Septembre 2007 - Campagnes solidaires : Irradiation des aliments, le pouvoir et la responsabilité du consommateur
Le pouvoir et la responsabilité du consommateur
Campagnes solidaires,n° 221, septembre 2007
Dossier « L’irradiation des aliments, au service d’une industrie agroalimentaire mondialisée »
En restant vigilants dans leurs achats, en privilégiant les produits locaux issus d’une agriculture paysanne, en se mobilisant auprès des pouvoirs publics, les consommateurs ont un rôle déterminant à jouer pour éviter les produits irradiés et obtenir l’interdiction de l’irradiation des aliments.
Si la réglementation en vigueur en France et en Europe limite les catégories de produits autorisées pour l’irradiation et impose une obligation d’étiquetage (1), la quasi absence de contrôle à l’importation et à la commercialisation en France, la promotion de cette technologie par des institutions internationales et son utilisation par de nombreux pays exportateurs laissent planer un doute sur les volumes effectivement commercialisés en France. Et ce, sans information pour les consommateurs.
Il est donc important d’être vigilant en poussant son caddie ou en remplissant son panier, et de savoir qu’il est légal en France de commercialiser certains produits irradiés (2). Il est autorisé, par exemple, de vendre des légumes et des fruits secs irradiés, mais pas les fruits et légumes frais. Cependant de nombreux produits irradiés sont probablement écoulés frauduleusement (produits non autorisés ou incorrectement étiquetés). Il est donc recommandé de préférer les fruits et légumes de saison, les produits locaux, les achats directs au producteur, à la ferme, sur le marché, dans des Amap (3) ... Sans aucun doute, pour les productions de taille modeste, distribuées localement, l’irradiation n’a pas lieu d’être et ne se justifierait pas économiquement. On aura avantage à privilégier les produits issus de l’agriculture paysanne, notamment biologique. L’ionisation par rayonnements gamma n’est pas autorisée dans ce mode de production.
Les consommateurs soucieux de leur santé et des conséquences de leur consommation ne doivent pas hésiter à questionner les commerçants et les producteurs auxquels ils achètent des produits, ou les restaurants qu’ils fréquentent.
S’informer, interpeller, se mobiliser
Ils peuvent aussi signer la pétition (4) du Collectif contre l’irradiation des aliments, participer à ses actions, détecter les produits non conformes, écrire à leur député et aux responsables de la restauration pour leurs enfants, parler autour d’eux de cette question encore trop peu connue, et soutenir les associations qui se battent pour sensibiliser le public et interpeller les politiques et les institutions.
Il est urgent que les consommateurs et les organisations de défense des consommateurs questionnent ce (et ceux) qui favorise(nt) la levée de toutes les barrières à l’extension de la libre circulation des biens et services, trop souvent considérée comme une simple et saine condition pour renforcer la concurrence sur les critères de qualité et de prix. La question de l’irradiation des aliments illustre parfaitement les logiques à l’oeuvre dans notre économie libérale mondialisée. C’est donc autant pour leur santé que pour le futur de nos sociétés que les consommateurs doivent se mobiliser en tant que citoyens pour obtenir l’interdiction de l’irradiation des aliments.
Véronique Gallais ,
Action Consommation
animant le Collectif français contre l’irradiation des aliments
(1) Deux directives européennes (1999/2/CE et 1999/3/CE) déterminent la liste de produits dont l’irradiation est autorisée (les herbes aromatiques, les épices, les condiments) et l’obligation d’étiquetage. Ces directives ont été transposées en droit français par décret (n° 2001-1097 du 16 novembre 2001). La France, comme 7 autres pays de l’Union européenne, a obtenu des dérogations concernant la liste des produits autorisés.
(2) Rappel des produits autorisés en France : herbes aromatiques, épices, condiments, oignon, ail, échalote, légumes et fruits secs, flocons et germes de céréales pour produits laitiers, farine de riz, gomme arabique, volaille, cuisses de grenouilles congelées, sang séché et plasma, crevettes, ovalbumine, caséine et caséinates. Les produits irradiés doivent porter la mention « traité par ionisation » ou « traité par rayonnement ionisant ».
(3) Association pour le maintien de l’agriculture paysanne : http://alliancepec.free.fr
(4) www.actionconsommation.org
Contacts presse Action Consommation :
Camille Le Bras, chargée de mission : 01 48 05 86 81
presseinfo@actionconsommation.org