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  lundi 21 mai 2012 
Rendez-vous Action Consommation prochainement à Paris

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Le soja contre la vie

Le soja contre la vie

Stoppons l’expansion du soja qui dévaste l’Amérique du Sud
Exigeons le soutien à une agriculture paysanne

Le soja est la première source de protéines végétales pour l’alimentation animale des élevages industriels. Pour satisfaire la demande croissante, en Europe ou en Asie, l’Amérique du Sud est en voie de sojatisation rapide avec des conséquences dramatiques : déforestation massive ; expulsions des populations indigènes ; ruine des petits paysans ; pollution des sols...

Produire toujours plus, pour satisfaire la croissance continue de la consommation de viande, en augmentant la pauvreté : c’est un non-sens !

Exigeons une politique agricole juste et durable !

ETATS DES LIEUX

Production : une croissance en flèche
La demande grimpe sans discontinuer.
Il faut toujours plus de terres à cultiver. Où les trouver ?
En Amérique du Sud, riches d’espaces vierges. La frontière du soja se trouve au Brésil, en Argentine, au Paraguay, en Bolivie, couverts de millions d’hectares de soja. On parle même de sojatisation des campagnes et de l’économie.

Direction l’export
En Amérique du Sud, on cultive avant tout le soja pour l’exportation, cas singulier dans l’agroalimentaire : à 75 % au Brésil et en Bolivie, à près de 100 % en Argentine et au Paraguay.
Dans l’Union européenne, c’est la situation inverse : une dépendance extérieure considérable aux graines oléo-protéagineuses pour l’alimentation animale, à 80 %, et presque exclusivement du soja, à 90 %.
La Chine et l’Inde sont les nouveaux moteurs du « système soja » mondial : pays consommateurs de viande émergeants, ils auront une influence majeure sur la sojatisation des pays producteurs.

LA CONSOMMATION
Quand tous les Chinois mangeront de la viande...

La consommation mondiale de viande est le moteur du « système soja » : à chaque élevage hors sol supplémentaire de volaille ou de porc correspondent de nouveaux hectares mis en « sojiculture ». Une tendance très lourde :

  • La consommation des pays « émergeants » est en croissance rapide. La Chine, surtout, fait office d’épouvantail, dont la consommation aura quintuplé entre 1980 et 2010.
  • La consommation des pays industrialisés progresse faiblement, mais leur haut niveau constitue une référence pour les pays émergeants.
  • Les modes de production de la viande sont en cause. Intensifs, ils fonctionnent, pour l’alimentation des animaux, sur une association soja-céréales qui rend les éleveurs dépendant des importations et justifie, localement, la culture de céréales très gourmandes en eau et intrants, comme le maïs.
  • Nos régimes alimentaires, trop riches en viande, doivent aussi être interrogés.

LES PRATIQUES ALTERNATIVES
L’agro-industrie du soja n’est pas une fatalité

Le modèle « soja » n’est ni une nécessité, ni une fatalité. Des alternatives existent pour sortir d’une dépendance qui tient aussi bien les petits paysans d’Amérique du Sud que les éleveurs chez nous.

  • dans les pays producteurs : miser sur une agriculture diversifiée et respectueuse de l’environnement ; refuser les OGM ; quand l’abandon du soja n’est pas possible, réduire son importance dans l’économie paysanne ; valoriser le soja localement par l’alimentation de petits élevages ; renforcer les structures de production et de commercialisation des petits paysans.
  • dans les pays consommateurs : substituer le soja : c’est possible, grâce à d’autres oléo-protéagineux, même inférieurs en qualité. Pour les bovins, le retour à l’herbe est tout à fait viable ; cultiver du soja localement et dans le respect de l’environnement, c’est techniquement possible ; refuser le soja OGM ; infléchir la courbe de consommation de viande

LES ALTERNATIVES POLITIQUES
Tourner le dos à l’agro-industrie exportatrice

Le système soja mondialisé n’est pas viable à terme, pris dans une fuite en avant productiviste, consommatrice de ressources naturelles et socialement intenable. Il est du ressort des politiques d’y mettre fin.

  • dans les pays producteurs : soutenir l’agriculture familiale et paysanne, génératrice de millions d’emplois, mais aussi productrice de la majeure partie des aliments consommés localement ; reconsidérer les politiques agricoles, qui doivent prioriser la sécurité alimentaire, la justice sociale, le respect de l’environnement ; réorientr les crédits de recherche.
  • dans les pays consommateurs : développer des filières oléo-protéagineuses « non soja », diversifiées ; réduire la production de viande, et d’abord celle qui est destinée à l’exportation ; favoriser les filières « soja non-OGM » ; au sein des instances internationales : imposer le droit national à protéger les agricultures vivrières locales, et les ressources naturelles contre la pression des créanciers extérieurs ; dénoncer l’octroi de prêts d’organismes de financement internationaux favorisant l’agro-industrie exportatrice.

LES OBJECTIFS DE LA CAMPAGNE

  1. obtenir de la France qu’elle modifie sa position au sein de la Société financière internationale sur la question du financement de l’expansion de la culture du soja en Amérique latine
  2. obtenir d’entreprises de la filière soja qu’elles prennent mieux en compte l’impact social et écologique de la culture extensive du soja.
  • À long terme l’objectif des mobilisations en France et en Amérique du Sud est d’obtenir une réorientation des politiques agricoles et commerciales.
  • Appuyer la culture familiale du soja :
    constitution de coopératives de production et de commercialisation pour des gains d’échelle et une moindre dépendance à l’agro-industrie, production bio (sans chimie ni Ogm, diversifiée), notamment pour l’élevage d’animaux, à plus forte valeur ajoutée que la vente du grain.
  • Réorienter les politiques nationales : appui à l’agriculture et les Pme familiales, taxation de l’exportation des grains, pour favoriser leur transformation et la concentration de la valeur ajoutée dans le pays, et entraver l’extension des cultures, abandon des monocultures, révision des priorités de recherche.
  • Peser sur les négociations internationales : au lieu de lutter pour gagner des parts de marchés à l’exportation, promouvoir le droit de protéger et stimuler une économie locale soucieuse de justice sociale et environnementale, souveraineté nationale sur les investissements directs, restriction des droits de propriété intellectuelle (rente des Ogm), déconnecter les engagements de paiement de la dette externe de la nécessité d’exporter des biens intensifs en ressources naturelles
  • Sensibiliser le public à la qualité globale des aliments consommés, par leur impact sur la santé, la sécurité alimentaire, la justice économique, la création d’emplois, l’environnement et le bien-être animal.

Stoppons l’expansion du soja qui dévaste l’Amérique du Sud.
Exigeons le soutien à une agriculture paysanne.

Le principe de la campagne est d’interpeller le Ministère de l’Économie et des Finances et l’une des deux grandes sociétés importatrices de soja en Europe (Cargill-France et Louis Dreyfus Négoce).

Action Consommation soutient cette campagne.

Pour plus d’information et participer à la campagne

Date de publication : 26 mai 2006

 
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