Janvier 2007 - Campagnes solidaires : Irradiation des aliments, une technologie de la mondialisation
Irradiation des aliments
Une technologie de la mondialisation
Le Collectif français contre l’irradiation des aliments (1) dénonce l’expansion de cette technologie et l’inertie des pouvoirs publics français face aux importations de denrées non contrôlées.
L’irradiation ou ionisation des aliments consiste à les soumettre à un rayonnement gamma ou à un faisceau d’électrons de très haute énergie. Elle permet un traitement multi-usages (conservation, décontamination, ralentissement du mûrissement, inhibition de la germination), des déplacements sur de longues distances et des stockages de longue durée. C’est une technologie idéale pour l’économie mondialisée.
La technologie pose cependant de graves questions sanitaires : elle provoque une perte de vitamines et des risques de cancérogénèse et de mutagénèse apparaissent, dus à la prolifération de radicaux libres et de molécules nouvelles au sein de l’aliment irradié. D’autres questions se posent aux niveaux environnemental (installations nucléaires, multiplication des transports longs...) ou socio-économiques (délocalisation des productions vers les bassins à moindres coûts sociaux).
L’étiquetage et le contrôle des produits sont obligatoires dans l’Union européenne, mais en 2004 seuls 16 pays sur 25 ont effectué des contrôles, avec comme constat une augmentation des produits non étiquetés (3,9%). Pour faire mauvaise mesure, les contrôles sur les produits importés sont des plus laxistes en France : aucun n’a été réalisé en 2003, à peine une soixantaine en 2004, contre plus de 4000 en Allemagne. De nombreux fruits exotiques, par exemple, sont certainement ainsi dégustés par des consommateurs qui ignorent tout de leur irradiation.
Pendant ce temps, en Chine, le nombre d’installations en capacité d’irradier des aliments est passé de 7 en 2003 à 50 en 2006. Plus de 140 000 tonnes d’aliments y ont été traités en 2005. En Inde, 25 nouvelles installations sont prévues dans les cinq prochaines années. Au Mexique, on se dotera d’ici 2008 de la plus grande unité d’irradiation au monde. Les Etats-Unis multiplient les accords bilatéraux favorisant les échanges de produits alimentaires irradiés : des conventions sont en cours de finalisation avec la Thaïlande, l’Inde et le Mexique. Parallèlement, un très officiel programme mixte FAO / AIEA (2) pousse à l’utilisation de technologies nucléaires dans l’alimentation.
A l’occasion de la « Semaine internationale contre l’irradiation des aliments », du 23 au 30 novembre 2006, le Collectif français contre l’irradiation des aliments a rappelé ses revendications : contrôles significatifs à l’importation et à la commercialisation par la direction de la concurrence et des fraudes ; modification de la liste des aliments autorisés en France, afin que celle-ci se conforme à la liste de l’Union européenne ; mise en place d’une commission d’enquête parlementaire sur les fraudes et attribution de fonds pour une recherche indépendante et transparente sur les effets pour la santé de la consommation d’aliments irradiés.
Les consommateurs sont invités à signer la pétition contre l’irradiation des aliments (3) et à faire preuve de vigilance : en questionnant les producteurs et commerçants, mais aussi en privilégiant les produits locaux et de saison.
Véronique Gallais, présidente d’Action consommation
(1) Action Consommation ; Agir Pour l’Environnement ; Les Amis de la Terre ; Association Léo Lagrange pour la Défense des Consommateurs ; Association pour l’Information sur la Dénaturation des Aliments et de la Santé (AIDAS) ; ATTAC ; Biocoop ; Collectifs Bure-Stop ; Confédération Paysanne ; CRiiRAD ; Ecoforum ; EKWO ; Nature et Progrès ; Food and Water Watch Europe ; Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures (MDRGF) ; Réseau Sortir du Nucléaire
(2) Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) / Agence Internationale de l’Energie Atomique
(3) www.actionconsommation.org/publication/spip.php ?article337
Campagnes solidaires, n°214, janvier 2007
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