FNAB
Communiqué de presse
Paris, le 2 décembre 2004
Produits biologiques : la consommation augmente, mais la production française est en péril
La Fédération Nationale d’Agriculture Biologique des régions de France accueille avec plaisir les résultats du deuxième baromètre[1] des consommations de produits biologiques, publiés aujourd’hui par l’Agence bio.
Mais si le nombre de consommateurs de bio augmente, ainsi que leur consommation, la production française stagne, et le nombre de conversions engagées en 2004, en baisse très sensible, fait que l’essentiel de cette augmentation de produits bio profitera avant tout à la production d’autres pays européens ou du reste du monde. Après avoir interrompu les CTE et donc stoppé la dynamique des conversions vers la bio pendant un an et demi, les mesures Gaymard pour relancer la bio, décidées en février dernier, n’auront, faute d’ambition, servi à rien.
Avec un nombre de consommateurs en hausse, fidélisés et prêts à augmenter leurs achats, la bio est l’un des seuls secteurs alimentaires qui progresse en France. La perception de la " qualité environnementale " de la bio augmente également et dépasse l’aspect " meilleur pour la santé ", prouvant ainsi qu’une consommation citoyenne gagne du terrain en France. Le passage des OGM au premier plan des inquiétudes alimentaires des Français conforte également les agrobiologistes dans leur volonté de conserver à notre filière l’absence totale d’OGM dans ses productions. Enfin, il est important de noter que la consommation de produits bio augmente alors même que leur présence dans les grandes surfaces généralistes diminue, déplaçant les lieux d’achat vers d’autres circuits de distribution, notamment les enseignes spécialisées.
Parallèlement, la production française est en baisse. Cette hausse de la consommation profitera avant tout aux productions venant du reste de l’Europe ou du monde. Avec des conversions quasiment nulles en 2003, et seulement 700 pour 2004, la France n’est pas prête de rattraper son retard sur le reste de l’Union Européenne. Un manque de volonté politique et de vision à long terme, le refus du secteur de la production conventionnelle de voir en la bio autre chose qu’une niche, avec un lobby dont on connaît l’efficacité pour détourner les aides environnementales à notre détriment, les difficultés rencontrées pour structurer les filières et massifier l’offre, l’image de la bio que beaucoup aimeraient réserver aux consommateurs les plus aisés, le refus de considérer la bio comme un véritable mode de développement agricole, sont parmi les facteurs expliquant la situation paradoxale de la France.
A quelques jours de la nomination d’un nouveau ministre de l’agriculture, nul ne sait encore si la politique française en faveur de la bio prendra le virage significativement différent qu’attendent les consommateurs et les producteurs bio. La FNAB s’engage à convaincre rapidement Dominique Bussereau de l’urgence qu’il y a à développer la production biologique en France et à privilégier et soutenir l’excellence environnementale comme le souhaite la majorité de nos concitoyens.
Contact presse : Vincent Perrot, 01 43 38 38 69 / 06 84 10 43 79
Dominique Vérot dverot@fnab.org
[1] Réalisé entre le 15 et le 21 octobre 2004, sur un échantillon représentatif de la population française
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