Projection - débat : Small is Beautiful de Agnès Fouilleux
Le 11 novembre à Paris
Le jeudi 11 novembre à 20h
Cinéma Espace St Michel
7 place St Michel
75005 Paris
métro St Michel
Projection du film Small is Beautiful de Agnès Fouilleux (2010, 1h40)
A l’affiche du Cinéma St Michel à partir du 10 novembre 2010
Small is Beautiful de Agnès Fouilleux (2010, 1h40)
Chaque soir un nouveau débat,
Le jeudi 11 novembre
"L’action collective des consommateurs comme soutien de l’agriculture paysanne"
Partout des groupes de citoyens organisent leur appropriation du lien social direct entre paysans et consommateur. Faite de mise en commun de valeurs abandonné tout à la fois par le consumérisme traditionnel et par l’agriculture conventionnelle - fût-elle "raisonnée" - ces démarche collectives démontrent concrètement que les consommateurs sont capables de bâtir des systèmes alternatifs durables à côté de la « grande » économie néolibérale prédatrice.
Avec Agnès Fouilleux, réalisatrice du film, et Yann Fiévet, Président d’Action Consommation
Le Mardi 16 novembre, débat sur les OGM avec Christian Vélot.
SMALL IS BEAUTIFUL, de Agnès FOUILLEUX
SORTIE NATIONALE : Le 10 Novembre 2010
1h40 – France - 2010
SYNOPSIS
Un film documentaire de cinéma pour comprendre le lien : environnement - politique - agriculture... Ce qui arrive n’est pas une fatalité !
Le bon sens paysan qui faisait l’agronomie d’hier a peu à peu, depuis plus de cinquante ans, été remplacé par des logiques marchandes, qu’une poignée d’entreprises multinationales a réussi à imposer en prenant le pouvoir jusqu’au plus haut niveau. Les petites fermes polyvalentes et autonomes des paysans d’hier ont laissé la place à d’immenses "exploitations" qui portent bien leur nom...
Pourquoi, comment et au profit de qui la production agricole s’est-elle industrialisée au point de désertifier les campagnes, d’empoisonner l’eau et les sols, de stériliser les paysages, de confisquer les semences et d’affamer des millions de paysans dans le monde ?
Au delà des discours et des bonnes volontés politiques affichées, les conséquences de l’évolution de notre agriculture sont là : mal bouffe, dégâts environnementaux irréversibles, conséquences sociales ...
Le constat de la mise à mal des quatre éléments fondamentaux qui assurent la souveraineté alimentaire à venir : l’eau, la terre, les semences, et la biodiversité est aujourd’hui alarmant.
Le film d’Agnès Fouilleux nous révèle pas à pas les mécanismes et les enjeux de la mondialisation et de la financiarisation de l’agriculture, face auxquels des résistances commencent à apparaître.
Du paysan au chercheur, de la semence précieusement conservée au lobbyiste sans état d’âme de Bruxelles, ce tour d’horizon exhaustif suggère clairement, travaux pratiques à l’appui, que ce qui est petit, ou du moins pas trop grand est beaucoup plus "joli "pour notre avenir...
Après le Grenelle de l’environnement, alors que le "bio" a le vent en poupe, la réalité paysanne prouve que l’agriculture industrielle et la politique agricole commune nous amènent droit dans le mur...
Et tant qu’une minorité aura tant d’argent à gagner : rien ne changera ! Alors réveillons-nous !!
ENTRETIEN AVEC AGNES FOUILLEUX
Si le sujet est très différent puisque ce film parle d’environnement et l’agriculture, le point commun avec votre dernier film reste l’approche que vous avez choisie...
Donner à comprendre, c’est ce que j’ai à nouveau voulu faire dans ce film pour ce qui concerne cette fois le modèle dominant de développement agricole, j’insiste, ce n’est pas une fatalité. Ses conséquences sur la santé publique et l’environnement sont aujourd’hui catastrophiques. Donner des outils de réflexion et appréhender la globalité de la situation : se rendre compte qu’on est parti sur le mauvais chemin... Les puissants lobbies des industries agricoles, celles qui produisent le matériel en amont de la production jusqu’à celles qui distribuent les produits en aval : l’agroalimentaire, toutes celles-ci n’ont aucun intérêt à ce qu’on change de modèle de développement, et donc qu’on aille vers une agriculture familiale et qui respecte l’environnement. À cause de ça rien ne changera avant un moment ! Et c’est la raison majeure du fait que les décisions prises à Bruxelles depuis de nombreuses années vont dans le sens d’une agriculture de plus en plus productiviste et de plus en plus polluante, nuisible à la santé humaine, aux paysans et à l’environnement. Tous les constats sont les mêmes... scientifiques, citoyens concernés, ONG, institutions, organismes, tout le monde s’accorde à constater que l’eau, la terre, la biodiversité animale et végétale (dont les semences) : tout ça est très malmené par l’agriculture d’aujourd’hui. Au lieu d’aller vers un changement ce modèle est appliqué de plus en plus largement dans le monde !
Beaucoup de films sortis ces dernières années traitent d’une thématique proche, un film de plus sur l’agriculture ?
Non. J’ai justement voulu faire un film qui donne une approche globale : comprendre le système, c’est pouvoir agir pour faire changer les choses au niveau humain, environnemental et donc au niveau politique. Cet aspect politique ne me semble pas abordé dans les films dont vous parlez, or tout est lié : l’économique, le social, l’environnemental doivent être considéré ensemble, ils forment un tout. La Politique Agricole commune par exemple, il faut comprendre ce qu’elle devient pour comprendre ce que sera demain… Dans la forme, j’ai voulu le construire comme un puzzle, le propos, complexe, s’installe dans le temps. Ce temps, souvent celui de la parole, est indispensable à une compréhension en profondeur des mécanismes dénoncés.
Dans le film on se rend compte que même la FAO, qui s’occupe des questions agricoles et alimentaires pour l’ONU est comment dire... "sous contrôle" ?.
Les lobbies sont très puissants en effet, mais on peut faire changer le rapport de pouvoir qui existe aujourd’hui car en face les ONG sont de plus en plus tenaces. Comme le dit Martin Pigeon de l’ONG Corporate Europe Observatory "on défend ceux qui n’ont pas les moyens de se payer des lobbyistes : les pauvres et la nature", et plus il y aura de monde concerné par cette cause, plus la balance penchera de l’autre côté.
Vous êtes une documentariste militante ?
Je suis avant tout concernée en tant que citoyenne par toutes ces problématiques. J’ai la chance grâce à mon métier de pouvoir prendre le temps qu’il faut pour décortiquer des sujets en profondeur et apprendre comment certaines choses fonctionnent... Ce que les médias au quotidien n’ont pas le temps de faire. Dans mes films ce qui m’importe c’est donc de donner à comprendre pour que les gens se fasse leur propre opinion sur la question. J’essaye de ne pas prêcher une vérité, de ne pas avoir une vision manichéenne des choses et de ne surtout pas tomber dans le spectaculaire !
Votre titre fait penser à la critique de l’économie de Shumacher dans les années 70 qui évoquait par la formule "Small is beautiful une société à la mesure de l’homme... ?
Oui, il me semble que le problème principal est justement là. Edgar Pisani explique qu’il vaut mieux 50 fermes de 100 ha plutôt qu’une seule ferme de 5000 ha. On voit dans le film combien il est difficile pour des agriculteurs voulant s’installer avec une petite structure respectueuse de l’homme et de l’environnement de trouver de la terre... alors que les grosses exploitations ne cessent de s’agrandir ! On entend souvent " To big to fail ", dans le genre " To small to exist " est adapté à l’agriculture moderne. C’est un problème qui concerne l’agriculture mais aussi tout notre système ! La mondialisation nous a plongée dans un véritable problème d’échelle : nous vivons au delà de nos moyens ! Et le libéralisme, la course aux profits est à l’origine du problème, on concentre les pouvoirs, les possessions... et tout ça ne peut pas aller dans le sens de la protection de l’environnement, de la diversité, des milieux, tous multiples et variés, mais ça ne va pas non plus dans le sens du respect de l’homme, du travail et du paysan.