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lundi 20 mai 2013    Fermer 
 


Le bois que nous consommons

Quelles forêts se cachent derrière le bois que nous consommons ?

Alors que l’importance des écosystèmes forestiers tropicaux est internationalement reconnue, la déforestation se poursuit à un rythme peu encourageant pour l’avenir. Et si nos modes de consommation avaient un lien direct avec la déforestation des forêts tropicales ?

Une déforestation galopante Selon la FAO, la perte annuelle de forêts naturelles est estimée à 16,1 millions d’hectares pour la décennie 1990-2000 et les pays tropicaux sont les principales victimes de cette déforestation. Les causes principales de la déforestation dans les forêts tropicales sont multiples : agriculture sur brûlis, défrichages pour se procurer des terres agricoles, exploitation industrielle du bois, etc. Pendant longtemps, la pauvreté a été présentée comme une cause première de la déforestation, la défriche-brûlis étant dénoncée comme la pratique destructrice principale engendrée exclusivement par les populations locales. La FAO estime aujourd’hui que l’exploitation industrielle du bois est responsable de 10% de la déforestation et la Banque mondiale identifie dans son dernier rapport d’évaluation de sa stratégie forestière, la libéralisation du commerce du bois comme une des causes principales du déboisement et de la dégradation des forêts. Au Gabon, on estime par exemple que la production industrielle commerciale de bois a pratiquement doublé au cours des 10 dernières années. En 1999, trois-quarts des forêts gabonaises étaient attribuées et destinées à l’exploitation industrielle et 80% du bois exploité destiné à l’exportation.

Pour une consommation responsable

Particuliers et collectivités français sont de gros consommateurs de ces bois d’importation. Alors que l’Union européenne représente un tiers, en valeur, des importations mondiales de bois tropicaux, la France partage avec le Royaume-Uni la première place au sein de l’Union européenne avec 15% des importations. La France est également deuxième importateur mondial de bois africain après la Chine. Menuiseries, parqueterie, mobilier de jardin, pâte à papier … les usages de bois tropicaux sont nombreux et la demande croissante. L’explosion de la demande ne va pas sans poser de problèmes environnementaux et sociaux dans les pays producteurs d’où la nécessité de repenser nos modes de consommation :
- S’informer sur le bois et son origine. Les distributeurs sont officiellement obligés d’afficher le nom de l’essence forestière commercialisée et son pays d’origine. N’hésitez pas à demander des informations sur les modes de gestion forestière même si le vendeur n’en est lui même souvent pas informé.
- Vérifier que l’essence n’est pas inscrite dans les annexes de la Convention CITES et sur la liste rouge de l’UICN
- Privilégier l’utilisation de bois de proximité. Le bois est un matériau recyclable et renouvelable et son utilisation reste à promouvoir. Ces qualités ne doivent toutefois pas être réduites à néant par une exploitation destructrice dans certains pays et un transport maritime présentant un fort coût écologique. De nombreux bois de nos régions présentent aujourd’hui les compétences techniques pour un usage en extérieur. Les bois rétifiés par exemple qui ont subi un traitement écologique par aspiration de la sève puis injection de glucose et de sels de cuivre permettent à ces bois de résister aux intempéries. Pour les menuiseries intérieures, parquets, charpentes, lambris, contreplaqués…de nombreuses essences de forêts tempérées peuvent être utilisées.
- Utiliser des bois certifés FSC (Forest Stewardship Council) pour les bois tropicaux. Le label FSC garantit que le bois provient de forêts où l’exploitation n’a pas générée d’impacts négatifs économiques, sociaux ou environnementaux non compensés sur la forêt et ses populations. Il est important de guetter les fausses appellations garantissant une gestion durable des forêts tropicales. Pour les meubles de jardins en teck très à la mode actuellement, la mention « provenant d’une plantation » n’est en rien une garantie de gestion durable de la forêt.
- Relayer la campagne des Amis de la Terre « Bâtir sans détruire ». Cette campagne s’adresse aux collectivités territoriales afin qu’elles adoptent une résolution réglementant leur politique d’achats publics de bois.

Les administrations publiques représentant 18% de la consommation de bois en Europe, leur engagement a un impact important pour la protection des forêts tropicales. De nombreuses villes françaises dont Paris et Lyon ont déjà décidé de ne plus contribuer à la surexploitation de ces écosystèmes exceptionnels.

Pour en savoir plus :
http://www.amisdelaterre.org&nbsp : campagne forêts tropicales des Amis de la Terre
http://www.certifiedwood.org, http://www.fscoax.org : certification forestière FSC
http://www.fao.org : Situation des forêts du monde - 2001

Frédéric Castell – Les Amis de la Terre


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