COMMUNIQUE DE PRESSE
L’histoire du coucou agroindustriel qui veut habiter le nid
des fermiers engagés dans les démarches collectives de qualité
Anglet, le 7 octobre 2010
Usurpation de notre identité fermière
Les consommateurs sont toujours plus nombreux à vouloir se détourner de la nourriture industrielle. Ils recherchent des paysans travaillant de manière différente, moins artificielle, dans le respect de la nature, des saisons, des femmes et des hommes.
L’agro-industrie et ses « agri-managers » de leur côté constatent que leurs campagnes de pub massives sont moins efficaces, que les belles images dont ils parent leurs produits peinent à persuader. Il leur faut donc aller plus loin dans la dissimulation de la triste réalité de leurs modes de production, quitte à usurper l’identité de ces petits producteurs qui plaisent tant à leurs clients.
Candia dit Oui aux petits producteurs, Labeyrie / Lur Berri lance tout tranquillement une campagne « Petits Producteurs du Sud-Ouest » « Foie Gras Responsable et Equitable ». Pour une société dont la production est basée sur l’intégration, version moderne du métayage, et les techniques industrielles les plus intensives, il fallait oser !
La Ferme Kukulu, la Ferme Elizaldia, la Ferme Arnabar, la Ferme Sanzberro... ces fermes industrielles ne disent pas leurs noms. Nous n’avons rien contre leurs dirigeants mais ces entreprises se targuent d’une image de « belles prairies vertes », de « bêtes en liberté ». En réalité, elles cachent des modes industriels de production : intensification de la production, élevage hors sol, achat de matière première hors de la ferme…
Pourtant, leurs produits se retrouvent sur les étals avec le terme « de la Ferme », « Produits fermiers ». Nous ne pouvons laisser se poursuivre cette escalade qui désoriente les consommateurs.
Les enjeux de la production fermière : emploi, garanties de pratiques, transparence et confiance des consommateurs.
L’association des producteurs fermiers du Pays Basque compte aujourd’hui plus de 200 ahdérents et ½uvre pour le développement d’une production fermière à taille humaine et en lien avec les attentes des consommateurs. La production fermière permet de maintenir la valeur ajoutée sur les fermes et contribue à maintenir plus de 500 emplois sur les fermes du Pays Basque. Les producteurs contribuent aussi à maintenir un tissu rural dense, à préserver les espaces et la diversité des productions locales.
La charte fermière Idoki et les producteurs en Agriculture Biologique offrent en toute transparence, des garanties de pratiques au consommateur.
- La charte fermière Idoki définit une production fermière à taille humaine, où le producteur ne travaille qu’à partir de la matière première issue de sa ferme et la vend directement au consommateur. 17 productions différentes vont l’objet d’un cahier des charges où figurent des pratiques obligatoires (élevage plein air, produits de saison, respect des cycles de la nature et des animaux ) et interdites (élevage hors sol, alimentation non OGM, aliment médicamenteux, hormones de croissance, pas d’additif, pas de colorant, pas de conservateurs)
- L’Agriculture Biologique optimise le potentiel de fertilité tout en respectant la vie des sols, des plantes et le bien être animal. L’agrosystème est basé sur les équilibres naturels. 110 fermes sont certifiées en Agriculture Biologique en Iparralde, 1500 en Aquitaine. Des fermes certifiées bios s’engagent aussi au sein de la nouvelle marque Biocohérence, pour encore plus de garanties, plus de cohérence et pour s’inscrire dans une démarche permanente de progrès.
Ces deux démarches sont encadrées par des cahiers des charges, contrôlés par des organismes extérieurs (CERTISUD pour IDOKI, ECOCERT, Qualité France, Agrocert, Certisud pour l’Agriculture Biologique et Biocohérence).
Producteurs et Consommateurs, des enjeux communs.
Ça suffit, producteurs et consommateurs réagissons ensemble
- Localement, nous avons saisi les services de la DDPP (ex. répression des Fraudes) sur l’utilisation des termes « certifiés naturel et de qualité » et les images utilisées qui induisent le consommateur en erreur. Et nous ferons de même, à chaque fois que nous constaterons que les consommateurs sont abusés.
Nous interpellons également les pouvoirs publics pour protéger les termes « fermier » et ses dérivés par le biais du « décret fermier » que nous souhaitons relancer. En effet en 2005, le projet de décret fermier n’avait pas abouti car les Labels Rouges, les affineurs de fromage, les faux fermiers de l’APCA / Bienvenue à la ferme et la FNSEA ont tout fait pour combattre ce texte . Pourtant c’est ce texte qui aurait donné une identité officielle à la production fermière et des garanties au consommateur.
Nous sommes nombreux, nous sommes sûrs que nos choix sont ceux de l’avenir ; les organisations de consommateurs sont à nos côtés sur ce combat depuis longtemps. Cette histoire se finira bien.
- Association des Producteurs Fermiers du Pays Basque
- Association Biharko Lurraren Elkartea
- Syndicat ELB – Confédération Paysanne Pays Basque
- Euskal Herriko Laborantza Ganbara
- Association Action Consommation Pays Basque
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