voir aussi le dossier du CNIID "Questions/Réponses sur l’incinération des déchets"

Mise à jour le 9 octobre 2006

 
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