Pesticides : lettre ouverte aux journalistes
Chers amis journalistes,
J’ai reçu cette info ce matin. Pour tout écologiste éveillé sur la question des pesticides, la nouvelle ci-dessous est terrible !
J’ai décidé de vous parler sans faux semblant, et tant pis si cela n’est pas "politiquement correct". A l’heure où la planète se porte si mal, peut-on véritablement continuer à prendre tant de gants ?
Ceux qui, après l’Appel de Paris , lancé par le professeur Belpomme, veulent encore ignorer les méfaits des pesticides sur la santé, peuvent-ils encore être tenus pour innocents ? Aujourd’hui, avec les données qu’ils possèdent, les journalistes qui feraient la sourde oreille pourraient-ils vraiment être exonérés de leur propre responsabilité face à la mission d’information qu’ils se sont donnée ?
Mon v½u serait que les journalistes, conscients de la réalité des nuisances dues aux pesticides, nous aident à allumer les contre-feux nécessaires pour que cette campagne médiatique, orchestrée à grands renforts de moyens financiers, se retourne contre les firmes qui la mènent ! Pour qu’enfin soit démontrés leur cynisme et leur mépris de la vie. Si je réagis si fortement, c’est parce que j’ai encore en mémoire l’article du Professeur Sultan paru dans la Dépêche concernant une fillette de quelques mois née avec des seins formés, victime des effets oestrogènes des pesticides ...
Laissera-t-on les efforts de tous ceux qui se battent pour la santé des hommes et de la terre être réduits à peau de chagrin par la seule aptitude à financer de la propagande ?
Aux journalistes qui en auraient assez de se taire sous la dictée des sponsors, je voudrais rappeler que des scientifiques comme les professeurs Sultan, Narbonne ou Belpomme, voire le cancérologue Henri Joyeux, peuvent produire des arguments scientifiques suffisamment éloquents pour contredire ces inepties qui vont être diffusées dans des médias à très grand tirage.
C’est face à un tel phénomène de désinformation du grand public que l’on mesure la véritable responsabilité des médias trop liés à leurs ressources publicitaires. Tandis qu’on croyait avoir fait trois pas vers la raison, ils nous en feront reperdre deux. Se croient-ils immunisés contre les méfaits de la pollution ?
Encore pardon pour "ce coup de sang". Je sais que beaucoup d’entre vous comprendrons et réagirons en conscience...
Amicalement
Nelly Pégeault - 12 février 2005
Revue Nature & Progrès
68 bd Gambetta - 30700 Uzès
tel : 04 66 22 77 69 - fax : 04 66 03 23 41
Email : n.pegeault@natureetprogres.org
Site : www.natureetprogres.org
Pour info, voici de quoi réfléchir sur les campagnes de communication...
A partir du 10 février, la dernière campagne grand public des industriels de la protection des plantes à destination des mères de famille sera dans Elle, Télérama, Paris Match, Avantage, Marie Claire, Marie France... pour un plan média de 6 mois. L’accroche de cette campagne est axée sur le dialogue : "Pesticides : on peut se poser des questions, on peut aussi y répondre". A cette fin, deux outils sont créés : un site internet www.protectiondesrecoltes.fr et un numéro azur 0 810 10 55 00.
L’idée est d’inciter "chacun à mieux comprendre et à s’informer sur l’utilité de ces produits".
Voir à la rubrique "Vos questions sur les pesticides"/ "est-ce mieux de manger bio ?".
"Les produits bio et conventionnels ont chacun leurs avantages.
À ce jour, il n’a pas été démontré que les produits issus de l’agriculture biologique possédaient des qualités nutritionnelles supérieures à celles des produits issus de l’agriculture traditionnelle.
(Rapport d’experts français - AFSSA)
L’agriculture « bio » et l’agriculture traditionnelle sont toutes les deux soumises à des réglementations sévères dont le respect garantit l’absence d’effets négatifs sur la santé.
Les filières de l’agriculture biologique (produits labellisés « AB ») utilisent aussi des pesticides, mais d’origine naturelle. Par exemple les vignes ou pommes de terre de l’agriculture biologique sont traitées avec la « bouillie bordelaise ». C’est un pesticide à base de sulfate de cuivre. Il permet de lutter contre le mildiou, une maladie qui cause des ravages sur les raisins et les pommes de terre.
L’agriculture non biologique utilise, elle, des produits de synthèse, d’origine chimique. Plus efficaces à grande échelle, ils permettent d’assurer des récoltes régulières."
Bonne réflexion... !
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