Comme d’autres technologies utilisées dans la chaîne alimentaire, présentées comme des bienfaits pour les consommateurs et les populations, le traitement des aliments par rayonnements ionisants n’est pas sans risques, loin s’en faut.
Au-delà des risques sanitaires liés aux produits irradiés (qualité nutritionnelle, risques de cancérogénèse et mutagénèse) et à la technologie (fonctionnement des installations d’irradiation, transport de matières nucléaires), l’irradiation des aliments s’inscrit dans une logique d’homogénéisation des marchandises et de mise en concurrence généralisée des producteurs sur la planète, avec des conséquences sociales et environnementales : délocalisation des productions, concentration des entreprises, explosion des transports, extension des monocultures, etc.
Pourtant, si la réglementation en vigueur en France et en Europe limite les catégories de produits autorisées pour l’irradiation et impose une obligation d’étiquetage, la quasi absence de contrôle à l’importation et à la commercialisation en France, la promotion de cette technologie par des institutions internationales et son utilisation par de nombreux pays exportateurs laissent planer un doute certain sur les volumes effectivement commercialisés en France, sans information pour les consommateurs.
La question de l’irradiation des aliments illustre parfaitement les logiques à l’œuvre dans notre économie libérale mondialisée.