Projection - débat : Nos Enfants Nous Accuseront
Samedi 23 mai à 17 h 30 à Chevilly-Larue
Le pôle d’économie solidaire chevillais vous invite à la projection de "Nos Enfants Nous Accuseront" de Jean-Paul Jeaud (cf. présentation ci-dessous)
suivie du débat "USamedi 23 mai à 17 h 30 à Chevilly-Laruene agriculture respectueuse pour une consommation responsable" avec Yann Fiévet, président d’Action Consommation
Au Centre Culturel de Chevilly-Larue
102 avenue du Général de Gaulle
94550 Chevilly-Larue
Entrée libre
Pour s’y rendre :
En voiture de paris : suivre la N7 en direction d’Orly. À 5km environ, au carrefour (Bricorama sur la gauche) prendre à droite. Au 5e feu à gauche, parking Centre culturel.
En RER : Ligne B (direction Massy-Palaiseau) jusqu’à la station Croix de Berny. Bus Trans Val de Marne (TVM) direction Saint Maur, arrêt Mairie de Chevilly.
En Métro : Ligne 7 (direction villejuif) jusqu’au terminus Villejuif Louis Aragon. Bus 285 direction Juvisy RER ou bus 185 direction Rungis Marché International, arrêt Stalingrad-Roosevelt (pour les deux lignes). Bus 192 direction Robinson RER arrêt Centre Culturel André Malraux.
Soutenu par les organisations écologistes, le film « Nos enfants nous
accuseront » de Jean-Paul Jaud fait figure d’événement. En retraçant le
drame sanitaire, lié aux pesticides, qui a frappé le village de Barjac,
l’auteur montre aussi que l’agriculture intensive n’est pas une
fatalité. Le village a en effet décidé de réagir en passant à
l’agricluture biologique et démontre que cette conversion est possible.
« S’il y a un film à voir cette année sur l’environnement et la santé,
c’est bien le film de Jean-Paul et Béatrice Jaud ». Pour Nature &
Progrès comme pour le MDRGF, associations les plus impliquées dans le
combat contre les dangers des pesticides, « Nos enfants nous accuseront
» est un « film événement ». Jean-Paul Jaud « fixe l’objectif de sa
caméra sur une tragédie environnementale : l’empoisonnement de nos
campagnes par la chimie agricole et les dégâts occasionnés sur la santé
publique, notamment celle de nos enfants », résume le MDRGF.
« Passer au bio »
Barjac, dans le Gard, au pied des Cévennes. Cette cité de 1401 âmes
constitue a priori un cadre idéal : de beaux paysages, une nature
luxuriante, un air pur, des produits sains. Une ombre vient pourtant
assombrir le tableau des Barjaquois. Dans la région, comme dans de
nombreuses zones agricoles en France, on constate depuis quelques années
une recrudescence des cancers, notamment chez l’enfant. Edouard Chaulet,
conseiller général du Gard et maire de Barjac, prend conscience que les
terres de ses administrés sont polluées par trop de chimie agricole. A
la rentrée 2006, et bien avant les objectifs du Grenelle sur le sujet
(voir encadré), il décide de faire passer les cantines de sa commune au bio.
Dans son documentaire « Nos enfants nous accuseront », Jean-Paul Jaud a
suivi, pendant un an, le parcours du village dans sa conversion au bio.
Barjac possède une cuisine centrale, qui réchauffait et distribuait des
repas surgelés aux cantines de quatre écoles, et à certaines personnes
âgées de la région. Aujourd’hui, avec le concours des cuisiniers, elle
prépare l’intégralité des 200 repas journaliers à partir de produits
issus de l’agriculture biologique et provenant de la région. « Le but
est de tendre vers le bio, mais c’est aussi de faire une alimentation de
qualité au quotidien, avec le plus possible d’approvisionnement local ou
de proximité » explique le docteur Stéphane Veyrat, directeur de
l’association « Un plus bio ».
La preuve que passer au biologique est faisable
La principale crainte des parents a été le surcoût de l’opération.
Militant, Edouard Chaulet s’insurge : « La santé, ça n’a pas de prix. Ça
avait un coût de faire chauffer le sang contaminé, alors on ne l’a pas
fait. Combien ça a coûté, en argent et en drame humain ? ». La
municipalité est claire sur sa politique, « ne surtout pas faire passer
les comptables d’abord ». Et elle n’a pas augmenté le prix des repas
dans les cantines. L’idée que le bio était trop cher, présente dans
l’esprit des Barjaquois, comme dans celui des Français, a été nuancée.
Sensibilisés par leurs propres enfants, les habitants de la région se
sont ouverts au bio. Leur portefeuille n’en a pas maigri pour autant. Et
pour cause : l’initiation à l’agriculture biologique a poussé certaines
familles à changer fondamentalement leur mode de consommation. « Les
produits sont peut-être un peu plus chers, mais les boutiques qui les
vendent proposent un nombre limité de produits. On a beaucoup moins de
choix, on achète l’essentiel seulement. Donc financièrement, c’est
pareil » analyse une mère de famille barjaquoise.
Généraliser le bio est donc non seulement faisable, mais surtout urgent.
Ce pourrait être la conclusion du film de Jean-Paul Jaud. Plusieurs
témoignages sont poignants. Un viticulteur raconte ses problèmes
neurologiques et le cancer de son fils, consécutifs à son utilisation de
produits chimiques. Un agriculteur avoue qu’il ne mangerait pas les
légumes qu’il produit. Une exploitante décrit les saignements de nez
dont est victime son mari à chaque traitement chimique. « Un ami nous
raconte qu’à chaque fois qu’il traite ses vignes, il n’arrive plus à
uriner pendant huit jours » ajoute-t-elle. Une autre évoque la leucémie
de son fils, et des nombreux cas similaires dans son entourage.
Confirmation du professeur Charles Sultan, éminent endocrinologue
pédiatrique au CHU de Montpellier : « Nous avons des enfants du Gard, de
l’Hérault, du Languedoc, de Camargue, qui ont des malformations quelques
fois graves parce que leurs parents vivent, par exemple, dans des
rizières où l’on épand des produits chimiques par avion ». Inquiets des
longues listes de phytosanitaires utilisés par les agriculteurs, le
professeur soutient qu’ « on joue avec la santé de nos concitoyens ».
« Résistance locale »
La prise de conscience, teintée de peur sanitaire, conduit les
Barjaquois à se demander comment agir. « Il y a la résistance locale,
que vous êtes en train de mettre en place aujourd’hui de manière simple,
dans votre intérêt, dans l’intérêt de vos enfants. Vous encouragez les
agriculteurs Bio, vous leurs offrez un marché proche, c’est intéressant
» assure François Veillerette, président du MDRGF. Le documentaire est
également l’occasion de combattre quelques idées reçues persistantes, en
citant le rapport 2007 de la FAO :« cultiver l’ensemble des terres
arables du monde selon les préceptes de l’agriculture bio permettrait de
nourrir l’humanité ».
Jean-Paul Jaud alterne les témoignages des Barjaquois et les extraits
des discours de scientifiques. Les observations pratiques des citoyens
et les explications techniques des scientifiques se complètent alors
parfaitement. Le réalisateur élargit parfois le champ d’étude. La
bataille d’Edouard Chaulet, pour convaincre ses administrés de mieux
nourrir leurs enfants, couvre plus que les seuls pesticides : colorants,
additifs, etc. De réunions de parents d’élèves en débats entre
agriculteurs bio et conventionnels, le maire persiste, au risque de
contrarier certains électeurs. Il arrive même à convertir ses homologues
des villes voisines. Un suicide politique ? « Ce n’est pas porteur
électoralement. Mais il faut s’en mettre du monde à dos, pour faire
avancer les choses » soutient-il.
Nos enfants nous accuserons de Jean-Paul Jaud
Avec le soutien du Conseil général du Gard, des CIVAM du Gard, du fonds
d’action de la SACEM et du WWF.
Chaque année en Europe 100 000 enfants meurent de maladies causées par
l’environnement. 70% des cancers sont liés à l’environnement dont 30% à la
pollution et 40% à l’alimentation. Chaque année en France, on constate une
augmentation de 1,1% des cancers chez les enfants. En France, l’incidence du
cancer a augmenté de 93% en 25 ans chez l’homme. Dans un petit village
français au pied des Cévennes, le maire a décidé de faire face et de réagir
en faisant passer la cantine scolaire en Bio. Ici comme ailleurs la
population est confrontée aux angoisses contre la pollution agro chimique.
Ici commence un combat contre une logique qui pourrait devenir irréversible,
un combat pour que demain nos enfants ne nous accusent pas.
Objectifs du Grenelle sur les cantines bio
Dans la restauration collective, le bio est en progression depuis
quelques années. Il ne représente pourtant que 0,5% des repas servis
dans les cantines scolaires. A part quelques villes exemplaires,
notamment Lorient, peu de collectivités sont passées au bio. L’un des
objectifs du Grenelle de l’environnement est d’imposer 15% de repas bio
dans la restauration publique d’ici 2010 et 20% d’ici 2012. Dans les
écoles, le changement devrait se faire en douceur, avec l’introduction
d’un repas bio par semaine. Pour l’instant, seules les cantines des
ministères ont montré l’exemple en passant au bio. Selon un sondage TNS
Sofres de juin 2008, 71% des Français jugent « prioritaire »
l’introduction du bio dans les cantines scolaires.