Evolution et avenir de l’éducation populaire
Association RECit – 18 novembre 2005
Un débat sur l’évolution et l’avenir de l’Education Populaire, refaisant le lien avec l’actualité, a eu lieu, vendredi 18 novembre à Paris. Vous trouverez le compte-rendu des interventions ci-après.
L’éducation populaire, née avec le suffrage universel, a évolué tout au cours du XXe siècle de façon contradictoire. Devenue pour partie un auxiliaire des politiques publiques, elle est en crise de la même manière que les services publics du fait de la libéralisation de l’État. Lorsque
l’on évoque et qu’on se revendique des courants de l’éducation populaire, nombreux sont ceux, notamment parmi les jeunes, qui admettent ne pas savoir « à quoi on fait référence ». D’autres pensent que l’on parle d’une époque de l’histoire qui était sans doute pertinente par rapport aux enjeux sociaux du moment mais qui s’est progressivement dissoute dans le temps. En d’autres termes, l’éducation populaire aurait perdu de sa signification voire de son sens. Même les associations qui se revendiquent de ce courant éprouvent parfois des difficultés à définir le champ dans lequel elles inscrivent leurs actions.
Néanmoins, deux concepts clés émergent de l’histoire de l’éducation populaire : « Emancipation » et « changement social ». Ces concepts restent d’actualité dans un monde où les inégalités, les injustices et les ségrégations en tous genres continuent à miner le paysage social. On observe l’émergence de nouvelles formes d’éducation populaire, dans tous les domaines qui concernent la vie des gens.
Depuis 3 ans, le gouvernement remet en cause de façon ouverte, massive et systématique les financements publics à l’éducation populaire comme beaucoup d’autres actions porteuses d’avenir. Cette politique se traduit par des baisses très importantes de subventions, la diminution des mises à disposition de fonctionnaires, la fin des emplois jeunes et le renforcement des conditions imposées pour accorder des aides de plus en plus maigres.
Aujourd’hui, on arrive à un seuil de rupture. De nombreuses associations porteuses d’éducation citoyenne sont aujourd’hui menacées de disparition. On va tout droit à l’écroulement de pans entiers de l’éducation populaire.
Pourtant, les besoins demeurent et s’accroissent : l’éducation populaire est nécessaire pour permettre l’adaptation de chacun à un monde nouveau, participer à la transformation sociale, permettre aux citoyens de comprendre les événements et de se faire leur opinion, renouveler les pratiques de la démocratie, construire la laïcité en permettant à chacun d’être libre, responsable, porteur de lien social, et en conjuguant transformation sociale et transformation personnelle.
______
Trois questions pour le débat
1- Face à la situation actuelle, comment résister et construire ? Quelles actions commune, visible dans les médias, résolue peut-on construire avec les autres secteurs touchés par la politique d’ensemble du gouvernement ? Faut-il envisager des manifestations ?
2- Si la rupture des fonds publics se prolonge, quelles nouvelles formes d’éducation populaire sera-t-il nécessaire d’inventer ? Comment redonner force à l’engagement militant, à l’ancrage local, à des formes d’auto-éducation qui s’appuie sur les capacités d’auto organisation des citoyens et les savoirs de chacun ? Que pouvons-nous apprendre de l’expérience d’autres pays ?
3- Quel nécessaire partenariat avec quelles collectivités, et à quelles conditions ?
Avec les interventions de
* Tom Roberts (STAJ, Service Technique des Activités de Jeunesse)
pour lire le texte de l’intervention "Haro sur les associations" qui tente d’expliquer la situation
* Didier Minot (RECit)
pour lire le texte de l’intervention qui questionne sur les conditions d’un renouveau de l’éducation populaire
Lire la suite (textes, déclarations et retranscription des débats)
Forum
Pour répondre à l'article cliquez ici.
Pour répondre à un des messages ci-dessous, cliquez sur le lien proposé à la fin de chaque message.
Voir tous les messages