Irradiation des aliments : pour une réglementation efficace
Campagne par le Collectif français contre l’irradiation des aliments :
Action Consommation - Adéquations - Agir Pour l’Environnement - Les Amis de la Terre - Association Léo Lagrange pour la Défense des Consommateurs - Association pour l’Information sur la Dénaturation des Aliments et de la Santé (AIDAS) - ATTAC - Biocoop - Collectifs Bure-Stop - Confédération Paysanne - CRiiRAD - Ecoforum - Ekwo - Fédération Nature et Progrès - Food and Water Watch Europe - Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures (MDRGF) - RECit (Réseau des écoles de citoyens) - Réseau Sortir du Nucléaire
A partir de novembre 2007
Participez à la cyberaction
Ecrivez à votre député
L’usage de l’irradiation se développe à travers le monde, avec une véritable explosion du nombre des installations d’irradiation dans les pays à fort développement : Chine, Inde, Mexique...
Une soixantaine de pays dans le monde autorise l’irradiation des aliments et plus de trente pays la pratiquent, dont certains pour une vaste palette de produits : en Afrique du Sud, au Brésil et au Ghana, pratiquement tous les aliments peuvent être irradiés ; en Chine, en Croatie, en Russie, en Turquie, en Ukraine, aux Etats-Unis, une grande variété d’aliments, dont certaines viandes, peut être irradiée ; à Cuba, en Inde, au Mexique, de nombreuses viandes peuvent être irradiées.
Mais nul ne sait quels volumes de produits irradiés entrent dans l’Union européenne et y sont effectivement commercialisés.
On ne peut aujourd’hui affirmer que la sécurité des aliments traités par ionisation est assurée, malgré des avis officiels qui se veulent rassurants. En effet, les risques pour la santé (pertes de vitamines, risques de cancérogenèse et de mutagénèse liés à la production de substances néoformées dans les aliments irradiés) n’ont pas encore été sérieusement étudiés, les rares recherches sur ce sujet n’étant pas prises en compte ou discréditées. Selon la revue médicale indépendante Prescrire, qui fait pourtant état des avis positifs des commissions scientifiques et des organisations internationales, « des inconnues subsistent sur les effets à long terme d’une consommation à grande échelle d’aliments irradiés ».
C’est pourquoi nous sommes particulièrement inquiets du peu de contrôles réalisés en France au stade de la commercialisation : 0 en 2003, 60 en 2004, 86 en 2005, 105 en 2006, tandis que l’Allemagne par exemple procède à environ 4000 contrôles chaque année. Bien que ces échantillons ne soient pas représentatifs, il est alertant de constater une hausse constante de produits commercialisés illégalement (irradiés mais non autorisés ou non étiquetés) dans notre pays, jusqu’à 7% en 2005 et 10% en 2006.
Par ailleurs, les contrôles effectués dans l’Union européenne par les Etats membres sont très insuffisants, certains pays - pourtant fort producteurs de fruits et légumes et disposant d’installations d’irradiation, comme l’Espagne et l’Italie - ne donnent aucune information. Les contrôles par les Etats membres au stade de la commercialisation sont incohérents, disparates, variant d’une année à l’autre et d’un pays à l’autre, et sans règles communes.
Du fait de la porosité des frontières, on ne peut que s’inquiéter de cet état de fait.
A ces risques pour la santé s’ajoutent les conséquences socio-économiques et environnementales de la prolifération de cette technologie : pour l’emploi et l’économie locale par la délocalisation des productions ; les risques liés au fonctionnement d’installations et au transport de matières nucléaires, et aux modes de production et de distribution industriels de masse (pollutions, changement climatique, atteinte aux milieux naturels et à la biodiversité).
Compte-tenu de l’inefficacité avérée de la réglementation européenne, de l’absence de maîtrise des quantités effectivement commercialisées dans les Etats membres (notamment en France, où les contrôles sont presque inexistants) alors que le nombre d’installations d’irradiation dans le monde s’accroît, du manque de certitudes sur l’innocuité des aliments irradiés et des risques socio-économiques et environnementaux liés à un usage important de cette technologie, le Collectif français contre l’irradiation des aliments lance une nouvelle campagne à l’occasion de la Semaine internationale contre l’irradiation des aliments.
Il dénonce le dernier rapport de l’AFSSA (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) sur ce sujet, et en propose une lecture critique.
Il adresse à la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) une série de questions qui ne trouvent pas réponse dans les textes et rapports officiels.
Il interpelle le gouvernement et les groupes parlementaires français, ainsi que la Commission européenne (avec d’autres organisations européennes) pour obtenir des contrôles rigoureux, des sanctions aux contrevenants, une modification de la liste des produits autorisés en France et dans l’Union européenne, des recherches sur les effets sanitaires de l’irradiation des aliments.
Vous pouvez soutenir ces actions de plusieurs façons (l’une n’excluant pas l’autre !) :
Participez à la cyberaction (lancée en partenariat avec Cyber@cteurs) pour demander au gouvernement français :
Des contrôles significatifs par la DGCCRF à l’importation et à la commercialisation, et l’application de sanctions sévères aux industriels en cas de fraude ;
La modification de la liste des aliments autorisés en France, de telle façon que celle-ci se conforme à la liste de l’Union européenne ;
L’attribution de fonds pour une recherche, indépendante et transparente, sur les effets pour la santé de la consommation d’aliments irradiés.
Ecrivez au député de votre circonscription (et aux prochains candidats) pour demander un appui à ces démarches, par son action et celle de son groupe parlementaire :
en oeuvrant à la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire
en posant des questions au gouvernement.
Les citoyens et consommateurs peuvent aussi se mobiliser en restant vigilants lors de leurs achats et en posant des questions aux commerçants, aux producteurs, aux restaurateurs.
L’action de tous et de chacun-e est essentielle !
En savoir plus sur la campagne
Dossier « Irradiation des aliments, une situation scandaleuse »
Lecture critique du rapport de l’AFSSA
Questions à la DGCCRF
Communiqué de presse du 23.11.2007
Lettre au gouvernement français
Lettre aux groupes parlementaires français
Lettre à l’AFSSA
Lettre à la DGCCRF
Lettre à la Commission européenne (français)
Lettre à la Commission européenne (anglais)
Agir
Participer à la cyberaction
Ecrire au député de sa circonscription
Agir par la consommation
Le site du Collectif français contre l’irradiation des aliments