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> Espace presse > Articles publiés > Mars 2011 - Vers une économie non-violente
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Mars 2011 - Vers une économie non-violente

Vers une économie non-violente *

Par France Bonillo
Action Consommation Pays Basque
Ortzadar - Alternative Pays Basque
n° 143 – mars / avril 2011

Au cours des derniers débats locaux traitant de souveraineté alimentaire, il a été traité largement des initiatives locales de production, distribution et consommation. Alternatives satisfaisantes et en indispensable progression, sujets qui rencontrent un écho positif auprès d’un public qui s’élargit, mais dont nous ne pouvons nous contenter. Il est beaucoup plus difficile de susciter le même intérêt quand nous abordons ce qui se nomme le commerce équitable dans les échanges Nord-Sud. Et pourtant, nous sommes bien loin de l’auto-suffisance, le produit importé s’est banalisé, le monde devient de plus en plus rizivore et nous ne sommes pas prêts à renoncer au (ré-)confort du petit café fumant et odorant accompagné de son carré de chocolat.

Loin des yeux, loin de notre conscience ? Lourd héritage d’un passé colonial ? Abus de confiance dû au commerce équitable récemment récupéré par la grande distribution ?

Histoire de la distribution, du bénévole à l’actionnaire.

Issue au départ d’un réseau militant, elle a bénéficié d’une plus large audience, dans le courant de la consommation responsable. Et a été récupérée de la même façon que sa proche parente la production biologique : lobbying au sein des instances réglementaires, stratégies de marketing alliant le poids des mots au choc des photos. La grande distribution a donc accaparé le terme de commerce équitable, joué sur la fibre caritative en ne lésinant pas sur les photos « d’indigènes reconnaissants » et contant moult projets pour leurs petits enfants... En en tirant quand même un peu plus de profit au passage, leur marge étant toujours la même, il est plus juteux de multiplier par 1,3 un produit acheté plus cher. Et notre incorrigible prophète du pouvoir d’achat selon M-E Leclerc de nous promettre que là aussi il saura faire baisser les prix des producteurs par la multiplication des volumes. Et quand on sait, en plus, que la majorité des travailleurs pauvres sont employé(e)s par la grande distribution, on n’y voit plus l’éthique sur l’étiquette !

Un véritable commerce équitable, et un travail complet sur l’ensemble de la filière, de la production au stade ultime du déchet.

Tel qu’expliqué par Michel Besson de Minga**, entreprise de distribution de produits issus de l’économie solidaire. À Bayonne, en janvier, à un public multi générationnel, étudiants et militants plus ou moins vétérans. Toute une réflexion assortie d’une pratique sur le terrain, ici et là-bas, pour se réapproprier l’économie, le rapport respectueux à la nature et à l’humain.

La moindre des choses étant de rétribuer le travail à sa juste valeur en acceptant les prix raisonnables fixés par le producteur, comme, par exemple, ces femmes africaines qui demandent à dégager le même salaire qu’un instituteur de brousse pour leur beurre de karité, de refuser d’apposer sa marque sur des produits impliquant des cultures forcées et/ou néfastes comme l’huile de palme, de privilégier des modes de transports moins polluants. Et puis, ici, d’affronter les difficultés de trésorerie pour prépayer les stocks sans aucun soutien du système bancaire, d’assurer les (lourdes) tâches administratives (douanes,TVA, etc), et de permettre ici aussi à chacun de vivre honnêtement de son travail(administratif, grossiste et commerçant).

Quelques pistes, ici et ailleurs

Pour ne plus se demander combien ça coûte mais bien plutôt combien ça vaut. Dans les marques n’ayant pas pactisé avec le Marché, on trouve localement Andines, Aspal, Minga, Artisans du Monde... dans les magasins d’Anglet (Han eta Hemen), Biarritz (Art.du M.), Ekhilibre (Aspal-Andines) et au Marché Équitable de Bayonne qui existe et résiste depuis bientôt 5 ans (prochaines éditions le samedi 26 mars au matin, place Lamothe à Anglet et le samedi 14 mai pour une journée plus étoffée à la Maison des Associations, Bayonne). De leur côté, mais en partenariat avec tous ces acteurs, un groupe de jeunes étudiants en maîtrise d’études de commerce à l’IUT de Bayonne organise Equilatino, le 26 mars à 15h, à l’IUT. Comme quoi, on peut échapper au formatage, bravo, qu’ils ne changent surtout pas !

France Bonillo
Action Consommation Pays basque
www.actionconsommation.org

*intitulé d’un colloque organisé en Inde autour d’un constat « la cause principale de la misère dans le monde est la violence de son système économique ».
**www.minga.net


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En cas d'urgence : 06 86 89 78 89
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