Festival « Images Mouvementées »
Festival Images mouvementées
4ème édition
du 27 avril au 1er mai 2006 à Paris
au Grand Parquet
20 bis rue du Département - 75018 Paris
Cinq séances par jour, une nuit du cinéma, des films, des débats, des animations, des rencontres…
Pour consulter le programme
Associant culture et éducation populaire, ce festival propose chaque année depuis 2003 une réflexion collective sur les questions cruciales de ce début de XXIème siècle.
Après avoir abordé, au cours des éditions précédentes, les liens entre développement durable et organisation du travail, puis le thème de la fabrique de l’opinion, et enfin la problématique de l’exclusion, le festival Images Mouvementées consacrera son édition 2006 à la question de la ré-appropriation du politique par les citoyens.
L’hégémonie actuelle du modèle néolibéral et la distance croissante entre les représentants politiques et ceux qui les ont mandatés sont au c½ur du renoncement de beaucoup à s’impliquer dans la vie de la cité.
Pourtant, malgré ce constat pessimiste, des formes multiples d’engagements co-existent, signe d’une revitalisation de la citoyenneté et de la démocratie, indispensable pour redonner à chacun le sentiment d’être acteur de son destin.
Ce quatrième festival propose :
- Une trentaine de films (documentaires et fictions, longs et courts-métrages) traitant de ces questions en France et dans le monde,
- De nombreux débats réunissant des représentants de l’ensemble de la société civile : responsables associatifs, sociologues, historiens, représentants syndicaux et, bien entendu, cinéastes,
- Des rencontres avec les publics scolaires,
- Des moments d’échanges dans une ambiance festive : rencontres avec des réalisateurs, lectures, causeries, musique, expositions…
Depuis sa première édition en 2003, Action Consommation est partenaire du Festival « Images mouvementées ».
THEME : POLITIQUE, L’A-FAIRE DE CHACUN
Réenchanter le politique
Des engagements multiples à l’engagement citoyen
Un quart de siècle après "le tournant libéral", le constat est amer : la dislocation sociale et le désenchantement politique s’entretiennent mutuellement dans une irrésistible spirale. La gravité de cette crise souvent analysée et rarement reconnue pleinement est encore amplifiée par l’absence de perspectives qui permettraient à la plupart des hommes d’espérer un avenir meilleur. Dans ce contexte, la ruse et la force d’une minorité de "bien lotis" l’emportent fatalement sur la crainte et la faiblesse de la majorité des "mal placés". Une part croissante des citoyens est désormais résignée. Le fait que les soubresauts du mouvement social ne parviennent plus à s’incarner dans l’action politique véritable, celle du sens de l’intérêt collectif, explique largement cette dramatique résignation. Cependant, le découragement n’est pas total. Partout, la société bouge dans de multiples démarches de (ré)appropriation des espaces perdus ou à sauvegarder avant qu’il ne soit trop tard.
On connaît les ingrédients du désastre annoncé. Pêle-mêle ils s’entrechoquent : autoritarisme d’un pouvoir illégitime habile à masquer son illégitimité, populismes prompts à récupérer les mécontentements légitimes, intégrismes nourris du terreau de l’inculture consciemment entretenue. On ne peut se résoudre à de telles extrémités. Certains, arguant du principe selon lequel ce qui est légal n’est pas nécessairement moral, choisissent la désobéissance civile. D’autres, optent pour des voies détournées par lesquelles ils espèrent reconstruire l’action politique. D’autres encore inventent de nouvelles pratiques destinées à transformer à terme les structures sociales et politiques par un changement profond des mentalités individuelles et collectives. Sur la toile de fond de la mondialisation où les règles de la finance totalitaire le disputent aux stratégies des firmes planétaires, ses taches d’espoir en un autre monde font pour l’heure pâle figure. Ce sont-elles pourtant qui doivent capter toute notre attention.
Les enjeux conjoints de la réflexion et de l’action à mener devant les dangers à repousser afin de poser les fondements d’une possible (re)construction de valeurs humaines dangereusement malmenées par les postulats aveugles de l’économisme (tout est marchandise) et les affirmations suffisantes de castes autoproclamées (seuls les experts savent et sont donc habilités à indiquer la voie à suivre) doivent être définis sans complexes et sans concessions face aux apôtres de la fuite en avant. Il est impératif de réhabiliter, en tout premier lieu, le statut du politique. Cela passe par la délimitation précise du champ du politique et des relations que celui-ci doit entretenir avec les autres champs de la condition humaine : économique, social, scientifique et culturel. Si ces délimitations sont nécessaires, elles ne suffiront pas à reconstruire l’action politique qui, elle, n’a de sens que dans le creuset social où elle prend racine et puise son énergie.
Le réenchantement du politique, condition d’une maîtrise démocratique du destin des hommes, passe donc inéluctablement par la revitalisation du tissu social. Il faudra régler un problème d’échelle. Les féodalités omnipotentes nées ou renforcées par la mondialisation ultra-libérale (firmes transnationales, institutions supranationales) agissent à une échelle beaucoup plus vaste que celle dans laquelle se situent tout à la fois la dynamique du mouvement social et l’action publique traditionnelle. La résolution de ce problème passe probablement par un double effort ; l’invention de formes étendues de la revendication et des stratégies des acteurs du mouvement social d’une part, le contrôle relatif des agissements des acteurs économiques, financiers et institutionnels de grande dimension d’autre part. Cela signifie une redéfinition de la citoyenneté par la fédération des multiples formes d’engagement déjà à l’½uvre et à construire. Le nouvel engagement citoyen pourra s’appuyer sur les leçons objectives du passé en matière de luttes sociales et politiques mais devra surtout revendiquer la reconnaissance universelle de droits économiques et sociaux sacrifiés aujourd’hui sur l’autel du tout-marché. On appellerait cela le bien commun de l’humanité.
Entre consommation et politique
Nos modes de consommation, en interdépendance avec les modes de production et de distribution, déterminent et reflètent à la fois l’organisation de notre société et l’aménagement de nos territoires. Aussi, la consommation responsable revêt une dimension politique qui dépasse la simple consommation. Il s’agit, bien au-delà du « militantisme du ticket de caisse », de se réapproprier cette dimension politique : en questionnant la centralité de la consommation dans la société et l’enfermement des citoyens dans leur rôle de consommateur, en s’intéressant aux politiques menées en notre nom, qui déterminent ou influencent l’offre et la demande de produits et services, l’organisation du commerce – du local au global – mais aussi les modes de fonctionnement et les décisions des entreprises tout au long des filières : production, distribution, sous-traitants, fournisseurs.
Action Consommation
du 27 avril au 1er mai 2006
au Grand Parquet
20 bis rue du Département - 75018 Paris
Cinq séances par jour, une nuit du cinéma, des films, des débats, des animations, des rencontres….
Pour consulter le programme