Accueil
 
*
 
Actualité
Brèves Bulletin
Agenda
 
*
 
Espaces thématiques
* Échanger / participer
Et moi je fais quoi ?
Forums
Débats et dossiers
Actions locales
 
*
 
En savoir Plus
Glossaire
Guide conso
Guides conso locaux
Liens & contacts
Biblio
Kit pédagogique
 
*
 
L'association
Qui sommes-nous ?
La charte
Organisation
Documents
Groupes locaux
Partenaires
Rejoignez-nous !
Rendez-vous
 
*
 
Ça s'dessine aussi - La page de Lionel Brouck
 
*
 
Humour - Le service après-vente - Francis Blanche
 
 
*
 
Espace de travail
Espace de travail
 
*
 
Rédaction
 
 
Lettre d'info - Signer la charte - Adhérer - Faire un don - Contact
Espace collectivités - Espace presse
terre
International

  lundi 21 mai 2012 
Rendez-vous Action Consommation prochainement à Paris

> Échanger/participer > Tribune > L’agro-tourisme communautaire au Costa Rica, une alternative culturelle à l’écotourisme ?
Retour

Proposez-nous par mail un article signé par vous ou un communiqué (en indiquant les sources de vos informations), portant sur des événements ou des actions concernant le regard des consommateurs sur les produits, l'environnement, les entreprises, la politique...

L’agro-tourisme communautaire au Costa Rica, une alternative culturelle à l’écotourisme ?

Avec le développement de l’écotourisme costaricien, et au vu des impacts socio-environnementaux du développement touristique, les populations locales s’organisent pour la promotion d’un nouveau type de tourisme : « l’agro-tourisme communautaire ».

Au Costa Rica, le tourisme est aujourd’hui une industrie nationale. Deuxième source de revenu après l’exportation de matières premières (bananières et autres café, ananas, c½urs de palmier...), cette branche économique place désormais le pays sous la dépendance financière des flux touristiques incessants.

À l’opportunité de développement apporté par cette manne touristique on peut facilement opposer les conséquences néfastes tant écologiques que sociales pour les populations locales.

Grignotage des terres fertiles et des côtes par les infrastructures hôtelières, privatisation et appropriation par des investisseurs étrangers des richesses naturelles (tant au niveau des brevets sur le vivant vendus par l’INBIO, Institut National de Biodiversité, que par la création de zones protégées et autres réserves qui deviennent inaccessibles aux populations du fait du prix d’entrée exorbitant), perte des traditions culturelles locales, désagrégation du lien social des populations et villages qui vendent volontiers leurs terres aux plus offrants (comme le démontre le cas des indiens de la réserve Bri-Bri au Sud Est du pays)... La liste est longue et l’exhaustivité aussi malaisée que stupéfiante.

Devant un tel désastre socio-écologique, on ne peut que remettre en cause la politique touristique du pays.

Sur l’équivalent de 0,03% de la surface terrestre, on trouve au Costa Rica 4% de la biodiversité.

L’écotourisme prôné par le Costa Rica et ses différents acteurs touristiques a pour créneau commercial de faire découvrir cette richesse naturelle et pour but officiel de pouvoir ainsi apporter des fonds à la préservation de cette nature débordante. Une sorte de financement international d’une politique environnementale fonctionnant grâce au marché touristique, et une politique laxiste d’urbanisation pour faciliter les investissements étrangers.

L’agro-tourisme communautaire comme concept complémentaire et non directement concurrentiel de l’écotourisme apparaît sous l’impulsion organisée des communautés subissant les effets néfastes d’une pression touristique incontrôlée par l’État.

Avec l’apparition de ces initiatives communautaires, les populations locales peuvent enfin espérer profiter des devises touristiques. L’agro-tourisme communautaire s’érige comme une initiative d’assise locale face à un écotourisme rodé et largement contrôlé par les nantis du pays, voire par les étrangers maintenant établis. Agro-tourisme, tourisme rural, agro-éco-tourisme, tourisme communautaire : le foisonnement de noms révèle la diversité des cultures communautaires et des offres qui en sont à l’origine.

Chaque communauté y trouve l’opportunité d’y vendre une partie de sa culture, de ses traditions à des touristes en soif de folklore version latino.

Un projet d’agro-tourisme communautaire implique des acteurs inattendus de la communauté dans le but de partager et de faire découvrir leur culture aux touristes qui souhaitent sortir des chemins conventionnels.

Avec l’Encanto de la Piedra Blanca, une de ses associations de développement local qui a endossé depuis peu la bannière de l’agro-tourisme communautaire, on visite par exemple un atelier de masques traditionnellement portés lors des fêtes de villages. L’artisan nous reçoit chez lui, avec femme et enfants. Grand sourire aux lèvres, il montre avec fierté ses ½uvres en papier mâché, faites dans la pure tradition de son grand-père, connu et reconnu dans toute la région. Après nous avoir offert un verre d’alcool-maison, ses enfants enfilent masques et costumes et, la joie sincèrement inscrite sur le visage, commencent à danser sur un air de musique traditionnelle. Puis la guide, qui est née dans ce village et salue au passage ses voisins et amis, nous amène à un « Trapiche », où s’extrait encore le jus de la canne à sucre selon les méthodes employées du temps de la colonisation.
Accrochés à une poutre fixée en son milieu à un broyeur, des b½ufs font pivoter une poutre qui actionne un broyeur d’où coule directement le jus de canne à sucre. Le paysan associé au projet offre ensuite aux touristes un morceau de « dulce », friandise fabriquée à partir du jus si délicatement parfumé.

Si certaines de ces initiatives sont vraiment nées du terreau local, d’autres semblent avoir été fortement impulsées par les Nations Unies par le biais du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le Programme des Petites Donations (PPD) qui débuta dans l’esprit de Rio, en 1992.

En effet, au Costa Rica comme partout ailleurs dans le monde associatif, ce qui préoccupe le plus les associations est bien évidemment de trouver des financements garantissant leur survie et la pérennisation de leurs actions phares (inscrites dans les statuts d’origine).

Ainsi, lorsque les ONG, associations et Institutions Internationales de financement établissent les critères d’éligibilité des projets, ils influencent fortement l’existence des projets montés au sein des associations dépendant des financements extérieurs.

Il est ainsi fréquent de voir fleurir des "projets à la mode", qui ont été choisi par une association selon ses capacités organisationnelles et humaines dans le panel des projets finançables.

Le foisonnement des initiatives d’agro-tourisme communautaire au Costa Rica découlerait donc plus, dans cette optique, du financement du PPD pour ce type de projet que d’une initiative locale pré-existante.

Mais ce qui fait la différence dans un pays à la richesse naturelle exceptionnelle et aux moyens réduits tel que le Costa Rica, c’est l’appel dorénavant normalisé aux fonds étrangers.

Les associations, institutions en tout genre allant jusqu’à l’État lui-même, ont pris goût et intégré l’assistance internationale. Cette culture de l’assistance désengage toujours un peu plus l’État de ses devoirs environnementaux.

Le tourisme et plus particulièrement l’écotourisme permettent une récolte originale de fonds internationaux qui se situe entre logique de marché (l’offre touristique dans la logique commerciale de vente du produit « Costa Rica ») et assistance participative du touriste consentant. En effet, le voyageur paye volontiers les 10 dollars d’entrée lorsqu’on lui signale que cet argent servira à l’entretien et à la conservation de la biodiversité, au rachat de terres en vue de la conservation.

Si le Ministère de l’environnement et de l’énergie (MINAE) y est devenu une superstructure, c’est en grande partie grâce aux frais d’entrée des parcs et réserves nationales, incontournablement desservis par les tour-opérateurs.

Malheureusement le MINAE, qui a grossi et dilaté au rythme de l’afflux touristique, ne fait plus aujourd’hui que s’auto alimenter et se perd lui-même dans ses dédales bureaucratiques, dénonce un des membres de l’association CODECE appartenant à la Fédération nationale des associations de protection de l’environnement, FECON.

Dans un tel contexte de défaillance de gestion environnementale centralisée et de culture d’assistance institutionnalisée, les principes du « penser globalement, agir localement » trouvent un terrain favorable.

Et dans un pays se nourrissant principalement des devises touristiques, le tourisme communautaire comme possibilité de développement local et de financement des actions de protection de l’environnement, semble particulièrement adapté.

C’est ainsi que sous la bannière du PNUD, de l’Institut Costaricien du tourisme et de la Fédération Nationale d’écotourisme, a été organisé le 2ème Salon de l’agro-tourisme communautaire, les 14-15 et 16 octobre 2003 à San José.

La plupart des exposants étaient membres du réseau ACTUAR, Association de tourisme rural alternatif pour la conservation. Étrangement, pourrons-nous penser à première vue, ce réseau a été créé à l’initiative du PPD. Une exemplification d’un des objectifs poursuivis par le PNUD : favoriser le développement local par la création et la mise en relation d’acteurs de développement que sont les associations de tourisme communautaire.

Les revenus générés par ce tourisme (qui se dit alternatif malgré son institutionnalisation au sein des Nations Unies) permettent un certain maintien d’activité dans des zones rurales où il est difficile de créer des emplois locaux. Mais ce n’est, souvent, pas encore la panacée.

Faut-il alors souhaiter pour autant voir s’étendre cette nouvelle offre du marché touristique ?

Ne va-t-on pas assister aux mêmes problèmes que ceux soulevés ordinairement par tout tourisme qui prend des airs de tourisme de masse ?

Car n’est-ce pas, après tout, qu’une histoire de soutenabilité relative à la quantité de flux incontrôlés (de capitaux, d’hommes, d’idées...) ?

Certains croient en la possibilité de survie de traditions grâce aux fonds récoltés par ce tourisme communautaire. On voit en fait poindre l’inexorable fermeture à moyen terme d’un « Trapiche » au faible rendement économique.
Mais avec les visites touristiques, le maintien d’une telle activité paraît plus réalisable.

D’autres encore soulèvent la problématique tant rabâchée du réveil des identités face à la mondialisation. Cette forme de tourisme serait alors, du point de vue de la communauté qui se donne à voir, une forme d’expression pacifiste d’identité culturelle. Parallèlement, il constituerait une possibilité de découverte et un moyen de sensibilisation des touristes au respect de la différence culturelle.

Claire Dutrillaux


Forum

* Pour répondre à l'article cliquez ici.
* Pour répondre à un des messages ci-dessous, cliquez sur le lien proposé à la fin de chaque message.

5 contributions :

  • Pujet Hubert - 28 janvier 2008 - L’agro-tourisme communautaire au Costa Rica, une alternative culturelle à l’écotourisme ?

    Je vais au costa rica fin février avec ma famille. Je recherche toute mise en relation avec des personnes à qui je pourrais faciliter un projet de développement durable. je suis un intervenant en entreprise qui cette année à titre professionnel ira trois fois en côte d’ Ivoire. Je travaille également avec des étudiants français qui se spécialisent sur le développement durable.

    Merci

    H.P


  • BOSCOLO Ugo - 16 janvier 2008 - Recherche de stage dans l’agro-tourisme communautaire au Costa Rica

    • Madame Dutrillaux,Monsieur Falbet,

    Je viens de lire vos articles (trouvés par hasard en cherchant des informations sur le développement touristique au Costa Rica). Je suis également à la recherche d’un stage dans ce pays, à partir de mai 2008, pour lequel, étant donnée votre expertise, je me permets de vous solliciter.

    Je suis actuellement en Master 2 "Gestion des Produits Touristiques" à l’Ecole Supérieure de Commerce de La Rochelle. Je recherche (moi aussi) un stage liant agriculture communautaire et tourisme, à travers la création de projets innovants ou la mise en réseaux de divers projets.

    J’aurai donc également besoin de contacts au Costa Rica (dans le secteur privé ou public) de personnes ou d’organismes susceptibles de mettre en place de telles actions, et d’acceuillir des stagiaires.

    Savez-vous si, en présentant un projet conçu personnellement, je serais susceptible d’obtenir un écho auprès d’orgaismes tels qu’ACTUAR ou les chambres nationales du tourisme (ou peut-être avez-vous d’autres suggestions pour un stage intéressant dans ce domaine et d’une durée minimakle de 6 mois ?...)

    En vous remerciant par avance de l’attention que vous portez à ce courrier, je reste à votre disposition pour toute information complémentaire.

    Cordialement,

    Ugo Boscolo e-mail : ubgosocool@hotmail.com


  • HUBERT P - 5 janvier 2008 - L’agro-tourisme communautaire au Costa Rica, une alternative culturelle à l’écotourisme ?

    Bonjour,

    Je vais avec ma famille passer 10 jours au costa rica fin février. Comme je suis un intervenant en entreprises qui est intéressé par l’alter développement je recherche des contacts investis dans ce type de projets et d’activité " alter" En 2008, à titre professionnel, je ferai trois séminaires pour le ministère de finances d’un pays d’Afrique noire occidentale. Et sans doute aussi dans d’autres pays subsahéliens autour de l’activité du coton. Cela peut permettre d’innover un lien ou une activité .

    Mon activité est sur Paris principalement.


  • - 25 novembre 2006 - L’agro-tourisme communautaire au Costa Rica, une alternative culturelle à l’écotourisme ?

    Madame Dutrillaux,Monsieur Falbet,

    J’ai pris connaissance de vos articles et je souhaitais vous contacter quant à une recherche de stage.

    Je suis actuellement en Master 2 "Aménagement et développement rural" à l’université de Lyon 2. Je recherche un stage liant agriculture et tourisme, à travers la création de projets uniques,ou la mise en réseaux de divers projets.

    Je souhaitais donc savoir si vous aviez des contacts directs au Costa Rica (dans le secteur privé ou public) de personnes ou d’organismes susceptibles de mettre en place de tels actions.

    Je vous remercie par avance et je me tiens à votre disposition pour tout information complémentaire.

    Cordialement,

    Marie-Cécile Santini emcee_11@hotmail.com


    L’agro-tourisme communautaire au Costa Rica, une alternative culturelle à l’écotourisme ?

  • philippe falbet - 12 décembre 2004 - > L’agro-tourisme communautaire au Costa Rica, une alternative culturelle à l’écotourisme ?

    Bonjour Claire, Je viens de lire votre article, très intéressant, surtout sur le point de vue ministériel et "décideur" et sur le tourisme des communautés rurales qui est en expansion même s’il n’a pas partout une arrivée de touristes suffisante pour l’instant. Il représente une excellente initiative, à mes yeux également. Il faut l’encourager, et sur place, certaines de ces initiatives sont très bien menées et s’acheminent vers un succès déjà maitrisé. L’écotourisme est aux mains des nantis et des étrangers, oui pour la plupart des lodges, qui représentent un investissement important. Mais votre article je pense dresse un tableau négatif d’un pays où comme partout se font de bonnes et de mauvaises choses, et qui a une empreinte, une histoire écologique forte, au sein même d’une partie de la population, et ce bien avant et sans tenir compte de la manne que représente l’écotourisme. Vous dénoncez certaines des mauvaises choses, sur lesquelles il y a beaucoup à dire. Vos critiques vont vers une partie des problèmes annoncés, qui mériteraient une analyse beaucoup plus complète et moins radicale. Exemple : Administration des ressources fournies par les Parcs au Minae. Elle ne se résume pas à ce que vous en décrivez. L’inertie qui s’est créée face à la multiplication de postes et de directives qu’ont emmené les devises, est vraie, honteuse, et est à dénoncer. Le pays entier est opportuniste, et le MINAE aussi. Mais il a en son sein des personnes de bonne volonté qui essaient de bien faire les choses et pèsent fortement sur les décisions. Je pense notamment à tous les directeurs des Parcs et aux coordonnateurs de volontaires. Sur le détail, certaines de vos observations me font réagir, il faut noter que l’Etat costaricien a un pouvoir fort sur les entités nationales, exemples :
    - "brevets sur le vivant vendus par l’Inbio" : L’inbio est une association à but non lucratif qui a pour fonction un recensement de faune et flore dans le pays, depuis environ 15 ans. Elle revend des informations aux laboratoires pharmaceutiques effectivement, mais ne permet pas le brevetage, conformément je l’espère à son éthique. Je n’ai jamais entendu parler de revente de brevets. Elles se font peut être sous la table, mais en parler ouvertement nécessiterait des preuves. Merci de m’apporter ces éléments, si vous en avez, celà me permettra à mon tour de m’en informer et de le dénoncer. Il est certain que toute initiative dans ce sens est à condamner. Il est dit la même chose de l’OTS et en France du WWF. Mais on peut dire beaucoup de choses.
    - création de zones protégées devenant inaccessibles aux populations locales : un parc national coute 6 à 7 usd/personne étrangère. Il coute 1 usd pour les locaux ou toute personne même étrangère et résidente.
    - Indiens de la réserve bri bri : l’industrie touristique au coeur des terres des bri bri n’est à ma connaissance pas encore arrivée. c’est plutot la patrie des bananeraies qui les exploitent sans gène, et depuis peu, ils auraient tendance à se spécialiser dans le passage de sacs de marijuana (100000 colombiens, dont d’honorables travailleurs et artisans pour l’écrasante majorité, mais avec eux aussi une poignée de mafieux... sont arrivés au costa rica en mois de 5 ans).
    - perte des traditions culturelles locales : Oui par l’augmentation des prix des terrains près des plages et en zones très localisées, tout à fait. (C’est ce que l’on observe aussi dans le Sud de la France avec l’acquisition des terrains de la part des populations d’Europe du Nord et la disparition de la petite paysannerie). Mais les traditions locales restent vivaces et fortes. La paysannerie reste majoritaire. Sauf près des plages, ailleurs, merci de fournir des exemples.
    - grignotage des terres fertiles : c’est surtout le grignotage des bananeraies sur les parcs nationaux, l’exploitation du bois et le brulis des terres boisées pour en faire des terres d’élevage, qui pose problème dans le pays. Le problème de l’hotellerie se pose au niveau assainissement sauvage, sur des sites où l’hotelier ne respecte en rien les données locales comme sur les cotes ou à La Fortuna. D’autres exemples : groupe barcelo à tambor qui a asséché une zone de mangroves très riche pour construire, hotel suerre caribe à l’intérieur du parc Gandoca-manzanillo, etc. Mais en règle générale, le tourisme permet justement la sauvegarde de nombreuses zones, pas à l’état de zoos, mais dans un état vraiment protégé. C’est l’”or vert” face au pouvoir des firmes de bois, des bananeraies, etc.

    Je ne vous écrit pas pour démonter votre article, mais pour y apporter d’autres données et peut être une autre vision. je me le permet, de par mon expérience (4 ans guide local au costa rica et depuis 4 ans spécialiste de la destination dans le tourisme en France). J’ai également un très fort souci de vente de la destination en nourrissant ceux qui oeuvrent dans le bon sens, mais à l’intérieur de structures classiques car ma clientèle, individuelle, est très majoritairement classique. Comme on le voit partout aujourd’hui, la force de la “résistance” face au mondialisme et entreprises transnationales ou super puissantes provient de la myriade d’actions individuelles qui forment le tout. A l’intérieur même du système "classique" du pays et de l’écotourisme, il existe une multitude d’alternatives très positives et à encourager :
    - plus de 300 réserves privées rien que dans la Péninsule d’Osa, déjà majoritairement couverte par le Parc de Corcovado. Emigration forte de “rebelles” au système nord américain et biologistes en herbe ou confirmés. Sensibilisation de plus en plus forte de la population, et des enfants à travers une éducation plus respectueuse. Le dernier président en date a interdit les spectacles d’animaux dans le pays. Chasse interdite sur 1/3 du territoire (réserves et Parcs). De plus en plus de Parcs créés. Certains n’ont pas encore été payés par l’état aux propriétaires certes (comme manuel antonio) mais ces surfaces sont en tout cas bien protégées.
    - de nombreux lodges protègent, avec 8 à 40 chambres, une superficie de 50 à 5000 hectares de forêt primaire. Beaucoup travaillent avec les écoles du coin. Certains recyclent le plastique de la zone, font des musées d’insectes, donnent du travail à une multitude de biologistes qui s’installent, et apportent une vision très conservatrice de l’environnement, ainsi qu’à de très nombreux volontaires. D’autres, certes, font n’importe quoi.
    - le touriste individuel peut être fortement sensibilisé à l’intérieur du pays. Il faut bien sûr pour celà qu’il aille vers les bonnes structures, et pour celà bien s’informer, lire les bons guides : NEW KEY OF COSTA RICA, de Beatrice Blake, qui classe les lodges selon leurs actions environnementales et éthiques. C’est aussi au touriste de choisir dans des guides plus classiques comme Le Petit Futé, ou le Foot Print de Gallimard, qui listent les initiatives présentes dans le pays.
    - choisir entre un tour opérateur classique ou une démarche plus éthique auprès d’une association ou d’un spécialiste plus engagé appartient aussi au touriste pour l’élaboration de son voyage. C’est le degré de l’élévation de sa conscience qui fera la différence. A l’intérieur même du système, en choisissant un tourisme agro communautaire ou des lodges classiques qui communiquent et agissent avec éthique.
    - en marge de cette forme de tourisme, je vous invite à aller voir le site www.durika.org et la forme d’écotourisme proposée par un village de 35 personnes vivant en parfaite auto- suffisance dans le sud du pays et protégeant 7500 hectares d’un couloir biologique fabuleux. Ainsi que le site de la reserve los cusingos, ouverte seulement aux spécialistes, qui profite dans le bon sens de la manne de l’écotourisme, celle d’une reconnaissance enfin respectée de la richesse de la biodiversité locale. http://www.cct.or.cr/cusingos.htm

    Je ne pense pas que les identités vont se réveiller plus au Costa Rica qu’ailleurs face à la mondialisation. Certaines le feront, le font, d’autres pas, partout. Chacune selon son expérience individuelle. Ce qu’il faut, c’est informer, des bonnes, et des mauvaises choses, et vous avez raison de le faire. J’espère vous avoir apporté un enrichissement de votre vision sur l’écotourisme au Costa Rica, et suis à votre disposition pour tout débat à engager ou information à partager. Cordialement, Philippe Falbet


Voir tous les messages
 

Date de publication : 5 janvier 2004

 
Imprimer 
imprimerenvoyer
 Recommander cette page
 

Tribune libre

Les articles publiés dans cette tribune sont le reflet de la réflexion de leurs auteurs et n'engagent pas Action Consommation.

 
Archives
201120102009200820072006200520042003

 
Aller plus loin
 
Agir contre l'irradiation  des aliments campagne 
 

ACTION CONSOMMATION - 21, rue Alexandre Dumas 75011 Paris   -  Tél. 01 48 05 86 81  -  http://www.actionconsommation.org
tous droits réservés