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mardi 22 mai 2012    Fermer 
 


Spécial Elections présidentielles 2007

La position des candidats sur l’irradiation des aliments

Situation au 28 avril 2007

Fin mars 2007, nous avons interpellé [1] les douze candidats à l’élection présidentielle sur les enjeux sanitaires (mais aussi sociaux et environnementaux) liés à l’irradiation des aliments et à la prolifération de cette technique à travers le monde.

La multiplication des installations d’irradiation est d’autant plus inquiétante que la plupart des Etats membres en Europe ne respectent pas la réglementation qu’ils se sont donnée et n’effectuent pas les contrôles correspondants. C’est aussi le cas en France, pays qui bénéficie du plus grand nombre de dérogations quant à la liste de produits pour lesquels l’irradiation est autorisée, mais dont l’administration peine à contrôler l’application de la loi, qu’il s’agisse de la nature des produits irradiés commercialisés ou de leur étiquetage. En 2006, l’enquête réalisée par la DGCCRF [2] sur une centaine d’échantillons révèle 10% de produits frauduleux.

Nous avons prié les candidats de nous transmettre leur position et leurs propositions, notamment sur quatre points essentiels :
- une application stricte de la loi en matière de contrôles des aliments et des sanctions correspondantes ;
- une modification de la liste des aliments autorisés en France de telle façon à être conforme à la liste de référence européenne ;
- la mise en place d’une enquête sur les fraudes (défauts d’étiquetage des aliments irradiés et vente d’aliments irradiés non autorisés) ;
- le déblocage de fonds pour une recherche indépendante sur les effets pour la santé et dans l’attente de résultats, application du principe de précaution.

Nous n’avons malheureusement reçu que peu de réponses écrites :

-  José Bové répond point par point à nos questions et assure de son engagement contre l’usage de cette technologie qui « incarne la mondialisation libérale qui creuse les inégalités » et « la domination des firmes transnationales au détriment de l’intérêt général des peuples ».

- Ségolène Royal estime qu’il s’agit d’ un « sujet grave qui touche, sur le fond, largement le modèle de développement économique actuel », l’irradiation des aliments allant de pair avec la désaisonnalisation des productions de fruits et légumes, la consommation de pesticides et des énergies nécessaires aux productions hors sol, le transport des aliments en provenance d’Amérique latine, d’Afrique du Sud ou encore d’Asie, ainsi que leur stockage.
Elle assure qu’ « il appartient aux pouvoirs publics de faire respecter les lois et de permettre l’information transparente des consommateurs par un étiquetage explicite » et qu’ « il convient de ne pas céder aux pressions multiples qui poussent à l’opacité. Et d’effectuer les contrôles qui s’imposent » : « Aucun motif économique ne saurait justifier que nous puissions prendre un quelconque risque avec la santé des Français. » Elle affirme qu’à ce titre, « il est de la responsabilité politique de favoriser le développement d’une recherche indépendante. C’est notamment par le développement de la recherche publique que nous pourrons avancer. »
Enfin, elle s’engage : « C’est pour cela que, si les Français m’accordent leur confiance, je réunirai les acteurs pour un bilan précis de l’application de la loi, notamment par rapport aux obligations européennes et aux risques sanitaires. J’engagerai alors les réformes indispensables en la matière et ferai de la France un moteur d’évolution à l’échelon européen. »

- Philippe de Villiers nous a adressé une réponse d’attente, nous assurant de son intention de "tenir compte de l’ensemble de [nos] propositions dans le cadre de la campagne de vérité qu[’il] souhaite conduire devant les Français".

L’équipe de Dominique Voynet nous a oralement assurés de son soutien, en se référant à la proposition de résolution déposée en avril 2005 par Yves Cochet, Martine Billard et Noël Mamère à l’Assemblée nationale pour la création d’une commission d’enquête relative à l’impact dans l’alimentation et sur la santé des denrées traitées par radiations ionisantes [3].

Nous déplorons bien évidemment l’absence de considération des autres candidats pour ce dossier, et notamment de Nicolas Sarkozy qui n’a encore aucunement répondu à notre courrier.

Nous ne manquerons pas de rappeler nos revendications au candidat élu et d’interpeller par ailleurs les groupes politiques en vue des élections législatives.
Nous attendons en effet de nos représentants que ces questions soient traitées à la hauteur des enjeux sanitaires, sociaux et environnementaux qui y sont liés.

Le Collectif français contre l’irradiation des aliments
Action Consommation - Adéquations - Agir Pour l’Environnement - Les Amis de la Terre - Association Léo Lagrange pour la Défense des Consommateurs - Association pour l’Information sur la Dénaturation des Aliments et de la Santé (AIDAS) - ATTAC - Biocoop - Collectifs Bure-Stop - Confédération Paysanne - CRiiRAD - Ecoforum - Ekwo - Fédération Nature et Progrès - Food and Water Watch Europe - Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures (MDRGF) - RECit (Réseau des écoles de citoyens) - Réseau Sortir du Nucléaire


Pour en savoir plus :
Dossier, campagne et pétition Des aliments irradiés ? Non merci !

[1] Voir notre communiqué du 16 mars 2007 « Irradiation des aliments : combien de fraudes en France ? »

[2] DGCCRF : Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes

[3] document accessible à l’adresse
www.assemblee-nationale.tv/12/propositions/pion2228.asp


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