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> Espace presse > Articles publiés > juillet/août 2008 - Ortzadar : Gloire au pouvoir d’achat
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juillet/août 2008 - Ortzadar : Gloire au pouvoir d’achat

par France Bonillo et Dolorès Cendoya
Action Consommation Pays Basque
Ortzadar - Alternative Pays Basque
n° 127 - juillet / août 2008

À l’heure où la grande distribution et les lobbies agro-alimentaires orchestrent la production et formatent le consommateur, où l’agriculture industrielle ne démontre pas sa capacité à nourrir le monde mais plutôt à changer les pesticides en hamburgers (la formule est de la Conf’), les nuisances humaines et environnementales qui en résultent démontrent à contrario la nécessité, voire l’urgence, de privilégier le local, la qualité, et les circuits courts de commercialisation.

L’appel à boycott étant illégal, contentons nous de citer Coluche : « il suffirait qu’on arrête de l’acheter [cette merde] pour qu’elle ne se vende plus ! ».

La « petite distribution » ou comment producteurs et consommateurs se réapproprient le marché. À côté du traditionnel marché, en régression ces dernières années, de nouvelles formes de vente directe se développent.

Ces circuits courts de commercialisation sont en général bien adaptés à l’agriculture biologique, aux structures de petite taille et à la production variée.

Les AMAP (associations pour le maintien de l’agriculture paysanne) ont démarré dans les années 60 au Japon par les Teikei, groupements de femmes pour l’achat de lait. Le principe repose sur l’engagement d’un groupe de consommateurs à acheter une saison de production et à accepter que la composition de son panier lui soit imposé en fonction de la saison et des aléas de la production locale. En échange, le paysan garantit ses pratiques. Les distributions groupées se font ensuite chaque semaine, à heure et lieu déterminés et sont des moments de rencontre.

En pleine croissance aussi, les formules de commande directe à la ferme, avec livraison par le producteur comme les paniers paysans.

En région Rhône-Alpes, le réseau Avec a mis en place des magasins de producteurs. Le succès rencontré a permis entre autres de budgétiser un emploi de commerçant pour tenir la boutique. Un tel magasin vient de se créer à St Paul les Dax, à l’initiative des producteurs bio des Landes.

La diversité des formules permet de s’ajuster à des demandes différentes : consommations régulières ou plus ponctuelles, plus partielles.

La production de qualité : l’engagement local des producteurs bio. Eñaut, ou l’exemple d’un parcours individuel du conventionnel au bio.

En 1994, E. Harispuru faisait de l’élevage conventionnel dans une petite exploitation à Ibarolle : cochons en plein air, quelques vaches. L’expérience, la crise de la vache folle, l’amènent à ne pas envisager l’avenir dans les pratiques productivistes. Il projette alors d’augmenter sa production de b½uf et de passer en bio. Mais il veut prendre le temps d’étudier s’il sera techniquement possible de vivre de son travail. En 98, le premier pas est de passer au désherbage mécanique, en association avec un agriculteur bio pour le matériel.

L’aventure n’est pas facile, le changement de méthode occasionne des conflits avec l’entourage, demande plus de temps, d’efforts et, selon ses termes, un autre regard quand on entre dans le champ. Financièrement aussi, ce sont des sacrifices moins d’aides, temps de latence avant d’avoir le label, soit des années à gagner très peu (et à travailler beaucoup !). Finalement, il s’en est bien sorti et çà en valait la peine. Il est convaincu que la bio à un avenir certain.

À présent, il commercialise lui-même sa production, par le biais d’Amap ou de commandes directes. Il tient à rencontrer ses clients et fait ses livraisons. Il insiste sur l’importance de la communication, par exemple quand il a fallu augmenter ses prix .Une fois par an, il ouvre les portes de sa ferme et reçoit tous ses clients pour une de ces journées qu’on aime garder en mémoire.

BLE : la fédération des producteurs bio locaux.
L’association s’occupe , entre autres, de structurer la commercialisation. Localement, en plus des marchés, tous les maraîchers fournissent au moins une Amap, et approvisionnent huit magasins bio sur la Côte. Une réflexion pragmatique est en cours sur les magasins de producteurs ainsi que sur une plate-forme de distribution.

Cette dernière permettrait de décharger les producteurs et d’assurer une plus grande régularité dans l’offre ; par exemple pour fournir la restauration scolaire.

Actuellement, la cantine du lycée de St Jean Pied de Port a des menus bios et l’expérience pourrait s’étendre, soutenue par les parents d’élèves.

Et pourquoi ne pas rêver aussi du petit commerce de proximité avec dans l’étal des produits bio et locaux.

L’actualité est aussi à la concrétisation proche d’installations de jeunes en maraichage. Cela s’adapte parfaitement à la demande croissante en fruits et légumes bios, insatisfaite sur le plan local et national et compensée par l’importation (bio mais pas écolo !). À noter que maraichage et arboriculture ne sont pas subventionnés. Bio mais pas sectaires, les gens de BLE travaillent avec les maraichers conventionnels. Ils constatent que ces derniers adoptent des pratiques de l’agriculture biologique, non par opportunisme mercantile, mais parce qu’elles apportent des solutions techniques à des problèmes de maladies, de parasites. On ne peut que s’en réjouir.

Invitation...
au rendez-vous annuel qu’ils nous donnent pour Asunak (l’ortie),à Hasparren, les 12,13 et14 septembre.
Repas, marché, conférences... pour voir que la bio c’est aussi festif et populaire !

F. Bonillo et L. Cendoya
Action Consommation Pays Basque


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Téléphone : 01 48 05 86 81
En cas d'urgence : 06 86 89 78 89
presseinfo@actionconsommation.org


 
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