Paris 2012 : les Jeux en valent-ils la chandelle ?
Ingrid Merckx et Clotilde Monteiro
Politis n° 858 – 30 juin 2005
Des voix s’élèvent contre le consensus pro-Paris 2012. Pas des ennemis du sport mais des écologistes, économistes ou citoyens vigilants qui s’inquiètent du coût réel d’une telle opération.
Pour réconcilier les Français après le clivage engendré par le référendum du 29 mai, il y aura peut-être l’élection de Paris comme ville d’accueil des Jeux olympiques 2012. L’événement fait déjà l’objet d’un étonnant consensus. 87 % des Français soutiendraient la candidature parisienne. Cause ou conséquence de l’opération marketing qui frappe la capitale depuis des mois ? Pas un bus, pas un bâtiment officiel, pas une salle de sport qui n’arbore son étendard aux couleurs des JO. Le rassemblement pro-Jeux du 5 juin sur les Champs-Élysées a pris des allures de grand-messe. Et Jacques Chirac ira lui-même porter la flamme nationale devant les membres du Comité international olympique (CIO) réunis le 6 juillet à Singapour pour rendre leur verdict. Cependant, cette belle unanimité est contestée par des citoyens vigilants pas des rabat-joie allergiques au sport qui prennent le risque d’une position isolée pour mettre en garde les supporters béats contre le coût réel d’une telle manifestation.
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Pour s’indigner de cette « grande foire du sport spectacle » qui n’a plus rien à voir avec les valeurs sportives, mais avec la compétition économique que se mènent les pays riches par multinationales interposées, sur fond de dopage, de corruption et d’exaltations nationalistes. Ils sont quelques-uns à abonder dans ce sens sous la bannière Cajo (Collectif anti-jeux olympiques), dont le RAP (Résistance à l’agression publicitaire), SUD Éducation Paris, les Alternatifs, et les Brigades antipub.
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« On minore l’investissement et on surévalue les retombées », constate Jean-François Bourg. Le plus scandaleux étant, selon lui, qu’un tel investissement public profite au secteur privé. « Si cela ne génère pas d’impôts supplémentaires, cela signifie que cet argent existait quelque part et qu’on l’a débloqué pour les JO. » Était-ce bien là la priorité ? Pour lui, la question centrale n’est pas celle des retombées tout événement en génère forcément mais la légitimité même de Paris 2012. « L’organisation d’un tel événement devrait s’apprécier non en fonction de son impact économique mais de son utilité sociale. »
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