Le Téléthon : quelle efficacité ?
Communiqué de presse du SNTRS-CGT
01.12.2005
Une fois encore l’Association Française contre les Myopathies en coopération avec les médias fait appel à la générosité des Français pour aider la recherche sur les maladies génétiques et à la prise en charge du handicap résultant de ces maladies.
Le succès de cette opération repose sur les attentes de l’opinion vis-à-vis de la recherche médicale.
Évidement nous avons beaucoup de gratitude et de respect pour les généreux donateurs, mais ne leur doit-on pas la vérité et la transparence ?
Les rares résultats positifs tant chez l’homme que sur des modèles animaux, ont été surmédiatisés suscitant des espoirs vites déçus par les difficultés rencontrés. Le Téléthon repose sur un malentendu. Les fonds sont récoltés dans l’espoir de parvenir à vaincre la maladie. Or, la victoire sur la maladie passe par la compréhension des mécanismes qui la développent. Alors que les malades et leurs familles ne peuvent attendre, la recherche demande du temps.
Les sommes collectées en 2004 sont considérables, de l’ordre de ce que l’Institut National de la Santé et la Recherche Médical (INSERM) verse à l’ensemble de ses laboratoires pour tous les domaines de la recherche en santé. Croire que l’injection de sommes disproportionnées dans le champ des maladies génétiques va accélérer la mise au point de leur traitement est une illusion.
Le Téléthon 2005 intervient dans un contexte de réorganisation de l’ensemble du système de recherche mis en oeuvre par le gouvernement. Avec la création des agences de pilotage telles que l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) il oriente la recherche vers des objectifs à très court terme. En même temps le gouvernement se désengage du financement à long terme des organismes publics de recherche (INSERM, CNRS et Universités), seuls garants d’une recherche pérenne et soucieuse de l’intérêt général de toute la population.
Les financements provenant des associations caritatives ne font qu’aggraver le pilotage à court terme et contribue à développer la précarité de l’emploi scientifique par la prolifération de CDD et des « libéralités » (emplois sans protection sociale). Les conséquences sont un affaiblissement de l efficacité à long terme de la recherche biomédicale.
Outre la recherche, les sommes récoltées par le Téléthon servent à l’aide aux malades (développement d aides techniques compensant le handicap, construction d’appartements adaptés, aide sociale des personnes handicapées et de leur famille, etc.) au moment où l’état réduit ses dépenses sociales et se défausse sur les associations privées de ce qui relève de sa responsabilité.
Le SNTRS-CGT, syndicat des travailleurs scientifiques, alerte les donateurs et l’ensemble de la population des risques de désagrégation du système de recherche français résultant de la politique du gouvernement actuel.
La recherche ne peut être basée sur la générosité des donations des gens.
L’État se doit de prendre ses responsabilités dans le financement des laboratoires publics de recherche dans la durée et par la programmation du recrutement des travailleurs scientifiques.
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