CONTRE LE CPE
Ci-dessous la déclaration commune des organisations syndicales de salariés, étudiantes et lycéennes, puis les communiqués de différentes organisations à propos du CPE :
UNEF, FCPE, CGT, FO, UNSA, SOLIDAIRES, CFDT
DECLARATION COMMUNE
APPEL A DES MANIFESTATIONS LE 18 MARS
« Les manifestations du 7 mars, marquées par un très grand succès, constituent une montée en puissance dans la mobilisation et les actions engagées tant chez les salariés que chez les étudiants et les lycéens pour le retrait du CPE. À ce jour, le gouvernement s’obstine.
Les organisations syndicales de salariés, étudiantes et lycéennes (1) unanimes, réunies ce jour, lui répondent avec force en décidant d’une nouvelle étape de mobilisation qui sera – que le gouvernement n’en doute pas – encore plus forte que la précédente. Les organisations syndicales de salariés, étudiantes et lycéennes réaffirment leur volonté d’obtenir le retrait du CPE porteur de précarité, discriminatoire pour la jeunesse et donc pénalisant pour l’avenir de la société. Les organisations syndicales de salariés, étudiantes et lycéennes appellent les salariés et les jeunes à s’engager plus fortement encore dans la bataille contre le CPE. Elles appellent à réussir la journée de mobilisation du 16 mars décidée à l’initiative des étudiants et lycéens et à une nouvelle journée d’action nationale le samedi 18 mars se traduisant par des manifestations dans toute la France. Les signataires de cet appel restent en contact permanent et se retrouveront le 18 mars au soir pour examiner la situation. »
(1) CFDT, CGT, FO, CFTC, CGC, FSU, Unsa, Solidaires, Unef, Confédération étudiante, Union nationale lycéenne (UNL), Fédération indépendante et démocratique lycéenne (Fidl).
Déclaration des organisations étudiantes et lycéennes et des organisations syndicales de salariés réunies au siège de la CFDT le 9 mars 2006.
1. COMMUNIQUE DE L’UNEF
(via liste de diffusion de la FSU, 14 mars 2006)
50 universités en grève : en refusant de retirer le CPE, le Premier Ministre amplifie la contestation
Loin de répondre aux attentes des étudiants, l’intervention de Dominique de Villepin n’a fait qu’attiser la colère et la détermination des jeunes mobilisés.
5 nouvelles universités se sont mises en grève. De plus, la mobilisation s’étend à de nombreux établissements (Instituts d’Etudes Politiques, IUT, écoles d’Architecture…).
Les nouvelles universités ayant voté la grève depuis sont les universités d’Aix Marseille 3, de Bordeaux 3, de Grenoble 1, de Rennes 1 et de Paris 11.
L’UNEF recense aujourd’hui 63 établissements mobilisés.
50 universités sont aujourd’hui en grève. 40 d’entre elles sont partiellement ou totalement bloquées.
L’UNEF se félicite également que par la voix de leur conseil d’administration ou de leur président, plus 10 universités (Nanterre, Nantes, Toulouse II, Lille 1, Havre, Poitiers, Montpellier 3, Paris 1, Paris 13, Tours, Rouen, Reims et Strasbourg 2) aient demandé au premier ministre de faire un geste en direction des jeunes mobilisés en suspendant ou en retirant le CPE.
Face à cette extension de la mobilisation, l’UNEF appelle de nouveau le premier ministre à écouter les voix chaque jour un peu plus nombreuses qui se font entendre et à retirer le Contrat Première Embauche.
Ce lundi marque donc la poursuite de la mobilisation partout en France.
Dès demain, dans de nombreuses villes, des actions sont prévues et les jeunes préparent la manifestation nationale du 16 mars.
L’UNEF appelle les étudiants à intensifier la mobilisation, notamment par les votes massifs de la grève lors des assemblées générales démocratiques, dans un état d’esprit totalement pacifique.
Pour vous désincrire de la liste ee info fsu, écrivez à laurent.zappi@fsu.fr
Vous pouvez consulter le site www.eefsu.sgdg.org ou pour la revue www.ecoleemancipee.org
2. CPE, les parents aux côtés des jeunes - 13 mars 2006
Nous invitons les parents à participer nombreux et à être présents dans le service d’ordre les 14 et 16 mars afin d’éviter les débordements et les provocations visant à discréditer le mouvement.
La FCPE appelle les parents à manifester avec les lycéens et les étudiants contre le CPE.
Le gouvernement reste sourd à la demande de retrait du CPE qui s’est exprimée le 7 mars dans tout le pays et utilise la force et la violence contre la jeunesse. Il prend ainsi le risque d’exacerber les tensions. Il doit comprendre que les jeunes ne peuvent accepter d’être considérés comme des « salariés kleenex » après avoir travaillé dur pour obtenir des diplômes pas plus que leurs parents qui ont investi financièrement pour les études de leurs enfants.
Pourquoi cet acharnement ? Nous doutons que les vrais objectifs soient l’intérêt de la jeunesse.
Les 14, 16 mars et 18 mars, par une mobilisation massive, nous dirons à Villepin et Sarkozy notre refus de ce contrat de précarité qui touche de plein fouet tous les jeunes qui entrent sur le marché de l’emploi et notre attachement au droit d’expression des lycéens et des étudiants, à leur droit de contester et d’agir quand ils craignent pour leur avenir.
Nous invitons les parents à participer nombreux et à être présents dans le service d’ordre les 14 et 16 mars afin d’éviter les débordements et les provocations visant à discréditer le mouvement, que l’on a connus dans un passé récent.
3. CGT (13 mars)
Déclaration de la Cgt
La puissance de la mobilisation, sa montée croissante, les convergences réalisées entre jeunes et salariés, ont contraint le Premier ministre à s’exprimer sur TF1 le 12 mars.
Ce qu’exigent étudiants, lycéens, salariés, tous syndicats unis, et une grande majorité de la population, c’est l’abandon pur et simple d’une mesure qui institue la possibilité pour les employeurs de licencier les salariés sans avoir à en préciser le motif.
Le Premier ministre ne répond pas à ces exigences. Il tente seulement de les contourner en annonçant de pseudo garanties qui visent plus à accompagner le chômage qu’à stabiliser l’emploi.
Dans la continuité de sa méthode à la hussarde, le Premier ministre a affirmé le 12 mars que le "dispositif sera appliqué". Il dit vouloir engager des négociations mais seulement pour accompagner son CPE.
Il dit souhaiter dialoguer sur la précarité du travail dans le même temps où il institue unilatéralement une mesure d’extension de la précarité. Il prétend être à l’écoute mais envoie les forces de police contre les jeunes.
Pour la Cgt, le retrait du CPE n’est pas négociable. Le gouvernement doit annoncer celui-ci sans délai faute de créer de nouvelles et importantes mobilisations dans tout le pays.
La Cgt met tout en oeuvre pour réussir les manifestations décidées pour cette semaine : le 16 mars à l’initiative des étudiants et lycéens et le 18 mars avec l’ensemble des organisations syndicales, étudiantes, lycéennes et de salariés.
Tous ensemble, jeunes et familles, salariés, retraités et chômeurs, nous obtiendrons le retrait du CPE, du CNE et plus généralement une grande négociation sociale pour faire reculer la précarité du travail
et obtenir une sécurité sociale professionnelle.
4. FO (12 mars)
Autant Force Ouvrière est disposée à discuter et négocier sur les questions relatives à l’emploi des jeunes, qu’elles concernent la formation, la précarité … autant cela ne peut se faire qu’une fois le CPE retiré.
Or, en réaffirmant que la loi créant le CPE serait appliquée, le Premier Ministre s’enferme dans l’entêtement et se révèle en la matière meilleur pyromane que pompier.
Pour FO, pouvoir licencier sans motif, à tout moment pendant deux ans, un salarié est inacceptable. C’est ajouter le mépris à la précarité.
FO ajoute que le CPE est lui-même une extension du CNE, avant même l’évaluation préalable d’impact qu’avait annoncée le Premier Ministre, et qui, avec le Contrat Dernière Embauche tend à prendre en étau le CDI qui se trouve ainsi menacé.
FO appelle en conséquence à renforcer les mobilisations, dès celle du 16 mars arrêtée entre les syndicats de salariés et d’étudiants et lycéens.
5. UNSA (13 mars)
Déclaration d’Alain Olive, Secrétaire général de l’UNSA
CPE : trop peu, trop tard
Depuis 2002, les gouvernements en place ont une conviction profonde : pour faire baisser le chômage, il faut en priorité rendre le contrat le travail plus « flexible ». On tente par là d’avaliser cette idée qu’il suffirait d’enlever les garanties qui entourent le contrat de travail pour améliorer l’emploi et faire baisser le chômage.
Ce raisonnement se fonde sur le paradoxe suivant : plus les employeurs pourront licencier facilement, plus il embaucheront.
Ce fut hier le CNE pour les entreprises de moins de vingt salariés, c’est aujourd’hui le CPE pour tous les jeunes de moins de vingt six ans.
L’UNSA n’a jamais partagé cette thèse. Pour nous, la baisse du chômage viendra d’abord de la croissance. Or celle de notre pays, qui a été de 1,4% du PIB en 2005, est notoirement insuffisante pour créer des emplois.
Sourd à nos arguments et sans aucune concertation, le gouvernement a mis en place le CNE et le CPE. L’exception française, qui se fonde une fois de plus, sur le degré zéro du dialogue social a produit les effets escomptés : un conflit sur la nature du contrat de travail est en train de se transformer en conflit majeur avec la jeunesse ainsi qu’avec l’ensemble des organisations syndicales. Ce gâchis aurait pu être évité.
Et ce ne sont pas les propositions faites dimanche par le Premier ministre qui changeront quelque chose à l’affaire. Trop peu, trop tard.
Il faut désormais que le Premier ministre fasse preuve de sagesse et, comme l’y invite le communiqué commun publié vendredi 10 mars, retire le CPE et ouvre de nouvelles discussions.
L’UNSA y est prête.
D’ici là, nous appelons toutes nos militantes et tous nos militants à participer massivement aux manifestations qui auront lieu le samedi 18 mars dans toute la France.
6. Solidaires (13 mars)
Face à l’intransigeance du gouvernement, imposons le retrait du CPE.
Depuis plus d’un mois, la mobilisation contre le CPE (Contrat première embauche) ne cesse de grandir. La journée du mardi 7 mars a rassemblé plus d’un million de manifestants dans toute la France. Dans la jeunesse, les actions s’élargissent de jour en jour : lycéens et étudiants se mobilisent contre un avenir fait de précarité que ce gouvernement prétend leur imposer.
Malgré l’ampleur des mobilisations, un rejet majoritaire dans l’opinion publique, l’unanimité des organisations syndicales et une cote de popularité en chute libre, le 1er Ministre persiste : il se refuse à retirer le CPE ! Dans son intervention télévisée de dimanche soir, il a esquivé la question préalable, le retrait du CPE, pour parler de son aménagement et a inventé des mesures d’accompagnement que personne ne lui demande !
Le retrait du CPE, c’est le mot d’ordre central de l’appel de l’ensemble des organisations syndicales, de salariés, d’étudiants et de lycéens, pour une nouvelle étape dans la mobilisation cette semaine qui doit s’articuler autour de deux nouvelles journées :
- Jeudi 16 mars : nouvelle journée de mobilisation des organisations de jeunes avec l’appui des syndicats.
- Samedi 18 mars : appel unitaire intersyndical, salariés, étudiants et lycéens, pour des manifestations dans tout le pays, permettant ainsi un rassemblement encore plus large que le 7 mars dernier. En effet, se battre contre le CPE, c’est se battre contre la précarisation générale de nos vies et cela concerne l’ensemble de la population !
Ces manifestations doivent être encore plus nombreuses que le 7 mars.
Et si cela ne suffit pas, il faudra de nouveaux rendez-vous pour faire comprendre à ce gouvernement que cela ne sert à rien qu’il s’entête !
Le CPE n’est pas une mesure qui vise à réduire le chômage ; c’est une étape supplémentaire dans la précarisation de l’emploi et la mise à mal du contrat de travail.
Le patronat n’en a jamais assez : le CNE, mis en place l’été dernier, concernait les entreprises de moins de 20 salariés ; maintenant, c’est le CPE qui concerne tous les jeunes de moins de 25 ans ; si on les laisse faire, dans quelques semaines, ce sera la mort du CDI : c’est à cela que nous disons non !
Ce que veulent les patrons, ce sont des salariés qui soient dociles, peu payés et mis en concurrence les uns avec les autres !
Le CPE, comme le CNE, c’est tout cela : pouvoir être licencié du jour au lendemain, sans justification ; c’est le retour au patronat de droit divin !
Ils organisent l’insécurité sociale généralisée : nous voulons au contraire des droits collectifs et un droit du travail qui protègent les salariés !
C’est pour cette raison que la bataille contre le CPE nous concerne tous, au delà des générations et des situations professionnelles de chacun et chacune !
Le 18 mars, tous ensemble dans la rue
Manifestations dans toute la France !
le lundi 13 mars 2006
7. Communiqué de la CFDT
Contrat première embauche
Le 18 mars, tous contre le CPE
Les organisations syndicales, lycéennes et étudiantes appellent à poursuivre l’action. Le retrait du CPE est un préalable à toute discussion sur l’emploi des jeunes.
Le Parlement a formellement adopté le contrat première embauche (CPE) le jeudi 9 mars, dans le cadre de la loi sur l’égalité des chances (lire l’article). Pour autant, la mobilisation des organisations étudiantes, lycéennes et syndicales ne faiblit pas. Le jour-même, elles appelaient à une nouvelle journée nationale de manifestations le 18 mars, en plus de la journée d’actions du 16 mars que les organisations étudiantes et lycéennes avaient déjà programmée (lire encadré). Les propos tenus par le Premier ministre sur TF1 le 12 mars – « La loi qui a été votée s’appliquera, elle sera mise en ½uvre » - ne calmera pas les ardeurs, malgré les pseudo-aménagements consentis autour de la mesure. Les réactions de la CFDT, par les voix de François Chérèque (lire les interviews de François Chérèque cette semaine dans la rubrique spéciale) et de Rémi Jouan en particulier, ont été claires : d’abord le retrait du CPE, avant d’envisager des discussions. Les autres organisations sont sur le même registre. « À partir du moment où le Premier ministre reste rigide, refuse de suspendre le CPE et d’entamer enfin une négociation avec les syndicats, nous n’avons pas d’autres solutions que de poursuivre le mouvement engagé », a prévenu François Chérèque dans La Croix (lire l’interview du 9 mars).
La poursuite, justement. Réunies au siège de la confédération CFDT le 9 mars, les organisations se sont félicitées du « très grand succès » des manifestations du 7 (lire l’article). Et ont réaffirmé leur
volonté d’obtenir le retrait du CPE « porteur de précarité, discriminatoire pour la jeunesse et donc pénalisant pour l’avenir de la société ». Pas question d’aménager une mesure qui institutionnalise la précarité, qui permet de licencier sans justification pendant deux ans, plongeant la jeunesse dans l’incertitude, et qui, de plus, ne crée pas d’emplois mais se substitue à l’emploi précaire existant. Les données sur l’application du Contrat nouvelles embauches dans les PME depuis août 2005 le prouvent : plus de 300 000 CNE signés, mais seulement 0,1 % d’emplois en plus au dernier trimestre 2005 selon l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss).
Le mouvement se poursuit donc. Un samedi cette fois-ci, comme l’avait souhaité de longue date la CFDT, afin de favoriser l’expression des salariés du privé, et en particulier des PME où les arrêts de travail sont difficiles. Les autres organisations syndicales se sont ralliées à cette option du samedi, même si FO, comme l’Unef (étudiants), ont indiqué qu’elles « mettraient le paquet » le 16 mars avec les étudiants.
Contesté jusque dans sa propre majorité – des députés UMP appellent au retrait du CPE – et par des présidents d’université, le Premier ministre a tenté de reprendre la main en intervenant le 12 mars à la télévision. Pour proposer que le jeune en CPE soit « accompagné par un référent ». Pour imposer également que le jeune licencié pendant les deux premières années bénéficie d’un complément de rémunération pendant trois mois, en plus de son allocation chômage, s’il suit une formation. Et enfin soumettre le CPE à une évaluation tous les six mois. De minuscules aménagements donc, qui ne changent rien au fond du problème.
Une absence de concertation. Cerise sur le gâteau, après avoir imposé sans concertation un contrat qui précarise davantage les jeunes, il a également appelé à l’ouverture d’un dialogue avec les partenaires sociaux sur le problème de… précarité. Dominique de Villepin a également prétendu avoir « multiplié les contacts avec les partenaires sociaux », sans préciser qu’il n’avait jamais été question avec eux du CPE, ni d’ailleurs du CNE. Enfin, il a feint de déplorer l’absence de « propositions alternatives », alors que la CFDT, lors d’une rencontre avec lui suite aux émeutes des banlieues en novembre dernier, avait avancé des axes de travail pour sécuriser les parcours professionnels des jeunes (lire l’article).
Pour l’heure, la discussion n’est pas de mise tant que le CPE n’est pas retiré. Rémi Jouan l’a rappelé : « Si on doit rencontrer le gouvernement, c’est pour qu’il retire le CPE. Dans ce cas-là, on travaille, mais on travaille sur quelque chose de nouveau. » Le 18 mars, la CFDT doit mobiliser massivement et fournir des cortèges imposants (consulter la liste des manifestations prévues dans toute la France). Pour faire la démonstration qui s’impose : le CPE doit être retiré (1).
(1) Les organisations se réuniront samedi 18 mars, après les manifestations, pour décider des suites à donner au mouvement.
www.cfdt.fr/actualite/emploi/emploi_insertion/emploi_0161.htm