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lundi 21 mai 2012 Fermer |
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Ouvrir les yeux, c’est urgentUne entreprise globale, ça vous vend tous les produits et services dont vous avez besoin (en vous apprenant que vous en avez besoin si vous n’en aviez pas conscience) ; et ça vous éduque. Dans une campagne publicitaire massive labellisée « Mieux consommer, c’est urgent », Carrefour moralise sur ce qu’on doit mettre dans son chariot « pour notre pouvoir d’achat, notre santé ou notre environnement »... La campagne va jusqu’à conseiller « d’arrêter de consommer plus pour consommer mieux ». Pourtant, la grande distribution est bien connue pour nous inciter à consommer davantage, non seulement par des campagnes publicitaires, comme toute grande entreprise qui en a les moyens, mais aussi en diffusant catalogues et prospectus (1), en proposant des promotions ou des « mises en avant » de produits (qui ressemblent à des promotions mais qui n’en sont pas), par l’aménagement du magasin, l’ambiance des rayons (formes, couleurs, bruits, odeurs...), etc. Carrefour est-elle légitime en moralisant le consommateur sur sa façon de consommer et sur son niveau de consommation quant tout est fait pour justement faire consommer toujours plus ? De façon générale, l’objectif de la publicité est toujours de faire connaître les produits de l’entreprise afin d’en augmenter les ventes, en fidélisant les clients, en les incitant à acheter plus, en attirant de nouveaux consommateurs.
Par ailleurs, une des caractéristiques de la grande distribution « à la française » est de généralement faire payer par les fournisseurs les dépenses de publicité, par le système des « marges arrières » : le distributeur refacture au fournisseur une quote-part des dépenses engagées pour les campagnes concernées (puisque le fournisseur doit aussi en profiter en vendant davantage de produits), parmi un nombre impressionnant d’autres « refacturations » du même genre (emplacement dans les rayons, mise en avant en « tête de gondole », participation à une promotion, référencement (= droit d’entrée) pour chaque produit, etc.). Le système des marges arrières exerce une pression phénoménale sur les fournisseurs, par la menace de réduction de leur marge, qui les contraint à augmenter encore leur productivité et à baisser leurs coûts de production : en diminuant la qualité de leurs produits, en augmentant la pression sur leurs employés, en délocalisant leur production dans des pays à bas salaires et/ou plus laxistes sur le respect de l’environnement. Certains, ne pouvant plus faire face, ne voient plus d’autre solution que de fermer leur usine ou de la vendre à une plus grosse entreprise.
Les consommateurs responsables, concernés par la qualité globale (2) des produits qu’ils achètent, doivent absolument s’intéresser au mécanisme d’une campagne qui prend des allures d’éducation du consommateur et de revendication de bonne moralité de l’entreprise et de ses produits. Nous vous invitons donc, que vous soyez ou non clients de Carrefour (puisque ces campagnes publicitaires massives nous agressent tous, qu’on le veuille ou non) à demander combien coûte cette campagne, comment elle est financée, quel retour en est escompté et quelles mesures concrètes Carrefour entend prendre pour moins inciter à consommer, préalable logique et indispensable à une généreuse invitation à « moins consommer ». (1) qui constituent par ailleurs un gaspillage de papier considérable et autant de déchets à traiter ensuite.
Pour en savoir plus :
ACTION CONSOMMATION - 21, rue Alexandre Dumas 75011 Paris
- Tél. 01 48 05 86 81 - http://www.actionconsommation.org
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