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Rendez-vous Action Consommation prochainement à Paris

> Espace presse > Articles publiés > septembre/octobre 2009 - le Bio Nouveau est arrivé !
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septembre/octobre 2009 - le Bio Nouveau est arrivé !

par France Bonillo
Action Consommation Pays Basque
Ortzadar - Alternative Pays Basque
n° 134 - septembre / octobre 2009

À quel saint se vouer ?

La quête de la nourriture, une activité vieille comme le monde…si chasse et cueillette sont devenues obsolètes dans nos civilisations évoluées, la recherche de ce que nous pouvons ingérer sans craintes peut relever du parcours du militant.

Un exemple actuel, le lait, aliment chargé de symboles (la vie, la maternité…) :

Recto : la promotion d’un aliment « de santé », une marque au nom rassurant comme Mamietruc ou Entrecolline, la photo d’une jolie vache dans une prairie fleurie.

Verso : la vache est passée derrière les barreaux et le triste sort de la vache-à-lait peut confiner à l’horreur ; quant au producteur, il est aussi fait prisonnier, victime de la « modernisation de l’économie », asservi aux groupes agro-alimentaires, parfois déçu de ses représentants syndicaux, voire éc½uré de ses propres pratiques.

Autant de produits, autant d’exemples ? Celui que l’on nomme le consommateur a de plus en plus d’exigences sur la qualité globale du produit dans ses conséquences sur la santé, le social, l’environnement, etc. Mais pub, étiquettes, logos, labels et autres appellations, comment s’y retrouver et à qui se fier ? Concrètement, la confiance du public va vers le bio et la demande est en constante et notable augmentation.

Label et la bête : ou comment la demande s’est trouvée réduite à un créneau à prendre !

Les principes du bio sont difficilement compatibles avec la Grande Distribution, la Mondialisation, le Productivisme et autres Inévitables, ils excluent, entre autres, intrants chimiques, OGM, et se préoccupent même du bien-être humain et animal ! Mais qu’à cela ne tienne, si nous voulions vraiment du bio, ils allaient nous en donner. Le Grenelle de l’environnement l’a promis, Bruxelles l’a fait. Et pas en aidant la formation ou l’installation, ni en encourageant les conversions, voire en revoyant les politiques foncières ou autres foutaises. Il suffisait simplement de garder l’appellation biologique mais de remanier la réglementation du contenu, joli tour de passe-passe du politique…

Au nom de la loi : ce qui change avec la nouvelle réglementation, gros points et sujets qui fâchent.

OGM : tolérance de contamination accidentelle portée à 0,9%, comme en conventionnel. C’était dans l’air du temps, avec une gouvernance européenne notoirement pro ogm et ils ont osé, allant même jusqu’à qualifier les contaminations d’accidentelles, de « fortuites » bien que logiquement prévisibles, voire inévitables. N’eut-il pas été plus sage de prévenir l’accident, plus sécuritaire, de lui appliquer la tolérance zéro ? Et voici, qu’en plus, après la transgénèse arrive la mutagénèse !

Exclusion : interdiction faite aux cahiers des charges nationaux d’avoir des exigences supérieures au cahier des charges européens. En France, le label AB est un label national, propriété du ministère de l’agriculture. Plus exigeant que le label européen, il doit désormais abandonner ses règles plus strictes, notamment en élevage, pour ne pas se retrouver illégal ! Exclus aussi les axes de travail demandés par la FNAB sur l’environnement, le social, l’énergie.

Élevage : finies nos spécificités et donc, entre autres, davantage de mixité bio-non bio dans les élevages, de traitements allopathiques, d’ensilage, abaissement de l’âge d’abattage, moins de rigueur dans le « hors-sol », de production alimentaire sur l’exploitation…

Là encore, créer l’alternative : « Alternative Bio 2009 ».

Les producteurs et autres acteurs du bio ne courberont pas l’échine et ne renonceront pas à leur déontologie. Ils ont même envie d’aller plus loin dans leur démarche de qualité.

Sur le plan national, la FNAB « reconnaît la base commune du nouveau règlement bio mais regrette ses carences ». À l’instar d’autres pays européens qui ont déjà leur cahier des charges privé, elle travaille à l’élaboration du sien ; sur la base du cahier des charges européen, du cahier français abrogé, et en y ajoutant de nouvelles règles. Le programme Alternative Bio 2009 s’est donné pour objectif la création d’un identifiant garantissant au consommateur une production de qualité (dans ses aspects sociaux, environnementaux, etc.) et son contrôle.

Sur le plan local, BLE travaille en partenariat avec la FNAB mais aussi en transfrontalier avec le Pays Basque Sud ; pour aboutir là aussi à des pratiques de travail et un identifiant communs. Des réunions de travail régulières se font autour de thèmes bien ciblés dans les domaines techniques, sociaux, juridiques… Il s’agit d’enrichir les pratiques des uns par les expériences et recherches des autres (et inversement !), le tout en harmonie avec un territoire donné. Travail plus fécond que d’élaguer les différences et niveler par le bas.

En conclusion, les « bios » font du bon travail et on peut se reposer sur eux, mais pourront-ils compter sur nous ? Au moins le 20 septembre, pour Asunak, rendez-vous bio et festif à Hasparren ?

Et aussi, pour finir, un arrière-goût amer… En créant le nouveau règlement européen, on a créé une production bio à deux vitesses. La bio de supermarché en aura le nom tout en faisant fi de l’écologiquement et humainement corrects, avec l’alibi de se mettre à la portée du plus grand nombre. Abus de confiance ?

France Bonillo
Action Consommation Pays Basque


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